‹ Les PhilippiquesChapitre 100 sur 121 · ODE CINQUIEME. 45I · texte numérisé non relu

ODE CINQUIEME. 45I

Un ouvrage qui a eu quelque notoriété à la fin du siècle dernier, Fie privée de Louis XV, 4 volumes, Ltwdresy chez John Teter Lytoti, 1783, et qui a dû être composé par un grand seigneur doué du génie de l'observation, en tout cas homme instruit et perspicace, entre dans le vif de cette question du régicide, si brutalement présentée au cours du dialogue entre Philippe, le duc de Bourbon-Condé et ce fripon de Law.

Laissons parler Thistorien qui tenait la plume à la veille de la réunion des derniers États-Généraux du Royaume, en 1788, date mal choisie pour montrer la Fie privée des rois.

{H Annotateur de jSjs-)

« Des bruits. accrédités concernant la cause sinistre de la mort de tant de princes moissonnés en si peu de temps, ne pouvaient qu'augmenter ses alarmes (Jouteur iiristocratique parle ici des frayeurs de la France concernant Louis XV) \ on le voyait, dans cepréjugé, confié aux mains du meurtrier de ses pères; et, ce qui forme aujourd'hui le plus fort argument pour réfuter les calomniateurs du Régent, était alors un sujet continuel de terreurs.

« Sans doute, s'il eût été Tauteur du désastre de la famille royale, de la mort de trois Dauphins, péris dans le palais de Louis XIV, frappés jusque sous ses yeux, et arrachés, pour ainsi dire, d'entre ses bras, devenu le maître il ne se serait point arrêté dans ses vastes désirs; marchant de crime en crime , il n'aurait pas eu l'horreur d'un régicide, sans lequel les autres devenaient inutiles, le seul qui pût lui en assurer Vimpunitéy et le faire jouir de

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ce sceptre qui légitime tous les forfaits aux yeux Je l'ambition.

« Mais ce raisonnement, victorieux pour nous, n'en pouvait être un pour les contemporains. »

* (Fie privée, lySsO

La conclusion à laquelle arrive l'auteur des Mémoires secrets est la âeule rationnelle, la seule essentiellement logique, et^ pour tout dire en un mot, la seule qui s'impose au nom de la conscience. Il demeure évident pour nous, analyste dégagé des préoccupations de parti, entier aux événements que nous retraçons, que le Régent eût pu, s'il l'eût voulu, empoisonner Louis X\^; ce crime éclairait les autres, il devenait une raison péremptoire dans la bouche des accusateurs^ il menait le prince au supplice, à moins d'une docilité du Parlement impossible à supposer, surtout après sa courageuse conduite à l'égard du testament royal; n'ayant pas brisé le dernier obstacle qui l'empêchât de monter sur le trône, il est évident que le Régent n'avait pas tué les Dauphins. Pourquoi ces crimes, cette terreur répandue en Europe, si le sang versé ne devait profiter à rien ? Pourquoi cette défiance jetée à profusion à Versailles, qui rejaillit sur d'Orléans au point de le faire considérer comme un criminel ? Encore une fois, non ! Le dernier crime prouvait seul les autres; le dernier n'ayant pas été commis, les preuves historiques nous manquent totalement.

La calomnie pourra reprendre la thèse des accusa-

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teurs, elle ne réussira point. Nous ne voulons plus ni légendes, ni balivernes historiques, tenant lieu d'enseignement; il nous faut la vérité, toute la vérité, dûtelle froisser les susceptibilités de caste, de race ou de parti; nous voulons nous prononcer en connaissance de cause ; et, chaque fois que nous rencontrerons une accusation sans preuve, qu'elle atteigne un Roi ou un particulier, nous passerons outre, avec l'indignation que la calomnie doit inspirer à Thomme scrupuleux sur le point d'honneur. La passion ne résout rien.

Le Régent, au reste, n'avait pas mal débuté dans la pratique des affaires ; au Parlement, il prononça quelques paroles qui adoucirent singulièrement les magistrats, habitués à s'entendre dire par Louis XIV : L'État, c'est mai! Ces paroles appartiennent à l'histoire; le prince qui les prononça avait conscience de ses devoirs : a MaiSy à quelque titre, leur dit-il, que j'aie le droit d'espérer à la Régence, j'ose vous assurer, messieurs, que je la mériterai par imn zèle pour le service du Roy, et par mon amour pour le bien public, surtout étant aidé par vos conseils et par vos sages remontrances, »

a La suite immédiate de ce Lit-de-Justice fut l'établissement de six conseils, outre celui de Régence, Le premier, appelé conscience, regardait les affaires ecclésiastiques; le second, les affaires étrangères ; le troisième, la guerre; le quatrième, la finance; le cinquième, la marine ; et le dernier, les affaires du royaume. »

{Mou f fie il'Augen'iîU, Londres J/Sj.)

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C'est donc au Régent qu'il faut attribuer la distribution des grands services administratifs nationaux ; ce fut lui qui les divisa en conseil de conscience, aujourd'hui notre ministère de l'Instruction publique et des Cultes ; les Affaires étrangères n'ont pas changé de nom ; la Guerre a conservé le sien ; les Finances et la Marine sont encore désignées maintenant comme en 171 >; enfin, il y eut un premier linéament de ministère d'État, sous la rubrique affaires du dedans du royaume.

La centralisation s'ébauchait; elle n'était pas encore le puissant instrument que nous connaissons; le Régent l'avait entrevue, et cela nous suffit pour établir la supériorité de vues et la domination du caractère. ' D'Ângerville, après avoir retracé coname tous les contemporains, la mort de Philippe d'Orléans, continue ainsi :

« Telle fut la fin de ce prince, dont la Régence sera mémorable à jamais, en ce que renfermant tous les germes de troubles possibles, qui ne se fécondent que trop malheureusement dans les minorités toujours agitées et tumultueuses , il les arrêta ou les étouffa par la seule force de son génie; il rendit au Parlement le droit d'examen et de remontrances ; mais en lui laissant reprendre son premier lustre, il se conserva les moyens de le contenir et d'empêcher qu'il n'abusât de cette liberté dangereuse.

« S'il ne put apaiser entièrement la fermentation occasionnée parla fameuse Bulle (excommunication contre ceux qui ne rendaient pas une obéissance entière à

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la Constitution; excommunication qui produisit peu d'effet, et, en fin de compte, fut condamnée par le Parlement), il empêcha que les disputes de la Religion n'eussent les effets funestes des siècles précédents ; il les réduisit à des appels, des mandements, et, tout au plus, à quelques éclats de foudre de la part de la puissance spirituelle, foudre impuissante , et presque aussitôt éteinte qu'allumée. Il réprima l'ambition excessive des princes légitimés, et reconnut authentiquement les droits de la nation ; il calma de la sorte une dissension intérieure, dans le sein même de la famille royale ; en acquiesçant de fait aux prétentions des princes et même de la noblesse, il ne se départit point de Tautorité qui lui était confiée, et réprima avec une égale sévérité les démarches de ces divers corps, tendantes à faire agiter des questions trop délicates. Il fie tête à l'orage violent que l'Espagne élevait contre lui, et, par la hardiesse de sa politique et de ses démarches, non-seulement il déconcerta . les manœuvres de cette puissance; mais, au lieu d'une guerre que tout annon* çait devoir être; sanglante, longue, et dégénérer en guerre civile, il fit une paix solide et glorieuse, cimenta entre les deux couronnes une amitié plutôt suspendue que violée, enfin plaça sur le Trône deux de ses filles : Mademoiselle de Montpensier, mariée au prince des Asturies, depuis Roi d'Espagne, et Mademoiselle de Beaujolais dont le contrat de mariage avec l'infant don Carlos, bientôt souverain en Italie, avait été signé le 26 novembre 1722; elle partit de Paris le i*' décembre

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pour aller en Espagne, d'où elle revint depuis en 1725, sans que le mariage eût eu lieu.

« S'il faut admirer Fart avec lequel il se conduisit dans cette négociation, que dire de sa dextérité à s'assurer de la Hollande et de l'Angleterre ? A la mort de Louis XTV, le royaume restait sans alliés^ les mêmes sentiments de haine^ de jalousie et de crainte qui avaient ligué toute l'Europe contre le feu Roy, duraient encore; on poursuivait, à Londres, les auteurs de la dernière paix, le salut de la France, et leurs Hautes-Puissances n'avaient pas oublié les humiliations qu'elles avaient reçues, et la cruelle alternative où elles s'étaient trouvées d'être la proie d'un vainqueur superbe, ou de s'ensevelir sous les eaux. Il était à craindre que ces ennemis naturels, mal réconciliés, indignés d'avoir été le jouet des intrigues de cour, ne se servissent de la circonstance favorable d'une minorité, pour les mettre à jamais hoR d'état de leur nuire. C'est dans un pareil moment que le Régent conçoit et exécute le projet audacieux de s'en former deux alliés, et de les opposer à l'Espagne, à la puissance qu'il craignait le plus alors personnellement. Nous n'examinerons point si son intérêt particulier ne le dirigea pas davantage que le bien public ; celui-ci en résulta du moins, et c'est une justice que rhistoire doit lui rendre.

« La situation déplorable des finances était une autre cause de mécontentements à laquelle il fallait remédier. Il employa, sans doute, un moyen violent, dont il n'avait pas prévu tout le danger. Enfin, il surmonta encore

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cette crise, et la fit tourner à l'avantage du corps politique, qui n'en acquit ensuite que plus de force et d'embonpoint.

« Une administration de huit années, aussi périlleuse et aussi constamment suivie du succès dans toutes les parties, est, à coup sûr, la vraie pierre de touche d'un mérite éminent. Monseigneur le Régent sera mis au rang des plus grands hommes qui aient gouverné la France.

« Ce prince avait même un esprit de détail qui ne va pas toujours avec le génie, qui l'étouffé souvent, ou que celui-ci dédaigne. Les premiers seize mois de saRégence offrent l'image d'un gouvernement sage, équitable, pacifique, semblable à celui postérieur du cardinal de Fleury. Il supprima quantité d'impôts superflus et de charges onéreuses au peuple; les troupes furent réduites à un nombre proportionné au besoin. Il adopta le projet de M. de Vauban, concernant la taille réelle^ et fit faire des essais pour établir un revenu de la couronne, que les sujets pussent payer volontiers, et qui entrât en son entier dans le trésor royal. Le repeuplement des provinces, la culture des terres, le rétablissement du commerce, la prospérité des arts fixèrent aussi son attention; mais, comme il n'y a rien de parfait dans ce monde, on lui reproche deux vices essentiels d'administration , qui ont fourni matière aux satires sans nombre qui ont flétri la sienne.

« Le premier de ces vices, c'est d'avoir déroge à cette maxime que la parole des Rois doit être sacrée, maxime que Louis XIV n'avait jamais perdue de vue dans les

plus grandes calamités de son règne; cVst d'avoir adopte pour principe de gouvernement la conduite frauduleuse de ces négociants infidèles, qui, abusant de la confiance crédule de leurs créanciers, s'en débarrassent par des moyens honteux, qui devraient les conduire au supplice, et ne s'enricliissent qu'à force de banqueroutes.

« Le second, c'est cette corruption de mœurs qu'il affichait avec une sorte d'ostentation, et dont la dcscrip- Hon, ffialheureusement trop vraie, quoique embellie de toutes les richesses de la poésie, se trouve dans les fameuses Philippiques^ satire moins délicate, mais plus énergique, que celle de Pétrone, tobleau rapide etjidèk des mœurs de la cour du Régent, d'autant plus précieux pour la postérité, qu'aucun voile allégorique ne lui dérobera les personnages.'

« On y voit que V inceste uiétne n'était qu'un jeu pour lui. En effet, si son amour pour l'abbesse de Chelles, sa fille, n'est pas bien constaté, il est difficile de se refuser de croire qu'il ait été épris des charmes de la duchesse de Berry, dont les mains, les plus belles que femme puisse avoir ^ l'avaient surtout enchaîné. Il en pleura la mort moins en père affligé qu'en amant au désespoir, i»

(Mouffle d*AngervUle. Londres, 1783.)

Arrêtons-nous. Les allégations de 1783, signées Mouffle d'Angerville, édition de Londres, appellent nos protestations immédiates , et spécialement sur deux points.

« MoHsdgncnr le Réijent^sera mis au rang des grands

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hommes qui aient gouverné la France. » — Il faut en rabattre, — et beaucoup, — M. d' Angerville ! Non, Philippe, auquel, moins que personne, nous ne voulons contester le génie diplomatique et administratif, ne fut pas un des grands hommes qui aient gouverné la France.

Philippe n'avait rien, ou presque rien, des personnages politiques qui tiennent la tête du mouvement civilisateur à toutes les époques, et qui savent façonner leurs contemporains d'après une conception morale ou sociale adaptée aux circonstances qu'ils traversent , en les dominant par leur volonté opiniâtre; — il n'était ni Sully, ni Richelieu, ni Colbert, ni Louvois, qui fit cependant trop de concessions à la Royauté absolue, ni Vauban, considéré comme économiste, et l'un des premiers en date, ni le sage Turgot, ni V organisateur de la Victoire Camot, ni l'Anglais patriote Pitt, ni l'unitaire comte de Cavour, ni le fondateur Washington, ni les chefs de parti britannique, centre et opposition, Fox, Burke, Shéridan, animés des intentions les plus généreuses, les plus patriotiques, ni Pierre de Russie, un fondateur comme le héros américain, ni Thiers, le réparateur des désastres immérités de 1870, l'éloquente voix, sans cesse refoulée par les mamelucks de la majorité à la solde du pouvoir, citoyen qui a fait pour la France ce qu'aucune Monarchie n'eût pu réaliser, et qui a su descendre du pouvoir avec une simplicité qui ne fut pas sans héroïsme, — et une foule d'autres que nous pourrions citer.

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Homme de larges conceptions , entrevues plutôt qu'approfondies, entre deux parties de plaisir, le Régent fut au-dessous de son rôle ; avec la ténacité (iroide d'un Richelieu, ou le talent lumineux de Colbert, ou l'entente universelle des affaires commerciales et diplomatiques de l'éminent M. Thiers, il pouvait ouvrir — en 171 5 — une ère de prospérité sans pareille dans les annales de la France ; les hautes classes, tenues en suspicion, n'ayant plus les petits voyages à Marly, les réceptions de Versailles, aspiraient au plaisir, aux distractions de toute nature, — mais le patriotisme les eût facilement ramenées à une plus noblej)erception du devoir; ^—Philippe ouvrit les écluses de la débauche, et la réaction, imminente dès 1700, qui devait entraîner les jeunes seigneurs après les années d'étiquette religieuse de la Maintenon, se produisit avec une fougue, un entrain, une passion, qui ne gardèrent aucune mesure. Toutes les digues furent rompues.

Et, dès ce jour, la fin de la Monarchie ne fit plus question pour les observateurs attentifs; l^Mam, Thécd, Phares de la fatalité s'inscrivit de lui-même |ur les panneaux dorés de Versailles ; on comprit que tout se bornerait désormais à une simple supputation d'années. La Révolution n'allait plus tarder beaucoup ; soixantequatorze années séparaient seulement la Monarchie du payement intégral de sa dette !

Le Régent fut personnellement un homme supérieur; il ne fut pas un gouvernant hors ligne; l'ardeur et la continuité politiques lui manquèrent. Le placer auprès

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des ministres illustres cités plus haut serait faire mentir l'histoire ; ici, nous n'ajouterons qu'un mot, un mot significatif dans son laconisme : Non possumus I

Quant à l'inceste, c'est le non volumus qu'il faut employer ; nous avons vidé le débat au chapitre Régent ; nous n'y rentrerons pas. En l'absence de preuves positives, nous nous abstenons, laissant à chaque conscience le soin de se prononcer; ce qui touche aux mœurs exige un respect, une circonspection particuliers, — on le comprendra.

Nous avons fait connaître l'opinion en 1783 et en 1795 ; nos réserves sont entourées de nombreux considérants ; en l'absence de preuves, l'histoire s'abstient. L'histoire ne connaît pas les circonstances plus ou moins atténuantes.

Écrivain sans attaches officieuses, n'étant retenu par aucune amitié de parti, ne reconnaissant d'autre influence que la vérité pour tous, nous sommes pleinement à Taise ; nos coudées restent franches; et nous pouvons dire, en nous dégageant du milieu qui nous occupe, avec i^i orgueil dont la légitimité ne sera point contestée :* plus haut les intelligences, plus haut les cœurs!

{LAnmtateur de iSyS»)

Nous revenons à la remise du pouvoir entre les mains du Roi Louis XV; les moindres particularités sont précieuses, quand il s'agit d'un interrègne aussi important, aussi concluant, auss^i désastreux.

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Sur ce point, l'annotateur de 1858 s'exprime comme suit : « Le 2 décembre 1723, le duc d'Orléans rentrait dans son cabinet tenant à la main, par une singularité remarquable, la dédicace d'un livre que l'auteur lui adressait de son lit de mort. C'était une Histoire de la danse sacrée et profane, par Bonnet, que l'abbé Richard venait de lui remettre. V apoplexie le frappa devant sa cheniinie, et sa tête tomba sur les genoux de la duchesse de Phalaris, qui était assise auprès de lui, Oest ainsi que finit, d'une façon trop digne de sa vie, ce prince spirituel et gétiéreux, auquel il ne manqua pour être grand QUE DES VERTUS DE PJ(INCE. Il mourut les yeux fixés sur un livre frivole, et tomba entre les bras de son confessettr ordinaire^ comme le dirent les plaisants de l'époque. Du reste, jamais mort subite ne fut plus prévue. Depuis plus d'un an, le duc d'Orléans l'attendait en la bravant, et dès le mois d'août 1720, des Anglais avaient ouvert des paris sur la prochaine mort du Régent, qui se contenta de dire à ce propos : Cela réveille ceux qui dorment, et qui n'en prit pas une précaution de plus. »

(Édition de 1858.)

Duclos, page 359, Édition Didot, consacre quelques lignes importantes à la mort du Régent ; nous les rappelons :

« Le duc d'Orléans parut d'abord vouloir se livrer au travail ; mais sa paresse et la dissipation lui firent bientôt abandonner les affaires aux secrétaires d'État, et il continua de se plonger dans sa chère crapule» Sa santé s'en

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altérait visiblement, et il était la plus grande partie de la matinée dans un engaurdissetnent qui le rendait incapable de toute application. On prévoyait que, d'un moment à l'autre, il serait emporté par une apoplexie. Ses vrais serviteurs tâchaient de l'engager à une vie de régime, ou du moins à renoncer à des excès qui pourraient le tuer en un instant. Il répondait qu'une vaine crainte ne devait pas le priver de ses plaisirs ; — cependant blasé sur tout, il s'y livrait plus par habitude que par gotlt. Il ajoutait que, loin de craindre une mon subite, c'était celle qu'il choisirait. » (Sic.^

Il y avait déjà quelque temps que Chirac, voyant à ce prince uô teint enflammé et les yeux chargés de sang, voulait le faire saigner. Le jeudi matin , 2 décembre 1723, il Ten pressa si vivement, que le prince, pour se délivrer de la persécution de son médecin , dit qu'il avait des affaires urgentes, qui ne pouvaient se remettre; mais que, le lundi suivant, il s'abandonnerait totalement à la Faculté, et jusque-là vivrait du plus grand régime. Il se souvint si peu de sa promesse, que ce jour-là même il dina, contre son ordinaire, qui était de souper, et niangea beaucoup suivant sa coutume ^

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