‹ Les Phlébotomes et la Fièvre à PappataciChapitre 15 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dates d'apparition et de disparition du Phlébotomus papatasii. — Sa distribution géographique. — Différentes espèces de Phlébotomes.

Nous avons dit plus haut que le stade larvaire était la forme d'hibernation de l’insecte. Signalons qu'on a trouvé des pappataci adultes vivants, pendant l'hiver, dans des salles de bains ou des chambres d'hôpital; mais c'est là une exception. :

La transformation des nymphes en insectes parfaits a lieu aux premières fortes chaleurs et par conséquent à des dates variables suivant la latitude et l'altitude des régions considérées. Sur la zone côtière de la Bosnie et de l'Herzégovine, le Phlebo{omus apparaît fin mai, alors qu’à peu de distance du littoral, dans l'interieur à faible altitude cependant, on ne trouve les premiers insectes que dans les derniers jours de juin. Leur apparition précède celle des gros moustiques. Ils sont extrêmement sensibles aux variations thermométriques et surtout à l’action des vents. Ils disparaissent sous leur influence pendant quelques Jours et pullulent de nouveau Jorsque la chaleur et le temps calme se rétablissent. La durée de la « saison des Phlébotomes » est donc en rapport avec la température. C'est au mois d’août que leur nombre atteint son maximum etles années chaudes et sèches avec quelques très

LR EE rares pluies d’orages semblent particulièrement propices à leur éclosion massive.

Avec les premières fraicheurs, les premières pluies d'automne, ils disparaissent complètement; ainsi, en Lombardie, ils deviennent rares fin août ; à Rome, on ne les trouve plus au début d'octobre; à la fin du même mois, ils n'existent plus dans le sud de la péninsule.

Distribution géographique. — L'’aire de distribution du PA. papatasii est extrêmement vaste; elle s’étendra encore largement par la recherche systématique de l’insecte dans les régions où il n’a point encore été signalé. Il fait partie de la faune de presque tout le bassin médiditerranéen, où il n’existe d’ailleurs pas seulement sur le littoral, s'étendant aussi fort avant dans le continent. Il abonde dans toute l'Italie, spécialement dans la région de Venise, de la côte calabraise (Gaggi) (1) et à Messine. En Dalmatie, en Herzégovine et en Istrie, il a été Spécialement étudié, en 1909, par la commission militaire autrichienne (Franz, Doerr, Taussic). On l’a trouvé en Grèce, en Macédoine, à Salonique et à Oreovica, dans la région du lac Doiran, en Roumanie (Léon), aux Dardanelles (SarRAILHÉ), en Syrie, en Egypte, en Tunisie (A. Weiss), en Algérie, à Gibraltar.

Toutes les iles de la Méditerrannée orientale en sont infestées : Malte (Birr, MareTT), et les îles voisines, Chypre, Crète (Birr), la Sicile (Lroy); la Corse (M. LEGER et SÉ- GUINAUD) et notamment Bastia (Mansion) n’en sont point indemnes, On l’a signalé en Espagne (ROSENHAUER), au Portugal, à Collares (FRANÇA), en Suisse, dans le canton de Vaud (GALLI-VALERI0).

(1) Les noms propres entre parenthèses sont ceux des entomologistes ou des médetins qui ont identifié le Ph. papatasii dans la région précitée.

En France, le Phlebotomus papatastit a été recueilli à Saint-Vallier-de-Thiey, dans les Alpes-Maritimes (BLAN- CHARD), aux environs de Montpellier (VALERY-MAYET), à Saint Cyr-au-Mont-d'Or, près Lyon (ÂAUBERT), dans la Côted'Or, à Beaune (LEsNE), dans la région parisienne, à Bourg-la-Reine (LANGERON), dans la Somme, à Vignacourt (LeGennre). Ce point est actuellement la station la plus septentrionale connue. Il existe dans les Basses et Hautes- Alpes, l'Isère, l'Oisans et jusqu’au Mont-Genèvre, près Briançon (Rouyer), où il serait amené parles troupeaux transhumants qui viennent chaque année de Provence päturer pendant l'été dans la haute montagne.

En dehors du bassin méditerranéen, sa présence a été constatée en Arabie (Pressar), aux Indes (GILES, MAxWELL- Lerroy), surtout dans le Punjabetle Chitral (Mac Carisson) et à Ceylan (AusrTEN). Sa fréquence en Algérie a été signalée à Biskra (SerGenr), dans le Sud-Oranais, à Beni- Ounif, Figuig (Fozey et YvErNAULT, Nicuot), en Mauritanie à Akjoucht et Boutilimit (Picarp). Dans les zones suhtropicales et tropicales, enfin, il existe au Soudan français (Neveu LEMmaIRE), au Soudan égyptien (AUSTEN, BALroUR), au Congo belge (Newsreap, Durron et Topp), sur la Côte d'Ivoire (RouBaup), dans l'Uganda (TueoBarp), à Aden (LOUGHNAN) et en Amérique du Sud, au Para (Trra- BOSCHI)

Autres espèces de phlébotomes. — Le genre Phlebotomus compte, outre le Ph. papalassu, des espèces nombreuses. A mesure que l'étude de ces petits insectes s’approfondit, on éprouve des difficultés de plus en plus grandes pour la détermination. Celle-ci est basée sur l’ensemble des caractères tirés des antennes, des palpes, des ailes et surtout de l'étude de l’armature génitale des màles, de la longueur relative des deux segments de la gona-

ou pophyse supérieure, du nombre aussi des épines de la gonapophyse inférieure.

Nous n'avons pas la prétention de donner ici la description de chacune de ces espèces, nous nous bornerons à en énumérer quelques-unes :

On trouve en Europe et dans l'Afrique du Nord :

Ph. Sergenti Parror 1917, existant en Espagne, à Grenade, en Portugal, à Collares, en Algérie, à Mac- Mahon, caractérisé surtout par un pinceau de poils brun foncé inséré sur la face interne du sement basal de la gonapophyse supérieure du mâle;

Ph. perniciosus : NEWsTEAD 1911 (Synonymie : Ph. Legeri MaxsioN 1913; Ph. lusilanicus FRANGÇA, 1918), existant au Portugal, espèce plus petite que le PA. papatasii et le Ph. Sérgenti. Sa détermination se fait par la distribution spéciale des épines géniculées des segments antennaires du mâle, par la couleur brune de la femelle.

Ph. minulus Ronan: 1843, avec sa variété : africanus NEWSTEAD, fréquent sur le-littoral algérien, à Bône, dans la région des Hauts Plateaux et aussi dans la steppe présaharienne.

Ph. Mascittii Grassr 1908, espèce italienne.

Ph. nigerrimus NewsTrAD, 1911, de l'Afrique du Nord.

En Afrique équatoriale et en Afrique du Sud existent : Ph. Dubosqui Neveu-LemaiRe, 1906 (Synonymiè Ph. Roubaudi), Ph. ingrami, Newsrean, 1914, trouvé en Guinée, Ph. similimus Newsreap, 1914, trouvé en Guinée et en Nigeria, Ph. Bedfordi Newsrean, 1914, espèce fransvaalienne.

Les espèces américaines sont représentées par : Ph. vexator Ph. squamiventris Lurz et Nerva, 1912, ce dernier présentant de nombreuses écailles sur l’abdomen ; Ph. longipalpis et Ph. intermedius, qui se différencient

re par la longueur des palpes: PA. ros(rans, espèce des Etats-Unis.

Le Ph. verrucarum appartient à la faune du Pérou.

Le Ph. Slantoni Newsrean, 1915, appartient à celle de la Malaisie.

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