‹ Les philosophes contemporains IChapitre 231 sur 244 · Voir le Temps du 4 mai · texte numérisé non relu

Voir le Temps du 4 mai

Schopenhauer avant d'arriver à l'expositian de sa proposition : la volonté s'affirme.

L'homme n'est donc qu'un phénomène, une apparence fugitive de la chose en soi, et dès lors, il n'a pas à se préoccuper de la vie ou de la mort, simples accidents où il n'a rien à voir. La chose en soi veut vivre, cela doit lui suffire, et sa mort, ne diminuant en rien la vitalité de la volonté, il n'a pour s'en consoler « qu'à « jeter un coupd'œil sur l'immortelle nature: « cette nature, au fond, c'est lui*. » Quand nous ne serons plus, le monde n'en continuera pas moins son petit train, il n'y aura rien de changé, pourquoi donc tant redouter la mort? Au fond d'ailleurs, qu'est-elle? Une excrétion plus abondante que les excrétions quotidiennes, rien de plus : « Si nous savons (( nous contenter de conserver notre forme sans (c porter le deuil de la matière que nous aban- « donnons, nous devons en faire autant quand « la mort vient nous imposer un abandon plus « étendu, total même, mais tout semblable à « celui que nous subissons chaque jour, à cha- (( que heure, par la simple excrétion. Devant « l'un nous sommes indifférents, pourquoi « reculer d'horreur devant l'autre. » Consolation vraiment philosophique ! Pour nous faire accepter la mort, il est une doctrine qui

Page 1