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EMPLOI DES POTENTIELS ÉLEVÉS

serait théoriquement le plus avantageux. En réalité, il

serait inapplicable à cause du prix de la ligne. Il vaut

mieux, pour arriver au même produit El, diminuer I et

augmenter la force électro-motrice E.

Si Ton remarque qu'en vertu de la loi de Ohm,

on a 1 = :^» l'expression du travail électrique, El, peut

se mettre sous la forme E X »» c'est-à-dire -^J on voit

que la valeur du travail conserve la même valeur soit qu'on double la force électro-motrice, soit qu'on réduise la résistance de la ligne au quart.

Cela résulte de l'égalité

Il en est de même, soit qu'on triple la lorce électro-motrice, soit qu'on réduise la résistance au neuvième.

La solution industrielle consiste donc, en' [généralisant ce principe, à donner au potentiel des valeurs croissantes, ce qui permet de diminuer en même temps, dans la proportion du carré, le poids et par conséquent le prix de la ligne.

C'est pour cela que, dans les premières expériences de transport de force, nous avons vu les efforts des inventeurs tendre à l'emploi de potentiels de plus en plus hauts.

Augmentation du potentiel de la ligne. — Or, l'emploi de tensions élevées nécessite des précautions tout à fait spéciales, et, en pratique, il y aurait un certain danger, non seulement pour la sécurité du person-

26'i TRANSMISSION DE LÉNERGIE MÉCANIQUE

nel, mais aussi pour la conservation des machines, à aller trop loin dans cette voie.

Il n'en est pas de même en ligne, quoique la présence, en pleine campagne ou le long des routes, de (ils à un potentiel élevé ne soit pas sans présenter quelques inconvénients.

On a beau élever les conducteurs hors de la portée de la main, les isoler avec toutes les précautions possibles, multiplier les avertissements au public, on n'est jamais à Tabri des accidents qui peuvent résulter d'une imprudence, de la malveillance, de la chute accidentelle d'un poteau ou d'un fil.

Mais ce sont là des conditions communes à toutes les branches de l'industrie moderne, et il faut se résigner h courir quelques risques en présence des nécessités qu'impose le progrès.

Avec les courants alternatifs, du moins, on a trouvé le moyen de localiser, dans la ligne seule, les hauts potentiels qu'exige la diminution de section des conducteurs.

Aux usines de départ et d'arrivée, les générateurs et récepteurs fonctionnent à potentiel réduit.

Ce résultat est obtenu à l'aide des transformateurs.

Une transmission d'énergie se compose donc en principe : 1** au point de départ, d'une dynamo génératrice suivie d'un transformateur qui élève le potentiel du courant ii son entrée dans la ligne ; 2^ de la ligne ; 3^ au point d'arrivée, d'un transformateur qui réduit le potentiel du courant à son entrée dans la dynamo réceptrice.

Malheureusement, le problème ne se présente pas, en pratique, avec un caractère de simplicité aussi complète.

L'emploi des transformateurs exige l'utilisation de -courants alternatifs, et d'autre part l'emploi des alterna-

COURANTS POLYPHASÉS 265

teurs ne va pas sans certains inconvénients auquels il a fallu parer (1).

Courants polyphasés- — H y a une dizaine d'années, MM. Nicolas Tesla et Galileo Ferraris appelèrent Tatlention sur Temploi de courants alternatifs de périodes égales, mais de phases décalées.

On comprendra aisément ce que veut dire celte

Fig^. Vu. — Courants alternalifs décales d'un quart de période.

expression en se reportant à la représentation graphique des courants alternatifs.

Imaginons un premier courant dans lequel les variations de la force électro-motrice sont représentées par la sinusoïde ABCDE (fig. 147), et un second cou-

(1) Malgré la vogue qu*ont obtenue les courants alternatifs pour le transport électrique de l'énergie, Temploi des courants directs, dans le même but, a encore des adeptes fervents.

C'est ainsi ^u'un ingénieur suisse, M. Thury, vient de constituer une transmission de 5.000 chevaux à 58 kilomètres de distance, entre St-Jean-de-Maurienne et Lausanne, avec dix génératrices à courant direct d'un potentiel individuel de 2.200 volts, associées en série, et donnant, par conséquent, une tension totale de 22.000 volts.

L'emploi de ce potentiel élevé nécessite des dispositions protectrices variées aux stations extrêmes.

Nous nous bornerons à signaler celle qui consiste à isoler les dynamos du sol en les plaçant sur un ensemble d'isolateurs en verre.

rant A'B'C'D'E' identique au premier, mais commençant au moment où celui-ci passe par son maximum. Ce second courant est dit être décalé, par rapport [au premier, d'un quart de période.

Fig. 148. — Courants alternalirs en opposition.

Si le décalage est d'une demi-période, les courants sont en opposition (fig. 148).

Si le décalage est d'i/n tiers de période (6g. 149), on peut concevoir trois courants ABCDE, ABCDE, A"B''C"D''E", dont on combine l'action dans des dynamos spéciales qui portent le nom de dynamos triphasées.

Les courants diphasés, triphasés et, d'une façon géné-

Fig*. 149. — Courants alternatifs décalés d'un tiers de période.

raie, les courants polyphasés sont donc des courants alternatifs qui ne diflFèrent que par leur phase. Leur étude a permis de résoudre d'une façon simple et avantageuse le problème du transport de l'énergie à distance en supprimant les inconvénients qui résultent de l'emploi des alternateurs ordinaires ou monophasés.

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