Les deux Philippes Le mariage de l'infante
avec Louis XV, et celui des princesses, filles du duc d'Orléans, avec le prince des Asturies et don Carlos, rétablirent l'union entre les deux Puissances. Le Roi do France épousa depuis la Princesse de Pologne.
Version de 1795 : « Mariages arrêtés par les deux cours, entre le jeune roi Louis XV et l'infante d'Espagne, le prince des Asturies et mademoiselle de Montpensier, l'infant don Carlos et mademoiselle de Beaujolais, filles du Régent. Le premier et le dernier de ces mariages n'ont pas eu lieu. »
M. de Lescure, l'annotateur de 1858, édition Poulet-Malassis, cite un passage de Lcmontey, tome I, chap. Xn, que nous reproduisons : « Tandis que la banque et la peste associaient leurs ravages, le Régent travaillait à conjurer un troisième fléau par la réconciliation de l'Espagne. Il n'avait, à la vérité, combattu qu'à regret, mais Philippe V n'avait signé la paix que par force... C'est alors que Dubois, assuré de la confiance de son maître par d'importants services, résolut de conquérir,- comme alliée, cette Cour qu'il avait déconcertée comme intrigante, et vaincue comme ennemie... Ce n'était pas la première fois que le Régent séparait ses intérêts de ceux de l'État, et dans cette cir-
constance, tout ce que la France perdait par d'aveugles traités, la maison d'Orléans le regagnait par des mariages. La politique devenait en quelque sorte domestique... L'infante, âgée de quatre ans, épousait Louis XV, qui en avait douze, et elle venait recevoir son éducation en France. Un mariage dont les fruits devaient être si tardifs, laissait pour longtemps au %égent l'espoir de succéder au trône. . . Le second mariage entre la fille du Régent (mademoiselle de Montpensier) et le prince des Asturies, n'était pas d'une politique moins habile que celle du Roi... La princesse fut échangée avec l'Infante dans l'île des Faisans *. On observa que la maison élevée pour cette cérémonie toute fraternelle, fut construite des mêmes bois que peu de temps auparavant la haine avait enlevés du port du passage, le fer et la torche à la main... On tâcha aussi d'enchaîner l'avenir par un troisième mariage entre deux enfants, mademoiselle de Beaujolais, fille du Régent, et don Carlos, second fils de Philippe V. » (Lemontey.)
a C'est bien le cas de répéter avec Barbier : « M. le « Régent ne s'endort pas sur l'établissement de ses en- « fants. » (Août 17 12.) Tous ces événements se succédèrent à partir d'octobre 1721. » (De Lescurc.)
* Pourquoi pas des Faiseurs : ce serait peut-être aussi vrai, quoique moins historique ! La (Uphinatie est Varl de se irompcr en termes courtois, a dit quelqu'un qui était passé maître dans la matière, le prince de Talle>Tand ; ce mot souligne encore notre expression et lui donnç du relief.
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