‹ Les philosophes classiques du XIXe siècle en FranceChapitre 23 sur 54 · Cours de · texte numérisé non relu

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3. Par exemple, la philosophie indienne. Son plus fidèle élève, M . Saisset, a réfuté à l'École normale la théorie des quatre systèmes.

vre la seconde; il entre peu à peu dans le spiritualisme, philosophie d'un orateur.

Quelle différence y a-t-il entre un philosophe et jn orateur? Un philosophe cherche à trouver et à trouver des vérités générales, rien de plus. Il aime a science pure, et ne s'occupe pas de la vie praique; il ne songe pas à réformer le genre humain. 1 pense à la morale, mais comme il pense à la chinie; la morale, comme la chimie, n'est qu'une ;cience particulière; il ne s'y attache que parce qu'elle est une partie de l'encyclopédie qu'il contruit, ou une application de la méthode qu'il dé- ;ouvre ; il ne lui soumet pas les autres sciences ; il 16 fait pas d'elle le but de ses recherches, ou la )ierre de touche de ses doctrines. Il est logicien ou nétaphysicien , à toutes les minutes et jusqu'au >out de sa vie, et il n'est pas autre chose. Hegel rouve une méthode de construction, et conçoit une louvelle idée de l'univers; il applique cette méhode aux mathématiques, aux sciences physiques, L toutes les parties de l'histoire naturelle, à la psy- •.hologie, à l'histoire, à toutes les sciences morales, i toutes les sciences humaines, et meurt en cou-

struisant. Condillac trouve une méthode d'analyse, et définit d'une façon nouvelle la nature des idées générales et des signes. Il écrit vingt ouvrages qui sont l'explication et l'emploi de cette méthode. Chaque année sa définition devient plus claire* Il finit par composer la Langue des calculs, son chefd'œuvre, expression définitive de sa découverte, et meurt en achevant le premier volume. Un instinct intérieur et invincible pousse l'araignée à fabriquer éternellempnt des toiles ; une conformation d'esprit indestructible et toute-puissante contraint le philosophe à éclaircir et prouver sans cesse l'idée qu'il s'est faite de la science et de l'univers.

Au contraire, l'esprit de l'orateur est tout pratique. Gicéron a traversé la métaphysique des platoniciens et des stoïciens, mais il n'a fait que la traverser; c'est que ces spéculations n'ont qu'une utilité médiocre, lointaine et douteuse. Il n'a guère étudié que la philosophie pratique, qui est la morale. Celle-là lui servira dans ses plaidoiries; elle lui fournira la théorie du juste et de l'injuste; elle élèvera son accent, elle ajoutera de l'autorité à sa parole, elle soutiendra son éloquence, elle lui con cillera son auditoire, elle le munira de phrases sublimes. Aussi supposez qu'un orateur, un beau jour, par entraînement, par imagination, parj^Minesse, se soit trouvé panthéiste. L'âge le refroidit et le mûrit. Son ressort primitif, qui est le besoin

d'éloquence, peu à peu se relève. Un orateur aimu le bon style. Le nôtre éprouvera du dégoût pour le style barbare et les effrayantes abstractions de Hegel. Un orateur aime à parler sur la vertu, et fait volontiers la leçon aux hommes. Le nôtre s'écartera insensiblement d'une philosophie qu'on accuse de confondre le bien avec le mal, et de justifier les crimes en les déclarant nécessaires. Un orateur se conforme volontiers au sens commun, et accepte pour gouverner les hommes les croyances qui gouvernent le plus grand nombre des hommes. Le nôtre prendra en aversion une métaphysique qui fait de Dieu non un roi et une personne, mais une loi abst! aite et une force fatale, et qui remplace l'immortalité de rindividu par l'immortalité de la civilisation ou de l'espèce. Peu à peu il éprouvera de l'horreur pour ses anciennes opinions; quand il relira ses propres livres, il ne voudra pas les reconnaître, il ne pourra se persuader qu'il ait professé une philosophie si » détestable. » Il supprimera sans le dire une phrase décisive; il interprétera les autres comme il pourra; il se réfugiera derrière l'obscurité des termes; il fera croire au public qu'entre ses deux philosophies, il n'y a qu'une différence de style. S'il expose de nouveau sa doctrine, il ira chercher un de ses plus anciens cours, celui de 1817, pur de tout panthéisme , par cette excellente raison qu'à ce moment le pantliéisme

était encore ignoré de l'auteur*. Il le corrigera pour plus de sûreté, et y joindra, pour Fédification du lecteur, la plus étonnante préface qu'un philosophe ait jamais écrite.

En voici le sens : Je ne suis pas philosophe, je suis prédicateur. Je n'apporte ni une vue nouvelle sur la nature des êtres, ni une vue nouvelle sur la méltiode des sciences; j'apporte une exhortation à la vertu. Ma philosophie n'est pas une ouvrière de science, c'est un instrument de morale. Son but n'est pas de découvrir le vrai, quel qu'il soit, mais de faire des honnêtes gens, quoi qu'il en coûte. « Son caractère est de subordonner les sens à Tes prit, et de tendre, par tous les m.oyens que la raison avoue, à élever et à agrandir l'homme. » Elle n'est pas seulement une doctrine, elle est « un drapeau. » C'est « une cause sainte, » et il y a bientôt quarante ans que « je combats » pour elle. On la reconnaît en ce qu'elle est « l'alliée naturelle de toutes les bonnes causes. Elle soutient le sentiment religieux, elle seconde l'art véritable, la poésie digne de ce nom, la grande littérature; elle estl'appui du droit; elle repousse également la démagogie et la tyrannie; elle apprend à tous les hommes à se respecter et à s'aimer. » Pour mieux prouver que la science m'est indifférente, et que je ne me soucie que de

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