‹ Les philosophes francais du 19. siecleChapitre 5 sur 66 · Reid, t. II, p · texte numérisé non relu

Reid, t. II, p

■eiqifeod-by Coogle

M. ROYER-COLLARD

trois ans, défaisant l’ouvrage des autres, et creusant de toute sa force, au milieu de la route, un mauvais trou.

Quel trou? la théorie de la perception extérieure.

Si on l’en croit * , Descartes , Malebranche , Leibnitz, Locke, Hume, Condillac, etc., bref, tous les philosophes modernes, ont admis des idées représentatives, sortes d’êtres interposés entre l’esprit et les objets, ayant de la ressemblance avec les objets, présentant à l’esprit l’image des objets, et fournissant à l’esprit, qui ne peut pas sortir de soi ni apercevoir les objets directement et en eux-mêmes, les moyens de les apercevoir indirectement et dans un portrait’. M. Royer-Collard regarde cette opinion comme une supposition non prouvée ; car personne n’a jamais vu de telles idées , et celles que nous découvrons en nousmêmes, bien loin d’être interposées entre nos pensées et les objets , ne sont que nos pensées elles-mêmes. Supposition inutile : car ne voyant que des portraits, nous ne pouvons savoir si le portrait ressemble à l’original. Supposition contradictoire ; car de deux choses l’une ; si les idées

Page 1