‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 22 sur 104 · LES CONCEPTS · texte numérisé non relu

LES CONCEPTS

Xénophane proclama L'unité de l'être total. Mais cette affirmation semble n'avoir pris qu'après lui à Elée un sens plus clair et plus profond qui intéresse vraiment l'histoire de la pensée réfléchie. C'est pourquoi laissant Xénophane, qui fut d'ailleurs un poète plus qu'un savant, nous aborderons sans tarder Parménide Zenon et Mélissus.

Avant tout, ce qu'il faut noter chez Parménide c'est cette distinction, que nous avons mentionnée, entre le domaine de la Vérité et celui de VOpinion, Les fragments qui nous restent de son poème l'indiquent assez clairement : « Il faut que tu apprennes toutes choses ,

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et le cœur fidèle de la vérité qui s'impose, et les opinions humaines qui sont en dehors de la vraie certitude... )) D'où deux séries de réflexions, l'une se rapportant à la vérité, l'autre à l'opinion. La première se termine par ces mots : (( J'arrête ici le discours certain, ce qui se pense selon la vérité ; apprends maintenant les opinions humaines ; écoute le décevant arrangeriient de mes vers. » Et, plus loin, après avoir nommé les deux principes, feu éthéré, nuit obscure, il dit (( Je vais t'en exposer l'arrangement suivant le vraisemblable* )). — Ainsi, aux yeux de Parménide, il est deux modes de connaissance, l'un par lequel nous atteignons à la vérité absolue, l'autre, incomplet, insuffisant, trompeur, ne donnant que la vraisemblance. Quel est l'objet propre à chacune de ces connaissances ? — D'une part le domaine de l'opinion est formé par l'ensemble des phénomènes physiques et par toutes les questions relatives à la production, à la génération, à la transformation des choses. Au contraire, appartient au domaine de la vérité tout ce que l'intelligence sait penser en dehors des apparences sensibles. Ces premiers linéaments d'une théorie de la connaissance affirment en somme la distinction désormais définitive entre deux ordres de connaissances humaines, celles qui tombent sous l'observation, puis

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