‹ Les Phlegmons ProstatiquesChapitre 15 sur 21 · TECHNIQUE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE OPÉRATOIRE

ÏJ. — L'Instrumentation

Pour bien saisir tous les détails opératoires et leurs raison d’être, il est bon de décrire minutieusement, instrument spécial pour l’incision des phlegmons prostatiques par voie endo-urétrale.

C’est un tube courbe de Luys un peu modifié et allongé puisqu'il n’y a pas à s’astreindre à des longueurs déterminées par la longueur focale d'une lentille. Son diamètre reste du n° 52 beniqué.

Son bec mousse et arrondi est creusé d’un pas de vis femelle (Assoc. Fr. d'Urologie) mais pour éviter l’encrassement fatal d’un si petit conduit ce bec de sonde doit être formé d’une petite pièce démontable à vis, pour que le canal fileté puisse être nettoyé complètement après emploi (fig. 6).

On peut utiliser des bougies conductrices spéciales d'un modèle court et à embase élargie en cône que

M. € € ] : à 1 Q Eynard a fabriquées pour cet objet, ou, plus simplement, des bougies filiformes ordinaires que l’on a sous la main ssire, servir à

et qui peuvent, si on le désire, servir à placer une sonde à bout coupé.

Le mandrin obturateur ordinaire de la fenêtre ovale

Fig. 6. — Dernier modèle de l’instrumentation complète du D' Gounrper pour les phlegmons prostatiques — A == le mandrin — B = le tube vecteur complet — CG = la lancette et sa tige — D = la lancette sortant par le fenêtre ovale.

n'a subi aucune modification si ce n’est son allongement coordonné à celui du tube.

© Dans le modèle Luys, celui-ci se termine par un plateau circulaire lisse assez difficile à tenir en main.Il a élé remplacé par ua disque beaucoup plus épais, et surtout, pourvu, sur sa circonférence, de fortes cannelures qui en rendent la préhension facile et solide sans pouvoir glisser dans la main, |

Dans le canal du tube vecteur, une fois le mandrin retiré, coulisse librement une tige (du même calibre) terminée par une lancette à pointe excentrée et d’une longueur suffisante pour que, poussée à fond (même fig. 6) la lancette et son embase sortent complètement par la fenêtre du tube vecteur.

Une graduation gravée sur la tige de la lancette permet d’en connaître à chaque instant la-saillie hors de la fenêtre. Que l’on veuille bien observer que, grâce à sa pointe excentrée, l’angle qu’elle forme avec la convexité du tube vecteur varie; ce qui est une nouvelle manière d'augmenter ou de diminuer la profondeur de section. Un bouton repère sur les pavillons permet de toujours

connaître l’orientation de la fenêtre et celle de la lame de lancette.

Cette instrumentation étant entièrement métallique et lisse et très simple, est très facile à stériliser par la chaleur.

IT, — L'opération

Tout étant prêt, le malade est placé en position périnéale sur la table à cystocospie, Après les désinfections usuelles et sous anesthésie générale, ou, mieux, à l’épidurale (car la rachi-anesthésie est inutile) le tube muni de sa filiforme et de son mandrin est introduit jusqu’à la région prostatique où par toucher rectal l'attend ’index gauche ganté (fig. 7).

Ce doigt a pour mission de repérer le bord antérieur de la fenêtre ovale du tube. Si l’on sentait peu distincte-

— Al —

ment celte fenêtre trop mal obturée par son mandrin, rien n’est plus facile que de la rendre très nette el de bien sentir son rebord. Il suffit de retirer le mandrin de un millimètre environ, deux au plus.

On enfonce alors le tube jusqu’à ce que le doigt ne

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FA,G Fig. 7. — Par le toucher rectal, l'index gauche repère, contrôle et dirige

toutes les manœuvres sente plus la fenêtre entièrement disparue dans l’urètre prostatique; ce résultat obtenu on arrête aussitôt l’enfoncement (fig. 8).

A ce moment le tube est exactement dans le plan médian antéro-postérieur. Introduire alors la lancette massacrerait le .veru montanum et les canaux éjacula-

teurs,

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