SCÈNE QUATBIÈME
pas autant?... Est-ce qu'une sœur ne peut pas donner la main à son frère?
MARIAN^fEy se levant pour cacher son embarras *.
Il est arrivé quelque chose à madame Rimblot, à coup sûr, elle tarde trop a revenir.
KARL
Vous ayez donc bien hâte de pattir?
MARIANNE
On doit m'attendre au château.
KARL
Vous disiez que vous ne craigniez rien...
MARIANNE
Sans doute, le motif qui m'amenait était si pur, si désinté -
KARL
Eh bien ! à présent, n'est-ce pas la même chose ? que vous reprochez -vous?
Rien, et cependant... il me semble que je fais mal.. .
KARL
Non, Marianne, vous avez bien fait. Et pourtant, comment vivre à présent sans vous? Vous me dites que je ne pourrai aller au château tous les jours.... Queferai-je donc, les jours, où je ne vous verrai pas? Je penserai que d'autres vous
voient, et cela me fera souffrir Je vous le jure, Marianne,
cela me fera souffrir.... beaucoup.
MARIANNE, vivement.
Oh ! ne craignez rien, dès aujourd'hui, et plutôt que de vous causer la moindre peine, je les congédierai tous impi* toyablement
KARL
Ah!,.. (Il porte la main à son cœur et cherche à maîtriser son émotion, Marianne baisse les yeux avec un peu de confusion. — Un silence.) SaVeZ"
Vous à quoi je pense, Marianne !
* Karl, Marianne.
MARIANNE, agitée.
Non... parlez... Moi aussi, j'ai mille idées qui se pressent conlusément dans ma tête... et que je ne puis exprimer.
KARL, tinudement. |
Je pense... que vous disiez tout à l'heure que vous ne faisiez jamais que votre volonté, et qu'à présent... vous faites la mienne.