PRÉFACE
Il Y a des livres poui* lesquels une préface est superflue, parfois même nuisible. Ce sont ceux dans lesquels l'auteur dit si nettement ce qu'il veut dire, et en termes si précis, que tout commentaire en affaiblit la portée.
Tel est cet ouvrage de M. Maxwell. L'auteur, qui depuis longtemps s'est adonné à la psychologie, a vu quantité de laits intéressants ; il les a minutieusement observés, et, après avoir mûrement réfléchi sur la méthode d'observation, sur les conséquences et sur la nature même des phénomènes, il expose les faits et en déduit quelques idées simples, loyalement, sans complaisance et sans crainte, devant un public qu'il espère impartial.
C'est à ce public que j'adresserai aussi la courte introduction que l'amitié de M. Maxwell m'a demandé de mettre en tête de cet excellent ouvrage.
Mon conseil au lecteur peut se résumer en un mot. Il faut aborder ce livre sans préjugés, ne craindre ni ce qui est nouveau, ni ce qui est imprévu. Autrement dit, et, tout en gardant le plus scrupuleux respect pour la science d'aujourd'hui, il faut être solidement persuadé que la science d'aujourd'hui, pour vraie qu'elle soit, est terriblement incomplète.
Les imprudents qui s'occupent des sciences occultes sont accusés de bouleverser la science, et de détruire le laborieux édifice que des milliers de travailleurs ont construit, au prix d'un immense labeur, universel, depuis trois ou quatre siècles. Mais ce reproche me [)araît bien injuste. Personne ne peut démolir un lait scientifique.
Ln courant élecli i(|ue décompose l'eau en un volume d'oxygène et deux volumes d'hydrogène. C'est un fait qui restera vrai, dans tout l'infini de i'a\ciur, comme il a été vrai dans tout l'inliiii dupasse. Les idées changeront peut-être sur ce qu il convient dappeler courant
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élerlii(nic, ou oxygène, ou hytliogcnc. On lrou\ora poul (Mrc que riivdrogène esl un composé tic cin([uaulo corps dillcionls ; que l'oxygène se Iransloiinc en hydrogène : (pie le courani élecIrKpie est une force pondérable, ou une émission lumineuse. Peu imporle ce qu'on découvrira : en tout cas on ne fera jamais que ce que nous appelons courani électrique, dans les conditions de pression et de température moyennes, ne dédouble pas ce que nous appelons l'eau en deux gaz ayant de: propriétés dilTérentes, gaz qui se dégageai dans les proportions volumétriques de 2 à i.
11 n'y a donc jamais à craindre qu'une science nouvelle, faisant irruiition dans la science ancienne, ne vienne bouleverser les données ac(iuiscs, cl contredire ce cjui a été établi par les savants.
Par conséquent, les phénomènes psychiques, si complexes, si imprévus, si elï'rayants parfois qu'on les suppose, ne renverseront aucun des faits qui fout partie des sciences présentement classiques.
L'astronomie et la physiologie, la physique et les mathémaliqucs, la chimie et la zoologie peuvent dormir tranquilles. Elles sont intangibles, et rien ne portera atteinte à l'imposant assemblage des faits incontestables qui les constitue.
Mais des notions, jusque-là inconnues, peuvent être introduites qui, sans faire douter des vérités anciennes, feront pénétrer des vérités nouvelles et changer, bouleverser même, les notions que nous avons des choses, en ajoutant des faits imprévus.
Ces faits seront imprévus; ils ne seront jamais contradictoires. L'histoire des sciences nous montre que jamais l'édifice des sciences passées n'a été renversé par l'invasion d'une science nouvelle.
Il fut im temps où la notion de la contagion tuberculeuse n'existait pas. On sait maintenant que ce sont des microbes qui la transmettent. C'est une notion nouvelle, très féconde en conclusions importantes, mais elle n'a pas infirmé le tableau clinique que les médecins d'autrefois avaient tracé de la phtisie pulmonaire. Quand ont été découvertes les ondes hertziennes, les lois d'Ampère n'ont pas été ébranlées. Parce qu'il y a des rayons Rœntgen, et des vibrations lumineuses qui traversent les corps opaques, l'optique de Newton et de Fresnel n'est pas devenue un tissu d'erreurs. Il parait que le radium peut dégager continuellement, sans phénomènes chimitpies moléculaires appréciables, de grandes quantités d'énergie calorifique. Nous pouvons être assurés que la loi de la conservation de l'énergie, et les principes de la thermo-dynamique resteront aussi vrais que [)ar le passé.
l)e même si, comme cela est de plus en plus vraisemblable, des