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INDESTRUCTIBIUTÉ DES FORCES PHYSIQUES

Principium hinc cujus nobis exordia sumct, Nullam rem e nihilo gigni divinitus unquam;

Nunc âge, res quoniam docui non posse creari, De nihilo, neqiic item gcnitas ad nil revocari [\].

a Le premier principe que nous enseigne l'étude de la nature, c'est que la divinité elle-même ne peut rien tirer du néant... J'ai prouvé que rien ne peut sortir du néant ni y retourner. »

Idées modernes sur rindestructibUité des forces

physiques. — Le célèbre aphorisme du grand chimiste français Lavoisîer : Dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, n'est qu'une expression rajeunie de ces mêmes pensées.

La science moderne les a reprises, analysées, généralisées, et y a trouvé le point de départ de ses conquêtes les plus fécondes.

Alors que les anciens avaient proclamé rindestructibUité de la matière seule, les modernes ont affirmé également l'indestructibilité des agents physiques qui l'accompagnent et la transforment.

Cette conception nouvelle s'est présentée à eux, du jour où, remontant de l'étude de chaque classe de phénomènes à la comparaison de ces classes entre elles, les savants ont trouvé, dans ce parallèle, des analogies qui les ont frappés par le lien de parenté qu'elles paraissaient établir entre les différentes branches de la physique.

Ainsi est née cette théorie que les diverses transformations que subit la matière pourraient bien obéir k une impulsion unique, qui revêt tour à tour des formes auxquelles les sens de l'homme prêtent une origine diffé-

(1) Lucrèce : De natura rerum. Vers 150 cl suivants, 266 et suirants.

rente, alors que c'est seulement leur diversité qui nous fait croire à leur différence effective.

On voit immédiatement avec quelle ampleur cette simple conception étend le champ d'action de la physique, et à quelles limites lointaines elle le recule.

Elle nous montre la nature entière simplifiée dans son mécanisme, et conduisant, par une unité de direction et des transformations nombreuses, à la multiplicité des phénomènes de tout ordre dont nous sommes les témoins.

La physique n'est plus ainsi l'étude localisée d'une série de faits réunis en petits groupes isolés. Elle devient l'étude unique de phénomènes d'origine commune, s'enchainant tous, obéissant à des lois similaires et se transformant les uns dans les autres suivant des modes invariables.

État actuel de ces études. — A vrai dire, si la formule philosophique de l'unité des forces physiques, préludant à la théorie plus hypothétique de l'unité de la matière, s'est appuyée, depuis le commencement de ce siècle, sur des faits précis faisant remonter la conviction, de certains cas particuliers à la règle générale, ces cas particuliers ne sont pas encore nombreux.

Les voies sont à peine ouvertes et jusqu'ici les découvertes faites, si surprenantes qu'elles aient été, laissent prévoir des surprises plus grandes encore.

Elles ont débuté en France par les théories célèbres, par lesquelles Carnot a établi l'équivalence du travail calorifique et du travail mécanique. Si la chaleur peut se transformer en travail et le travail en chaleur, ces transformations doivent se produire d'une façon toujours identique à elle-même, une quantité de travail déterminée produisant toujours la même quantité de chaleur et réciproquement.

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