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G'est-à-dire se forger les organes nécessaires à son accroissement et à sa conservation. Pendant quelque temps le germe « oscille entre la vie et la mort », mais il finit par trou ver le milieu propre à son développement. Donnez-nous le germe et le milieu, et tout est expliqué.
Fort bien, mais d'où vient le germe et qui le met dans son milieu ? S'il oscille entre la vie et la mort, comment se fait-il que, la plupart du temps, il tombe dans le milieu qui lui permet de se développer; car enfin les espèces se perpétuent depuis des siècles ? Comment se fait-il que, dans ce milieu, il choisira précisément ce qu'il lui faut pour se développer? Si une force aveugle préside seule à cette formation sourde et mystérieuse du germe, il est bien étonnant qu'elle produise des résultats aussi compliqués, aussi parfaits que l'organisme de la plante ou de l'animal. Si, voulant faire une locomotive, vous jetez le minerai dans la fournaise, pensez-vous que la machine en sortira ? Vous avez tout ce qui vous est nécessaire, le feu et le fer. 11 ne vous manque qu'une seule chose , mais sans laquelle la locomotive ne se fera jamais : l'idée qui groupe les éléments d'après un plan préconçu. C'est cette idée que M. Robin élimine, aussi toutes ses explications se réduisent, au
fond, à cette proposition : Jetez du minerai dans un haut fourneau, il en sortira une loco^ motive ou tout autre machine.
M. P. Janet fait au chapitre v la contreépreuve de sa thèse. Jusqu'à présent, il a expliqué tous les faits par Tintervention de la cause finale ; il prend maintenant la doctrine diamétralement opposée : le mécanisme. Il met les deux thèses dans la balance et il cherche de quel côté le bon sens et la logique font pencher le plateau. L'auteur du beau livre: les Causes finales^ fait preuve ici d'une grande force de démonstration et la clarté de son exposition est remarquable. Il est généreux envers ses adversaires qui ne pourront pas lui reprocher d'avoir affaibli leur système pour se donner ensuite la joie d'un triomphe facile.
Les défenseurs des causes finales croient pouvoir accepter cette proposition : la concordance merveilleuse des phénomènes indique un but prévu par une intelligence qui fait converger les phénomènes vers une fin. Or, voici des exemples frappants de concordances qui s'expliquent par des causes purement physiques.
D'abord , l'hypothèse cosmogonique de Laplace^