‹ Les PhilippiquesChapitre 75 sur 121 · Qu'une main vénale — Le P. d'Aubenton · texte numérisé non relu

Qu'une main vénale — Le P. d'Aubenton

jésuite, confesseur de Philippe V, Roi d'Espagne.

Version de 1795 :

Tels sont les pièges

Qu'un directeur vénal te tend.

« Le P. d'Aubenton, jésuite et confesseur du Roi d'Espagne, que le Régent gagna, d'abord en donnant l'abbaye de Brantôme à son neveu, puis en convenant expressément avec lui (ce que La Grange-Chancel veut dire par le vers de cette strophe,) que sa Compagnie serait rétablie dans le privilège presque exclusif dont elle jouissait de donner un confesseur au roi de France, fonctions dont elle avait été privée après la' mort de Louis XIV *. En effet, le jésuite Linière remplaça bien tôt l'abbé de Fleuri. — Le nom de ce P. Linière, bon homme, dit Voltaire, « heureusement moins connu que Letellier et Lachaise, » est sauvé de l'oubli par ces vers de La Pucelle, variantes du chant XIII :

O Rambouillet, asile du mystère, Meudon, Choisy, réduits délicieux, Que les Plaisirs, les Amours et les Jeux Ont si souvent préférés à Cythère, Sur vos secrets, censurés par Linière y Et respectés de son prudent recteur.

Ma chaste Muse est forcée à se taire,

1 Le dernier confesseur du Roi Louis XIV fut, on ne Ta pas oublié, ce père Le Teilier, qui déserta le lit de mort ; il fallut

ODE aUATRiÈME. 381

M. de Lcscure, à propos du P. d'Aubenton, cite Lcmontey (tome I, chapitre xii, page 422).

« Le père d'Aubenton montrait en Espagne jusqu'où peut s'étendre, sous un prince faible, ce ministère secret et sans limites qui, avec un art médiocre , transforme en cas de conscience toutes les questions politiques, prosterne le maître aux genoux du sujet, et règne tour à tour par l'insinuation et par l'autorité. Dubois jugea sainement de la puissance du jésuite et ^e la manière de le séduire. Ce vieillard, d'un caractère doux et modeste, d'un esprit commun, mais trempé dès longtemps dans les manèges de sa profession, conservait un cœur, français et une seule passion : celle de V agrandissement de sa société. Dès qu'on lui laissa entrevoir pour elle le triomphe de la Bulle et la restitution du confes^sionnal du jeune Roi de France, il travailla sans relâche, non-seulement à l'alliance des deux royaumes, mais au triple mariage, qui ne tarda pas à unir les maisons d'Espagne et d'Orléans. »

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