‹ Les PhilippiquesChapitre 101 sur 121 · Je vois appréhender Pluton...\. Après la mort du · texte numérisé non relu

Je vois appréhender Pluton...\. Après la mort du

* L« Régeilt de France était bien un prince de la maison de Bourbon ; il aimait tout à l'extrême, les femmes et la table. Son oncle, Louis XIV, fut le Roi glouton par excellence ; son fameux Ert'Cas de nuit a défrayé le rire de tous les Baron Brice ; les paysans étaient réduits presque à là paille, mais le petit et le grand cou-

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Régent, le poëte feint que le Dieu des enfers avait lieu de le craindre, à cause des crimes et des infamies dont le Régent s'était rendu coupable pendant sa vie.

Chez l'annotateur de notre Manuscrit, les phrases probantes sont moins virulentes que chez les écrivains de 1783 et 1795, — néanmoins, elles constituent un réquisitoire des plus véhéments; le mot crimes est un de ceux qui reviennent sans cesse, et avec une persistance digne d'une meilleure fortune, car l'accusation n'a point fait école, sauf dans les bas-fonds de la librairie et de la presse, où nul homme sensé ne va chercher son inspiration. U faut corriger les conséquences mauvaises de la pensée imprimée par un remède violent et opposéj c'est-à-dire par la pensée aussi ferme, aussi résolument justicière que la calomnie a pu se montrer cynique et emportée ; le procédé nous a semblé fournir de bons résultats, et nous Tavons employé.

(L'Annotateur de iSjj.)

Versions de 1795 sur ce passage relatif à Pluton :

Crains pour ton honneur, chaste Reine I

aProserpine. Uauteur lui a donné l'èpithète de chaste y parce qu'elle est la seule, entre toutes les déesses du

vert de Versailles regorgeaient de mets succulents, et même à la fin du règne I Les Bourbons furent mangeurs et voluptueux ; ces deux traits sont essentiels. Philippe mangeait beaucoup; i] arrosait cette copieuse provende d'un nombre infini de larges rasades au Champagne. — Bien gouverner de cette façon est impossible.

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Paganisme, de qui les mythologues n'aient pas conté quelque aventure galante. »

5. — Pygmalion, Sardanapale...,. Ce dernier fut Roi des Assyriens, très-corrompus par les mœurs. Pygmalion fut roi de Tyr, très-avare et fort cruel ; le Régent avait suivi leur exemple.

Le cliché revient avec une cruelle persistance, les hommes de parti ne connaissent pas la mesure ; ils la dépassent ; et, de cette manière, ils détruisent tout ce que le vrai aurait pu laisser dans leurs affirmations ; cette punition n'a jamais guéri aucun écrivain; nous la livrons cependant aux méditations de plusieurs.

{L* Annotateur de 1^75.)

L'éditeur de 1858 peut nous édifier sur la verve satirique des plumitifs sans pudeur : « On a fait un livre spirituel et curieux, intitulé : La divine Comédie avant Dante, sorte de galerie de tous les Enfers satiriques. La Régence pourrait fournir à ce Recueil une volumineuse ^ suite. On trouve, sans compter les pamphlets plus connus, et notamment la Prosopopée sur le Régent, la Duchesse de Berry et le cardinal Dubois ^ dans le recueil Maurepas et dans Boisjourdain , une foule d'épigrammes et de brocards consacrés à l'entrée aux enfers du Régent et de ses ministres. Tandis que Mgr de Tressan, archevêque de Rouen, digne apologiste d'un tel prince, répandait, sur un catafalque aux armes de France, les larmes pompeuses de l'oraison funèbre, et reprochait à la mon

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d'avoir ravi u héros qu'on peut regarder comme h Père de la Patrie^ le modile des plus grands souverains et le plus parfait de tous les siàles^ les chansonniers, dans une contrepartie ironique de ces solennelles fadeurs, immolaient l'ombre trop vantée à la vindicte publique, et l'aivoyaient à Pluton, non sans lui conseiller dé prendre garde à Proserpine :

« Philippe est mort à la sourdine,

a Et, puisqu'il entre dans TEnfer,

« C'est pour débaucher Proserpine,

ft Ou pour détrôner Lucifer. »

« Traduction latine du temps :

« Expertum regni rapuit libidina Philippum. Est salvus Lodoix ; at tibi, Pluto, cave. »

a L'auteur de la Prosopopée débute par mettre en scène Pluton avouant aux trois juges infernaux qu'il est épris de la duchesse de Berry :

MiNOS A PLUTON. {Air des RocMois.)

« Que dites-vous ? c'est la Berry

« Aimée mille fois par Rirry (sic),

« Par Rochefoucauld) par Falvére,

a Par ses pages et ses laquais,

« Même à leur défaut, par son père (sic),

d Et ses gardes les plus épais, etc.

« D'autres chansonniers, plus facétieux queLaGrange, ont fait arriver le 6.égent aux Enfers avec sa compagnie ordinaire. Ils ont compris à merveille que l'amant de la

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Parabère et de la Phalaris ne s'y amuserait pas à attenter à la vertu de Pénélope et d'Andromaque :

a Sans tambour, ni sans trompette, Le Régent s'en est allé, Il a laissé sa lorgnette Au Parlement, pour cherclier Les beaux mirlitons, etc., etc.

« Dubois, gardé par Cerbère, Dit, en voyant le Régent :

Monsieur, que venez- vous faire ?

Ce pays est sans argent Et sans mirlitons, etc., etc.

a PhalariSj votre dernière, Viendra dans notre couvent ; Qu'est-ce qu'elle y pourra faire, Si vous êtes sans argent? etc., etc.

< A regard de Parabère, Dont vous n'étiez pas content, Notre bon ami Cerbère Fera tout son passe-temps, etc., etc.

tt Nous aurions été fort étonné si d'Argenson n'avait pas été incorporé dans cette infernale mascarade, lui qui, par sa figure et au dire de ses ennemis par ses actions, semblait prédestiné à succéder à Eaque. Les chansonniers ne se contentent pas de faire mourir aux enfers le lugubre d'Argenson, ils l'y font naître :

« Quelle était donc ta mère.

Indigne d'Argenson?

Etait-ce une mégère, Caressée de Pluton ?

44^ I.ES PHILIPPiaUES.

Ou Bacchus, étant ivre, et mal avec l'amour.

Te fit pour le détruire, • En te donnant le jour.

Comme on le voit, il n'y a pas plus de rime que de raison. »

(1858, Édition Malassis.)

L'annotateur de 1875 a voulu, en citant ces vers fugitifs, qui ont la prétention de faire de vives blessures, et qui rampent péniblement dans l'ornière boueuse des lieux communs, prouver une fois de plus que l'esprit, détourné, de sa voie, ne peut enfanter aucune œu\Te forte, originale, bien cadencée. Ainsi employé, l'esprit n'est plus une flèche de Parthe, c'est un grossier caillou qui s'arrête en chemin. Avis à qui de droit!

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