CHARLES RICHET
Un des grands rôles de la médecine au dix-neuvième siècle a été d’éclaircir un bon nombre de ces faits prétendus extraordinaires que des siècles d'ignorance avaient accumulés. et de les synthétiser en les rattachant à des causes d'ordre purement naturel.‘ Supercherie ou miracle !” s'écriait naguère le pathologiste Virchow. en s'entêtant à nier avec une obstination d'allemand et un dédain digne d’un meilleur sort, les phénomènes qu'il ne prenait pas la peine d'approfondir sous prétexte que la démarcation est inviolable, labîme insondable entre le physique et l'intellectuel. la psychologie et la physiologie ; comme si l’homme lui-même n'était pas une preuve flagrante de ce trait d'union entre le naturel et ce qu'on est convenu d'appeler le surnaturel, par son âme d’abord qui constitue bien son entité propre, par ses merveilleuses facultés synthétiques 6: par sa conception de l'infini. * Ni supercherie. ni miracle,” répond à M. Virchow la science contemporaine, ennemie du merveilleux et du
mysticisme, les lois de lasnature sent firmuables : ces bhiénomènes
maintenant inexplicables, surprenants par la comparaison avec Île peu que nous savons, étudions-les, serrons-les de près, dégageons-les de tout leur apparat charlatanesque et comme dans beaucoup de cas déjà, le fait brut, la faculté inconnue jusqu'ici iront grossir le domaine, si neuf et déjà si vaste, de la psycho-physiologie. La physiologie devra en réalité un jour comprendre tout le merveilleux “psy chique” d'aujourd'hui. C’est effectivement en trouvant les moyens de les déceler que l’on se rend compte combien de formes inconnues de l’énêrgie restaient cachées! Notre œil qui ne perçoit les couleurs que du rouge au violet, n’est sensible qu'aux vibrations comprises entre les chittres qui représentent le nombre de vibrations et la longueur d'ondulation de ces deux rayons colorés, en degàet au delà tout est ténèbre pour nous ; et cependant en dehors du rouge d’un côté, le thermomètre, et de l’autre audelà du violet la plaque photographique et l'écran fluorescent, nous donnent la preuve de radiations chimiques, qui les impressionnent. L'esprit humain est instinctivement chercheur, c’est une loi divine d'évolution vers le progrès ; actuellement l’occultisme est à la mode comme le magnétisme animal l'était il y a un siècle ; dans cinquante ans ce qu'on qualifie de “ merveilleux ” aujourd'hui et ce que nous voulons tâcher de classifier dans cet article pour démontrer ce que la science médicale a déjà fait et est en train de faire pour en dénouer les liens empiriques, ce même merveilleux, disons-nous, sera devenu phénomène physiologique banal enfin aura subi, figurativement parlant, la transformation du magnétisme à l'hypnotisme. Nous n'insisterons pas sur la physiologie de celui-ci. Tout le monde sait qu’il a conquis, grâce aux travaux surtout de savants français tels que Charcot, Bernheim, Liébeault, sn entrée triomphale à l'Académie des sciences. N'était-il pas ce pendant il ÿ a à peine vingt-cinq années ce conspué, cet imposteur de magnétisme sur le dos duquel la Faculté et l'Académie daubaïent à qui mieux mieux depuis un siècle? ne l’a-t-on pas menacé de toutes les foudres. temporelles-et éternelles ? Etant donnée la haute situation de M. Charcot, auquel se joignaient bientôt plusieurs pro-
fesseurs disfingués de diyarses éçales.de médecine, les récalcitrants + » L1
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phénomènes hypnotiques ni le fait qu'ils soient produits par une cause parfaitement naturelle et explicable. Cependant ce mouvee ment nouveau avait une bien autre portée que celle que lui accordaient ses promoteurs, tout au moins au début ; il est devenu en
quelque sorte une entrée en matière préparatoire à l'étude des phé
nomènes psychiques dont nous voulons parler. Avec la léthargie, la catalepsie et le somnambulisme il + avait aussi la suggestion, que l'on développa, que l’on façgonna et que l'on prouva bientôt être tout aussi merveilleuse que l'occultisme tin-de-sièele le plus ubracadabrant et devant les résultats de laquelle le sceptique endurci est bien forcé de battre en retraite, à moins de vouloir paraître aussi obstiné que Je professeur Bouillaud qui ne voyait dans le phonographe qu'un artitice de ventriloquie. Mentionnons entr'autres expériences relatives à la suggestion : celles de Liébeault à Nancy, qui consistaient en la production de brûlures et de vésications (par la simple suggestion hypnotique) sur les bras d'une jeune fille : expériences contrê= lées (en juillet 1886) par MM. les professeurs Beaunis et Bernheim. de la faculté de médecine de Nancy. Liégeois, de la faculté de droit et MM. les docteurs Brulard et Liébeault. Pendant la même séance on produisit aussi l'effet inverse, c'est-à-dire que. par suggestion toujours, on empêcha une substance vésicante, appliquée sur le bras, de produire de la vésication : (on obtint les brûlures, avec phlyetànes et écoulement de sérosité en appliquant des timbres-poste sur la peau et en suggestionnant la patiente à l'effet que ceux-ci étaient des vésicatoires). Les actions des médicaments à distance sont un autre résultat non moins étonnant de la suggestion. C'est grâce à cette aernière découverte qu'on peut expliquer scientitiquement Jus qu'à un certain point les prétentions exhorbitantes de la médecine “ magnétique‘ et sympathique ” (poudres de sympathie”) du vieux temps, laquelle se faisait forte de faire opérer la vertu des
remèdes à distance : de même que les faits constatés de suggestion
ER
et d'auto-suggestion ont permis de fuire justice d'une foule de superstitions et fables populaires et donné lu clef à l'histoire enchevétiée de cette sorcellerie du moyen-âge et de ces prétendus maléfices des ensorceleurs de toute sorte. Enfin nous arrivons aux plus nouvelles applications et déductions de l'hypnotisme, l'extériorisation de la sensibilité et l'envoûtement ; ces dernières expériences sont plus particulièrement dues au génie de M. le colonel de Rochas, administrateur de l'Ecole Polytechnique de Paris, qui se constitue le champion de l'art contesté des envoûteurs et reproduit leurs hideux sabbats avec tout le perfectionnement moderne, en utilisant pour cela la photographie, ce qui lui permet notamment de faire des égratignures saignantes au visage des gens rien qu'en éraillant du bout de son canif les parties correspondantes de l'épreuve négative de leur portrait photographique. Et remarquez que ces faits sont incontestables,ils ont été contrôlés par des hommes éminemment sérieux, [Il y a donc désormais main-mise de l’occulte, du merveilleux, du surnaturel, sur la science classique ; mais si celui-là tient la science, celle-ci à son tour ne l’étreint pas moins. Le stock du merveilleux est un mélange, malaisé à débrouiller, de vérités, d'illusions et de fables ; à la médecine, à la physiologie s'impose le triage de ce grain impur comme un premier soin à prendre pour le faire passer à l’état de science. Nous traiterons successivement ici des sujets suivants, tous plus ou moins encore à l'étude : 10 Extériorisation de la sensibilité et envoûtement 20 Lecture des pensées, télépathie et clairvoyance 30 Spiritisme scientifique.
Extériorisation de la sensibilité et envoûtement
1] sera démontré, a dit Xavier de Maiïstre, que les tradit:ons antiques sont toutes vraies, que le paganisme entier n'est qu’un système de vérités corrompues et déplacées, qu’il s'agit de les nettoyer pour ainsi dire et de les remettre en place pour les voir briller de tous leurs rayons.” Les expériences que nous allons rapporter rap-pelleront certainement à l'esprit du lecteur les vieilles histoires de figurines de cire qu'on transpergait avec des épingles, dans la croyance que les blessures ainsi faites sur l'image se répercuteraient sur
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la personne qu'elle représentait. Larousse définit lenvoûñtement :
& Opération magique consistant à pratiquer sur une image en
cire, symbolisant la personne à qui l’on voulait nuire, des blessures
dont elle était censée souttrir elle-même.” Cette pratique, quelqu'ab-
surde qu'elle paraisse, remonte aux premiers âges de l'humanité et
se retrouve dans tous les temps comme dans tous les pays; il est done extrêmement probable qu'elle tire son origine d'un fait bien
réel et relativement assez fréquent. L'imagination populaire a naturellement transformé le phénomène primordial de mille façons diftérentes. Ce serait dépasser le cadre de ce travail que faire l'historique de ces variantes. Qu'il suffise de dire que nous nageons ici en plein occulte, qu'il y a à peine quelques années, ces faits pourtant indéniables. étaient attribués par les sceptiques à la supercherie, par les ignorants à l'intervention diabolique. Il n'a suffi à M. de Rochas et
à ses vaillants collaborateurs qu'une poignée d'expériences probantes pour démolir tout le superstitieux qui s'y rattache depuis des siècles, de même qu'un vieux cadavre se résout quelquefois en poussière au seul contact. Nous ne voulons pas entreprendre de discuter ici les théories de M. de Rochas ; les théories sont sans doute d'excellents moyens mnémoniques dont les déductions sont fort utiles pour imaginer les expériences propres à les contirmer où à les infirmer, mais gardons-nous toujours de les considérer comme l'expression entière de la vérité absolue. Ce que nous voulons présenter ici ce sont Les faits bruts, déqagés de tout leur surnaturel, se rattachant déjà au positivisme physiologique.
Que les phénomènes en question soient obtenus an moyen de la simple suggestion, ce qu'il est difficile d'idmettre en RS Fe comme nous le verrons plus loin, ou qu'ils soient produits (théorie de de Rochas) par des effluves susceptibles d'agir sur les sens hyperesthésiés de sujets hypaotiques, peu nous importe ; Ce que nous Constatons c'est qu'ils sont acquis dorénavant à la science, dépouillés du mysticisme qui les étreignait et surtout qu'ilsexpliquent tout un passé
d'hallucinations.
Le Dr A. Légué, rendant compte dans une chronique des’ expé-
riences en question, s'exprime ainsi: “ÎIn'y a pas longtemps, M. de Rochas avait groupé quelques personnes auxqueiles il voulait démontrer d'une façon presque palpable le phénomène de l’envoñtement au moyen-âge, Dans ce but ilavait apporté une poupée de cire, et, à l'appui de sa théorie, 4l avisa une de ses auditrices (nullement prévenue) et déclara que la personne désignée par lui à ce même moment ressentirait l'impression des manipulations qu'il ferait subir à la poupée. En effet il traversu à plusieurs reprises le cœur et les bras de la figurine et Mme X (le sujet mentionné) éprouvait les sensations de ces attouchements d'une manière proportionnée au dégré de volonté que l'expérimentateur mettait dans son action. T'expérience terminée, une des spectatrices prit curieusement (sans la connais sance de Mme X) l'objet dont s'était servi M. de Rochas et le res tourna dans tous les sens. On entendit alors Mme X murmurer plaintivement : “Vous n'avez donc pus encore tini de me faire souffrir 2” Pour M, de Rochas. certaines substances, comme la cire à modeler, sont propres à emmagasiner la sensibilité (ou ‘“efluves”) du plus grand nombre des sujets cxtériorisés (C'est-à-dire arrivés à cet état profond de l'hypnose où le sens du tact. comme d'autres sens d'ailleurs. S'extériorise avec la sensibilité comme en formant des couches sensibles concentriques où parallèles à la surface de la peau, ils perçoivent alors certaines sensations de l'hypnotiseur quand il ne les touche plus, pourvu qu'il soit à petite distance). Quoiqu'il en soit de la théc ‘e. de Rochas a reproduit une foule de phénomènes intéressants, citons entr'autres : il “localisait” la sensibilité en coupant pendant son sommeil à un sujet une mèche de cheveux à la nuque et en l'implantant dans la tête de la statuette ; quand le sujet fut reveillé, il ignorait l'opération qu'il venait de subir. De Rochas se place hors de sa rue et tire les cheveux fixés dans la cire ; immédiatement le sujet se retourne en disant: Mais qui est-ce qui me tire les cheveux ?—Expérience toute aussi nette avec la barbe d'un autre sujet. |
Voilà des faits, mais où est la suggestion dans ces cas là? il est
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tait qu'à une distance de 5 64 6 mètres, Mais le “clou de tout ceci c'est ‘l'envoñtement photographique”. Les essais (auxquels nous fuisions allusion plus haut) relatifs à cette expérience, pleinement réussie du reste, essais sévèrement contrôlés, commencés le 30 juillet 1892 avec un appareil photographique, en présence de médecins distin gués, ont été conduits, pour la plupart, chez Nadar, le roi, comme l’on sait, des photographes parisiens, et avec des sujets différents. Une personne était photographiée après avoir été endormie et ‘ex tériorisée”", Es piquant avec une épingle la plaque négative le sujet lui-même ressentait vivement la piqûre aux endroits correspondants de son corps (même lorsque le sujet ne pouvait voir la partie du négatif qui était piquée) ; en donnant de forts coups d'épingle, on provoquait même des cris de douleur et jusqu'à la syncope, Des traits rouges (égratignures), sans que l'épiderme soit entamé, apparaissent sous la peau, aux endroits correspondants aux piqûres de Ja plaque. Celle-ci peut conserver pendant plusienrs jours son pouvoir ‘’envoûteur” et dans chaque expérience avec différents sujets, des plaques différentes donnèrent les mêmes résultats avec stigmates apparaissant toujours aux parties du corps correspondant aux points piqués de l’image. L'expérience de la plaque sensibilisée s'est même reproduite chez un sujet à l’état de veille (le 26 avril 1893, chez Nadar). Un curieux effet de ces phénomènes était le fait que De Rochas rérenñ lait ses sujets en soufflant sur leur image. L'envoûtement photographique ne vaut-il pas, ne surpasse-t-il même pas toutes les zuumies (mot arabe signifiant cire ou substance balsamique) où figurines de la haute magie ?
“ L'extériorisation ” proprement dite consiste, comme nous l'avons dit, dans la faculté que possédent certains sujets en états profond d'hypnose, de ressentir à distance (du moins à quelques mètres) la douleur. Quand un objet, par exemple un verre d'eau, est venu en contact avec un tel sujet ‘“extériorisé” il (l'objet) devient lui-même ‘“sensibilisé” et la sensibilité peut-être transportée
avec le verre à une certaine distance ; ainsi une goutte d’eau sensi-
bilisée jetée dans le feu cause au sujet une sensation de brûlure à
chaque main (sile verre était primitivement en contact avec la main), et ainsi de suite. Encore une fois voilà des faits indéniables, scientifiquement contrôlés : on peut différer quant aux théories émises mais non quant à l'évidence ou à ln constatation des phénomènes, Leur réalité a été contestée jusqu'à dernièrement par la science offcielle ; ce n'est qu'en montrant qu'ils pouvaient être expliqués par les forces déjà connues que les objections élevées contre eux, comme contre toutes les découvertes du reste, se sont en majeure partie évanouies, Il faut que les faits soient admis comme possibles pour qu'on se décide géneralement à les observer.
Dans les chantiers où ‘“Tumber-enmps" du Maine et du Michigun, surtout ceux voisins de la frontière canadienne, on rencontre une classe particulière d'individus, bien étudiés aujourd’hui, composée principa'ement de Canadiens-Français. et à qui on a donné, aux Etats-Unis, le nom dt “jumpers” (stuteurs) où “jumping Frenchmen”. Les faits étranges que l'on racontait À ce sujet étaient jadis pris pour des fables, jusqu'à ce que. comme dans tous les phénomènes de ce genre, leur réalité fut prouvée après investigation scientifique. Les docteurs George M. Beard, de New-York, et. B. Thornton, de la marine américaine, en firent une étude sérieuse et décisive- Mais qu'est-ce qu'un ‘jumper"”"? Cest d'abord un être d’un tempérament très nerveux : si on l'effraie par un bruit fort et subit, il jette aussitôt un cri, fait des bonds dans l'air en se démenant les bras d'une facon démesurée. Dans cet état tout commandement qu'on lui adresse est immédiatement et fatalement obéi ; il répète même l'ordre pendant qu'il l'exécute ; il saute. danse. laisse tomber à terre tel objet qu'il peut alors avoir à la main ou le lance dans la direction qu'on lui indique ; il répète instinciivement telle phrase courte qu'on lui dicters: où toute combinaison voulue de sons, il se précipitera même à la rivière ou saisira un poêle chauffé au rouge si on le lui ordonne soudainement et avec l'énergie nécessaire. Le Dr Beard a fait répéter aux “jumpers”, et les répétitions étaient aussi parfaites que s'ils en eussent eux-mêmes compris la signification, des mots latins ou encore choisis parmi les plus rares de la langue anglaise. Ce
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sont naturellement d'excellents sujets hypnotiques et l'attaque ellemême, comme l'on voit, les rend éminemment suggestibles ; de fait ce sont des nerveux que les circonstances (vie au milieu d'étrangers, en pays lointain, dans la forêt, en plein air, où toute l’acuité sensorielle est grandement exaltée) ont rendu cornplètement en puissance d'hypnose. Par contagion de l'exemple (les jumpers existent depuis bien des années et sont noinbreux) ils tombent hypnotisés à la seule audition d’un bruit subit et fort; ceci, soit dit en passant, ne rappelle-t-il pas à la lettre les fameuses cliniques de Charcot où plusieurs “sujettes” de la Salpêtrière étaient toutes hynnstisées simultanément (et en d'autre temps individuellement aussi), pour la commodité et surtout la rapidité du procédé, «u son d'un puissant gong chinois frappé par l’un des externes à un moment donné. Les sauteurs une fois en état d'hypnose, la suggestion rend compte du reste. Certains de ces phénomènes ne contiendraient-ils pas aussi une immixtion de chorée ou de grande hystérie ? c'est assez probable. En tout cas, ce sont nos compatriotes qui détienrent de béucoup là-bas le record de cette étrange névrose; quelques Polonais, pourtant plus nombreux même que les Canadiens surtout dans les chantiers de l'Ouest, en sont aussi atteints. Quand un homme est devenu “jumper” c’est généralement pour su vie ; il faut songer qu'il peut être suggestionné, à l’état de veille toujours, à tout moment et en tout endroit, ce dont les espiègles et les malins ne cessent de profiter à ses dépens. Citons encore, pour ne faire que les mentionner, les phénomènes de lycanthropie (loup-garou) qui ont contribué pour une large part à nourrir pendant un temps la superstition populaire, où certains individus se croyaient métamorphosés en bêtes fauves (en loup généralement à cause de la prédominance autrefois de ces animaux sauvages dans certaines parties de la France) et erraient conséquemment, avec des hurlements plus ou moins appropriés, à travers les campagnes ; ils ont évolué, en Amérique, au stage plus élevé de “tramps”. La chasse-galerie (canots chargés de voyageurs et trans. portés avec rapidité à de grandes distances dans l'air) et un bon nombre de prétendues apparitions de navires, ne reconnaissent pro-
bablement pour cause, la plupart du temps du moins, qu’un phénoe mène purement physique, celui de mirage. dû simplement comme l'on sait à une inclinaison excessive des rayons lumineux traversant | des couches voisines d’air de densité très différente, d’où production | d'images renversées où déplacées qui apparaissent dans les airs. A Rochester, N. Y., et dans les environs, on a plusieurs fois aperçu dans le ciel l’image renversée de la ville de Toronto, sise de l’autre ! côté du lac Ontario. Ces derniers faits n’ont naturellement rien à faire avec lc psychisme contemporain, tout de même nous les rappelons parcequ'’on les attribuait autrefois au surnaturel. Au moyen âge où l'Europe était couverte d’expéditions militaires privées pour | le compte de presque chaque noble en particulier, il n’est pas étonnant que les apparitions célestes d’armées rangées en bataille, etc. et dues au mirage n'aient causé une bien vive impression sur l’imagination crédule des peuples d'alors.
Avant de clore cette première partie de notre travail qui se rattache plus directement aux phénomènes hypnotiques, nous croyons intéressant de rapporter un fait d'auto-suggestion, qui mérite l'at-
tention, et qui a été dernierement étudié d’une façon magistrale par
M. le Dr Pitres, de Bordeaux ; c'est le cas de la “stigmatisée” d’In-
zinzac (près de Hennebont, Morbihan, France), Françoise Helle-
gouarch. Nous avons parlé plus haut des expériences, entr'autres
de Bernheim et Liébeault, qui l’expliquent scientifiquement. “One
. \ ° constate de larges taches de sang desséché aux mains, aux pieds, an
côté rauche ; à certains moments filtre, sous la croûtelle noirâtre
adh rente à la peau, un petit filet de sang frais, tout rouge; si
parfois, avec de l’eau, on enlève cette croûte, on trouve la peau in-
tacte, toute blanche ; c'est de ses pores que le sang perle, comme
uue véritable sueur rouge. Les premiers stiymates apparurent au
moment de la fête de l’Ascension, en 1895. Depuis cette époque le
phénomène se reproduit et la santé de Françoise est misérable ; elle
est toujours couchée, paralysée d'un bras et d'un œil, se nourrit à
peine ; à chaque instant des crises terribles la tordent sur son lit, elle
se démène, hurle, avec des grimaces et des contorsions atroces, puis
RENE ÎNE AN ENL À
, qu'un phénoe lement comme eux traversant l'où production ans les airs. A 1rs fois aperçu
sise de l’autre lement rien à e nous les raprel. Au moyen es privées pour n'est pas étonn bataille, etc.
sion sur l’ima-
avail qui se rat- , NOUS Croyons ui mérite l'atmagistrale par smatisée” d’Inrançoise Hellees, entr'autres “On
s, AUX pieds, au
quement.
telle noirâtre out rouge; Si ave la peau inperle, comme apparurent au cette époque le misérable ; elle 1, se nourrit à sur son lit, elle 18 atroces, puis