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L'union est faite, mais elle coûte cher à la métaphysique et à la science :
« Rien n'engendre réellement, dans le trace vail de la nature, que la nature elle-même, <c ou plutôt que l'Être universel, le Dieu vice vant dont la nature n'est que la manîfesta- « tion extérieure. Les phénomènes, les êtres, « les règnes, les époques se succèdent, mais « ne s'engendrent pas. Chaque progrès d'un « être à un être, d'un règne à un règne, d'une « époque à une époque ne peut s'expliquer « que par le développement d'une puissance « nouvelle, cachée dans les profondeurs de <c l'Etre universel, et qui arrive à l'expan- « sion, à son heure, après une certaine préce paration. Faites abstraction de ce principe, « et réduisez Tunivers à une simple multicc tude d'individus juxtaposés dans l'espace, « il ne vous est plus possible de comprendre « les évolutions progressives de la nature. « Vous êtes condamnés à l'une ou à l'autre « de ces deux absurdités : ou chercher le « principe du nouveau phénomène dans un « antécédent qui ne le contient pas, comme « fait le matérialisme, ou faire intervenir à « tout propos la puissance créatrice d'une « cause en dehors de la nature. Mais restituez « aux éléments de la vie universelle leur « unité, leur substance, leur être commun ;
« alors les évolutions, les transformations, « les progrès de la nature s'expliquent sans « qu'on soit forcé d'en chercher ailleurs le « principe, par le simple développement de « l'être cosmique aussi inépuisable dans son « activité créatrice qu'infinie dans son a étendue*. »
Dans une page précédente (Sog) on avait dit : « rÊtre infini n'est pas un être distinct <c des êtres finis, concevant et créant son « œuvre à un moment déterminé. La vie « universelle est son acte nécessaire, sa réa- « lité intime et identique avec son essence. » Il n'y a donc qu'une essence, qu'une vie, qu'une substance, qu'une réalité, qu'un être, en un mot : l'être cosmique. Dans ces conditions, l'union de la métaphysique et de la science n'est pas difficile, elles n'ont et ne peuvent avoir que le même objet, puisqu'il n'y en a qu'un.
M. Vacherot vient d'appeler l'Etre universel, le cosmos, le Dieu vivant. Ne pourrions nous pas lui renouveler le reproche de panthéisme, reproche qui lui est si pénible et qu'il repousse comme une calomnie. Il semblerait que non : « Gardons précieusement, dit-il 2, « la distinction de Dieu et du monde, car ce