L. I, ch. 1, page
sard, il écarte cette question comme étrangère au principal objet de ses recherches.
Quand deux faits n'ayant entre eux aucune liaison nécessaire coïncident souvent, la notion vague et peu philosophique du hasard ne suffit plus, il faut recourir à une autre, c'està-dire à la cause efficiente. Si tous les jours, pendant plusieurs mois de suite et au même endroit, une pierre tombe sur moi, il est évident que je ne puis pas voir un effet du hasard dans un phénomène si souvent répété. C'est même l'impossibilité où se trouve l'esprit humain d'expliquer, par le hasard, des faits se représentant souvent, qui amène quelques-unes des plus belles découvertes scientifiques. Lorsque les faits arrivent invariablement, nous concluons à l'existence d'une loi.
Constater le principe de causalité n'est pas résoudre le problème des causes finales. Tout phénomène a une cause, fort bien; mais à son tour, le phénomène, pourquoi s'est-il produit? La cause a-t-elle un but ou agit-elle aveuglément? Telle est la question. Lorsque la cause entre en activité pour réaliser des effets futurs, le principe de causalité ne suffit plus pour expliquer les combinaisons dont le résultat doit être un effet futur. Prenons un exemple. L'estomac digère les aliments, mais
comment se fait-il que l'estomac qui digère la viande ne se digère pas lui-même, car il est de même nature que les autres aliments ? La nature a prévu la difficulté en enduisant les parois de Testomac d'un vernis particulier qui le met à Tabri de l'action des sucs gastriques K Est-il possible de ne pas voir là un but en rapport avec les fonctions que l'estomac est appelé à remplir?
N'y reconnaître qu'une coïncidence fortuite, c'est dire que deux personnes parlant, l'une anglais et Tautre russe, « peuvent cependant « causer ensemble, en vertu des circonstances « heureuses qui font que le discours de l'un « se trouve être précisément la réponse à la a question de l'autre (ibid) ^. »
Or, dans les effets produits par la nature, on constate, comme pour l'estomac, des précautions analogues; on doit donc lui attribuer un but d'où il résulte que « le critérium cherce ché de la cause finale, c'est la coïncidence (( du présent avec le futur ^. » Remarquez que nous ne considérons Teffet comme but que lorsqu'il nous a été impossible d'admettre la