‹ Les philosophes contemporains IChapitre 58 sur 244 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'idée mère du livre de M. Vacherot est l'union de la métaphysique et de la science. La métaphysique doit devenir scientifique et la science doit se faire métaphysicienne. Mais où trouver une métaphysique disposée à cette alliance? On a passé en revue tous les systèmes, depuis Platon et Aristote jusqu'à Aug. Comte et M. Littré, et on a rencontré tantôt une métaphysique antiscientifique et tantôt une science en garde contre la métaphysique. Il faut cependant les unir, l'avenir de Tune et de l'autre dépend de là : voici le sanctuaire où leur hymen va se célébrer: « La métaphysique « est moins une science qu'une vue supé- « rieure de la science. Elle ne nous instruit « d'aucune réalité, grande ou petite; loi ou <c fait, loi universelle ou loi particulière; elle « ne sert qu'à ramener à leur principe les

« vérités perçues par la science et déjà comte prises par la philosophie. La définition la « plus simple et la plus précise qu'on puisse (c en donner, c'est la piston des choses dans (( l'unité^. »

Au commencement de cette étude, nous avons donné une autre définition, mais laissons la sienne à M. Vacherot, demandons-lui seulement où est cette unité des choses? Que la philosophie donne aux sciences leurs principes, que la métaphysique domine à son tour les principes scientifiques et que la gradation, science , philosophie , métaphysique , soit exacte, nous ne le contestons pas, mais c'est Cette unité des choses qui nous préoccupe. Quelle est-elle? Est-elle seulement une vue d'ensemble respectant la distinction €t l'individualité des êtres, ou bien est-elle une unité substantielle, un tout dont les choses ne sont que la manifestation? S'il en est ainsi, l'union de la métaphysique et de la science est toute naturelle, puisqu'elles ont l'une et l'autre un objet identique, que la science envisagera comme partie et la métaphysique comme tout. C'est évidemment le sens de M. Vacherot; dans son désir de réaliser Tunion delà métaphysique et de la science, il n'assigne à la connaissance humaine qu'un objet, le tout.

Page 1