STAPHYLIN DK CK Y LA N
plus fortes. La portion du bord interne qui porte les dents, fortement dilatée, proémine en dedans. Contrairement à ce qu’on observe chez d’autres Insectes (Blattes, Termites) qui ont deux articulations, une ventrale et une dorsale, la mandibule du Staphylin n’a qu’une articulation unique, ventrale. Il y a, du côté de la mandibule, un condyle arrondi, prolongé en dessous par une petite dent et, du côté de la tête, une glène concave placée près du bord externe, immédiatement en dehors de l’échancrure maxillaire. Le muscle adducteur, très fort, s’insère au moyen d’une expansion chitineuse à l’apophyse saillante qui prolonge le bord interne. L’abducteur, beaucoup plus faible, s’attache près du condyle, en dehors de ce dernier.
Dans une petite excavation du bord interne, en arrière de la partie dentée, se trouve la brosse mandibulaire, formée de 16 à 18 tigelles garnies de poils fauves.
Chez le mâle, les mandibules sont notablement plus longues (pie chez la femelle, la tête (en majeure partie remplie par les muscles adducteurs) est elle-même plus grande et plus carrée.
Dans l’acte de mordre, les mandibules se croisent, la gauche par-dessus la droite ; les bords internes passant l’un sur l’autre dans la région dilatée, peuvent couper comme des ciseaux. Les dimensions sont calculées de telle façon qu’au moment où ils se rapprochent, les tranchants trouvent place dans l’espace linéaire compris entre le labre et l’atrium. Lorsque l’Insecte mange, les parcelles alimentaires découpées par les mandibules sont triturées tout d’abord au fond du sinus labro-pharyngé, maintenues de part et d’autre par les deux brosses. Cette action accomplie, les mandibules s’écartent; les maxilles venant à leur place, ramènent au moyen de leurs brosses les parcelles nutritives vers l'entrée du pharynx.
IV. Les maxilles (tig. 2 et 4) comprennent: 1° une pièce articulaire, le cardo; 2° une pièce basale, le stipes; 3° et 4°
E. BUGNION
deux pièces apicales, le lacinia (frange) et le galea (casque); 5° le palpe maxillaire.
1. Le cardo (fig. 1, 2, 4, 7), en forme de croissant, est composé de deux lames superposées, articulées par un petit manche courbe sous le bord du menton. L’articulation est, comme le montre la figure 7, soutenue par la branche courte du tentorium. Une rainure comprise entre les deux lames reçoit le bord du stipes. Placé dans l’échancrure maxillaire, le cardo peut, grâce à ses muscles propres, se mouvoir en divers sens, entraînant avec lui la maxille entière. Le manche a deux petites apophyses, une externe et une interne, faisant l’office de leviers.
2. Le stipes est formé de trois pièces unies par des sutures membraneuses: a) la pièce externe (palpiger), étroite du côté ventral, plus large du côté dorsal, portant le palpe, engainant partiellement les lames interne et médiane; b) la pièce médiane, triangulaire, répondant par sa base au bord du cardo, en partie couverte au côté dorsal par le prolongement de la lame externe ; c) la pièce interne, plus grande, qui supporte le galea et le lacinia; toutes trois hérissées de poils rigides. Les muscles (mento- et tentorio-maxillaires), qui servent aux mouvements de la maxille, s’insèrent non seulement sur le bord interne du stipes. mais encore sur la face dorsale de ses trois pièces. La lame externe forme, en vue de ces insertions, une gouttière ouverte en dedans, au côté dorsal.
3. Le lacinia, qui chez d’autres Insectes (Blattes, Termites) porte une rangée de cils rigides et se termine par deux dents acérées, est transformé chez le Créophile en une brosse très fournie portée par une tige mobile. Cette tige articulée au côté dorsal de la pièce interne (fig. 4) peut, grâce à un petit levier, tourner avec la brosse en divers sens. Une préparation éclaircie dans la potasse caustique m’a montré que la brosse du lacinia n’est pas, comme il semble tout d’abord, insérée sur le