Rapport du pliysique et du moral, p
Ainsi métamorphosé, il a réfuté par une équivoque le scepticisme, doctrine immorale; réduit la psychologie à l'étude de la raison et de la liberté, seules facultés qui aient rapport à la morale ; déflni la raison et la liberté de manière à servir la morale; prescrit à l'art l'expression de la beauté morale; institué Dieu comme gardien de la morale, et fondé l'immortalité de l'âme comme sanction de la morale. Ainsi accaparé, il a supprimé la philosophie philosophique, laissant entières les objections anciennes, répétant les démonstrations anciennes, effaçant les questions de science, réduisant la science à une* machine oratoire d'éducation et de goyvernement.
Cette préférence pour la morale a rassemblé toutes les recherches de M. Jouffroy autour du « problème de la destinée humaine. » Elle a perverti sa réponse par une équivoque^ involontaire, et l'a arrêté sur le seuil, dans un préjugé théologique d'oii il n'est point sorti.
Ce goût pour l'abstraction a persuadé à M. de Biran de transformer en substances les forces, simples qualités ou rapports abstraits, de considérer la volonté comme l'âme , de changer l'étendue en une apparence, et de ressusciter les monades de Leibnitz.