Mélanges, p
M. JOUFFHOY MORALISTE.
En effet, reprenez ces premières propositions: « Tout être a une tin. » Gela signifie maintenant : « En créant un être Dieu a eu quelque but en vue, » Je n’en sais rien*, ni vous non plus. Nous ne sommes point ses confidents. Il faut une témérité de théologiens pour lui prêter des habitudes d’architecte, et surtout pour tirer de ces habitudes une morale. Vous n’avez point cette témérité ; vous déclarez expressément* que la morale ne dépend pas de la théodicée ; qu’on conçoit le bien sans concevoir Dieu ; que le « principe de finalité » est un axiome primitif, et non une conclusion théologique. Ainsi traduit, non-seulement il est douteux, mais encore vous le rejetez. Or, il faut le traduire ainsi pour qu’il puisse fonder votre morale. Qu’est-ce donc que votre morale va devenir?
« La fin d’un être est son bien. » Cela signifie maintenant : «En créant un être, Dieu se propose un but qui est le bien de cet être. » Je n’en sais rien, ni vous non plus; il y a pis, beaucoup de gens croient le contraire. De grands théologiens ont prétendu que le chien est fait pour nous servir, le bœuf pour nous nourrir, les fleuves pour nous abreuver , le soleil pour nous éclairer. Vous trouverez ce détail tout au long dans Fénelon. Male-