HISTORIQUE
La découverte des inflammations aiguës dela prostate est une conquête des temps modernes. En voici l'historique. Pour la première fois, au début du xvinf siècle, Colot soupconnait l’existence de cette affection. Il cite deux cas observés par lui, Dans le premier, il s'agissait d'une prostate purulente découverte à l’autopsie; dans l’autre Colot signalait l’existence, sur le col vésical, « de pointes et de boutons qui pourrissaient el tombaient dans la vessie.
Jusqu'à J.-L. Petit toutes connaissances de la question s’en tinrent à peu près là. Celui-ci cite des cas de pros-: tate « gonflée et enflammée » avec rétention d'urine et terminaison par abcès. Toutefois l’auteur ne spécifiait pas s’il s'agissait d’une maladie à part n’envisageant l'affection que du point de vue de la rétention et des abcès.
En 1882 la thèse de Dugas crée en quelque sorte la prostatite et lui donne droit de cité dans la pathologie. Pour la première fois, étaient étudiées, les causes, les symptômes, le pronostic à quoi s'ajoutait un traitement qui présente, encore maintenant, des choses fort intéres-
santes. Quelques années plus tard, Begin, puis ensuite Lallemand reprirent la question. Ce dernier donna à la prostatite le nom de folliculite et attira l’attention sur les phénomènes des pertes séminales consécutives à cette affection. Mais c’est à Velpeau que l’on doit étude la plus complète des inflammations de la prostate.
Plus près de nous, deux noms dominent toute la littéraiture contemporaine. Guyon et Segond ont donné, l’un dans ses leçons cliniques, l’autre dans sa thèse inaugurale, une description restée classique.
Depuis de nombreux auteurs modernes et en général tous les chirurgiens urinaires actuels ont étudié la question d’une façon très approfondie.