I. Harm., II, 3o, éd. Mciborn. — Ravaisson, t. I, p
196 LES PHILOSOt>HES-GÉOMÊTRES DE LA GRECE
Speusippe sépare Tunité du Bien et de la pensée ; il l'oppose à la multiplicité, à l'infini des Pythagoriciens ; et les Idées, dépouillées de tout attribut qualitatif, sont à ses yeux des combinaisons de l'un et du multiple. Xénocrate identifie les Idées et les nombres mathématiques.^ — Aristote de qui nous tenons ces renseignements n'entend pas confondre les disciples avec le maître. S'il sait nous dire lui-même ce qu'il trouve de personnel aux théories de Platon, et s'il montre qu'il en apprécie au moins l'extension et la complexité en faisant porter la discussion de ces théories sur tous les problèmes auxquels il touche lui-même, l'impression qui se dégage de ses nombreuses critiques est qu'à ses yeux la philosophie platonicienne est essentiellement logique. Quand il résume, dans leurs traits fondamentaux, les systèmes philosophiques de ses prédécesseurs, arrivé à Platon, il s'exprime ainsi : « Etudiant comme Socrate les universaux, Platon continua son maître; mais il admit que les définitions s'appliquent réellement à des êtres fort différents des choses sensibles, par cette raison qu'une commune définition ne peut jamais convenir aux objets des sens, attendu qu'ils sont dans un flux perpétuel. Ces êtres nouveaux furent appelés Idées, du nom que Platon leur donna. 11 ajouta... que les individus n'existent que par leur participation aux idées. C'est Platon qui introduisit ce mot nouveau de participation. Les Pythago-