CHAPITRE PREMIER
l'électricité et le magnétisme
DANS l'antiquité
Mention des premiers phénomènes magnétiques et électriques constatés dans l'Antiquité. — Aristote ; Thaïes de Milet. — Thcophraste. Son Traité des pierres. — Pline le naturaliste. — Résumé.
Meation des premiers phénomènes magnétiques et électriques constatés dans r Antiquité. — Le merveilleux développement des applications industrielles de Télectricité, auquel nous venons d'assister, dans les vingt dernières années de ce siècle, a son point de départ, bien modeste, bien humble, dans des constatations physiques qui remontent très loin dans le passé.
Six cents ans avant Tère chrétienne, alors que la science naissante bégayait ses premières paroles, les propriétés attractives de Taimant étaient déjà connues.
Aristote. Tlialès de Milet» — Aristote, à qui nous devons le témoignage écrit le plus considérable et le plus ancien des premières doctrines scientifiques, cite, en diverses parties de ses œuvres, les opinions du philosophe Thaïes de Milet, Tun des sept sages de la Grèce, le fondateur de TÉcole d'Ionie, qui est regardé comme
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le créateur de la Physique, de la Géométrie et de TAstronomie (1).
Aucun ouvrage de Thaïes, qui naquit la première année de la trente-cinquième olympiade, 641 ans avant Tère chrétienne, n'est parvenu jusqu'à nous.
On sait, par la tradition seule, qu'il consacra la plus grande partie d'une existence de soixante-dix-huit années, à l'étude de la science et de la philosophie. Il mourut au milieu des jeux gymniques et fut enseveli dans un champ que la piété de ses compatriotes transforma en une place publique sur laquelle s'éleva bientôt sa statue. «
Une inscription en deux vers, gravée sur sa base, célébrait ses talents astronomiques.
Au nombre des opinions que ses commentateurs lui ont attribuées, figure celle qui fait de l'âme le principe de tout mouvement. D'après Aristote, Thaïes supposait à l'aimant une âme qui lui permettait d'attirer les petits fragments de fer (2).
Sans nous arrêter plus longuement à cette hypothèse, ne nous hâtons pas de la ridiculiser. Les mots ne sont que des mots et l'opinion qui attribue à l'aimant une propriété immatérielle n'est pas aussi éloignée, que cela peut le paraître, des doctrines scientifiques modernes
» (1) Voir dans les mémoires de littérature tirés des Registres do l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres (année 1733) U's recherches sur le philosophe Thaïes, par l'abbé de Canaye.
Thaïes regardait l'eau comme le principe de toutes choses. Il mesura la hauteur des pyramides d'Egypte au moyen de leur ombre, découvrit quelques propriétés des triangles sphériques, démontra l'égalité des angles à la base des triangles isocèles et prédit l'éclipsé de soleil qui eut lieu en l'an 609 avant J.-C.
(2) u Thaïes peut être rangé aussi parmi ceux qui passent pour « avoir considéré l'âme comme ce qui produit le mouvement, car il disait que la pierre d'aimant a une âme parce qu'elle attire le fer » (Aristote : Traité de l'Ame, liv. I, chap. ii, § li. traduction de Barthélemy-Saint-Hilaire) .