‹ Les philosophes de vingt ans: proverbe en un acteChapitre 15 sur 17 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

MAKGU£K1T£:.

Comment donc est-elle venue ici?.. . Est-ce que c'est Noël qui Ta apportée?

KARL

Justement, Marguerite, elle est tombée du ciel !

MARGUERITE

Vous avez donc été bien sage, comme moi?

MARIANNE, attii*ant Marguerite vers elle, et se iMÛssautà sa Uauteui*.

Il est donc bien sage, ton bon ami.

MARGUERITE

Mais oui^ madame ; et puis il est très-bon pour ma petite mère et mon petit père, car ils disent toujours que sans lui...

KARL

Tu ennuies madame, Marguerite.

MARGUERITE

N'est-ce pas, madame, que je ne vous ennuie pas? (Maiiaaue l'embrasse.) Regardez un peu ma fille^ comme elle est belle! j'en aurai bien soin, allez ! comme ma petite mère a soin de moi.

MARIANNE

Elle t'aime doue bien?

MARGUERITE

Oh ! oui ! et mon petit père aussi ; il disait l'autre jour : Toi, petite, je ne te donnerais pas pour cent mille florins. Alors maman s'est approchée de lui et elle l'a embrassé... Et vous, madame, vous n'avez pas de petite fille?

Marionae se relève.

KARL

Marguerite, je vais te renvoyer... tu es une petite bavarde

MARGUERITE, ù Kai-1.

J'ai donc dit quelque chose de mal?... (a Mariauue.) Madame, demandez pardon pour moi à mon bon ami.

MARIANNE

Karl... qu'est-ce que vous avez?

KABL.

Rien...

MARIANNE, allant s'asseoir sur le grand {aiiteuU*

Viens sur mes genoux, Marguerite.

MARGUERITE

Je veux bien ! (Elle place sa poupée derrière Marianne, sur le fauteuil.)

Tous les soirs, je me mets sur les genoux de maman, comme

ça... (Elle s'assied sur les genoux de Marianne.) DiteS-moi, madame,

Faime^ vous autant que moi, mon bon ami?

KARL, s'approchant.

Non, Marguerite, elle ne m'aime pas.

MARGUERITE

Ah! ça n'est pas bien, ça! Vo3ez-vous, il a Tair triste comme moi, ce matin, quand j'ai vu que la grande poupée n'était pas là!... (a Marianne.) Dounez-moi votre main... (a Kari.) Et vous aussi, mon bon ami!...

Elle réunit le*^ deux mains, puis lève la tète et les regarde. KARL et MARIANNE.

Chère enfant!...

Us l'embrasseuttous deux, ensemble. Karl, dont le virago & touché coLiU de Marianne, se relève ému. Marianne cache sa rougeur eu donnant de nouvelles caresses à Marguerite.

MARGUERITE

Tiens, VOUS avez fait comme papa et maman, vous m'avez embrassée tous les deux à la fois !. .. (se touchant le front.) Tiens!... il est tombé une grosse larme sur mon front ! (Regardant MArianua puis Karl.) Mon bon ami, elle pleure, la dame, vous lui avez donc fait du chagrin? (Kari se détourne sans répondre.) Madame?...

(Marianne cache son visage.) Eh bien! VOUS ne m'S parlez pluS?...

Puisque c'est comme ça, je vais aller jouer avec ma fille !

Elle descend, prend sa poupée, et va jouer dans l'angle droit, au fond, près de la l)ibllotUèç[uo.

KARL, se rapprochant de Marianne, qui se tient le regard baissé.

Ce baiser involontaire donné sur le front de cette enfant, pardonnez-le-moi, Marianne... Mais ce moment, si court, renfermait bien du bonheur ! J'ai entrevu en un instant tout ce que Texistencepeut donner de joie entre une femme aimée

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