‹ Les pièces de théâtreChapitre 122 sur 170 · MARY — MASSON · texte numérisé non relu

MARY — MASSON

donné asile aux protestants sous Louis XIV, et il est enfermé ; Racine et Mme de Maintenon obtiennent sa grâce ; — Le dernier, 1896 ; — Le covpable, 1899, d'après le roman de Coppée; — Neiges d'antan, 1894, sentimentalisme archaïque, inspiré de Villon.

Nous ne connaissons pas Le théâtre des darnes, 1884, recueil de comédies de salon pour femmes seules.

Jules Mary, né en 1851. Il a eu le talent de transporter à la scène les histoires émouvantes, intimes, militaires, etc., qu'il avait d'abord publiées comme feuilletons dans les grands quotidiens. Ces drames d'Ambigu, avec leurs paquets d'invraisemblances et leurs types de convention, ont obtenu des succès prolongés : ils n'offrent d'ailleurs rien d'indécent, et s'ils ne doivent pas être recommandés aux jeunes gens, ils ne sauraient cependant être interdits aux personnes qui, ayant l'expérience de la vie, cherchent dans ces spectacles une distraction vulgaire.

Roger-la-honte, 1888 ; — Le régiment, 1890 ; — Le Maître d'armes, 1892 ; — Sabre au clair, 1894 ; — La fée Printemps, 1894 ; — La vocharde, 1898 ; — La Tnioche, 1899; — La chanson du pays, 1901; — Les dernières cartouches, 1903 ; tous avec Eugène Grisier.

Houle-ta-bosse, 1906 ; — La bête féroce, 1908 ; — La beauté du diable, 1908 ;avec Emile Rochard.

Michel Masson (1800-1883), fils d'ouvrier, et successivement figurant, commis de librairie, enfin romancier moralisateur et dramaturge.

On lui doit des vaudevilles : Frétillon, 1829, avec Scribe ; — Madame Favart, 1837 ; — Le secret de famille, 1843; — Un cœur d'or, 1848 ; — La grotte de Falaise, 1856 ; — etc., etc.

Ses drames surtout sont à signaler, parce qu'ils ont un fond honnête, et se prêteraient facilement à cor-

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rection : Les orphelins du Pont Notre-Dame, 1849 ;

— Marianne, 1850 ; — Marthe et Marie, 1851 ; — La dame de la Halle, 1852; — La mendiante, 1852 : — Les ■fils aînés de la République, 1873, avec Raoul de Navery ; — etc.

E. Matrat, comédien et auteur de quelques œuvrettes dont voici le détail :

Oiseaux pas sages, 1904, grossière parodie ; — La coupe enchantée, 1905, opéra-comique, musique de Pierné ; — Bêtinois de Bayeux, bouffonnerie honnête;

— Colombine et Violette, galanterie ; — English Tailor, fantaisie risquée ; — Le tableau, libertin ; — Capitaliste, fort risqué ; — La classe, bouffonnerie militaire non indécente ; — Tout s'arrange, mauvaises mœurs ; — L'agence Taconnet, très libre ; — A la chambrée, quelques passages à supprimer.

Adolphe Maujan, né en 1853, ancien directeur de la T^anterne et député radical. Deux œuvres : Léa, 1881, signée du nom de Jean ISIalus, étale la courtisane au dernier degré de la corruption ; — Jacques Bonhomme, 1886, vulgaire mélodrame.

Max Maurey, directeur du Théâtre du Grand-Guignol, écrivain remarquable par son humour, sa joyeuse observation, et ses drôleries copieuses.

Parmi ses drames : Le Camelot, 1897, avec Jubin, gros effet et gros succès, un peu scabreux ; — La Savelli, 1906, histoire d'une conspiration sous Napoléon : — etc.

Parmi ses comédies, et ses hautes farces dans lesquelles il est inimitable : La glissade, 1894, avec Augustin Thierry, montre que le besoin d'argent fait glisser dans l'adultère ; — L'aventure, 1902, farce scabreuse ; — La recommandation, 1894, un acte honnête, amusant ; — L'asile de nuit, 1904, bouffonnerie

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grandiose, honnête ; — Monsieur Lambert, marchand de tableaux, 1905, deux actes de quiproquos, convenables ; — Les grenouilles, 1906, leste ; — Depuis six m,ois, 1906 : un mari fait partir successivement toutes les bonnes, afin que sa femme occupée par le ménage, ne surveille pas sa conduite ; — Le chauffeur, 1908, un jardinier qui se présente comme chauffeur d'automobile ; — Le Stradivarius, 1909, fait-divers drôle et propre ; — etc.

Edouard Mazères (1796-1866), disciple de Picard, et comme lui, peintre des m^œurs bourgeoises : Le jeune mari, 1826, scabreux, situation d'un jeune chevalier qui a épousé pour sa fortune une veuve âgée ; — Chacun de son côté, 1828, réconciliation de deux époux séparés, scènes risquées : — etc.

Henri Mellhac (1831-1897), l'un des bouffons les plus féconds et les plus célèbres du siècle dernier. Raffiné et presque distingué dans ses premières œuvres, tout en étant boulevardier, il est dans la suite tombé dans les plaisanteries les plus basses. Il a vu dans l'amour un sujet d'inventions piquantes, de scènes court-vétues et de tirades débraillées et moqueuses ; dans la femme en particulier, il n'a vu qu'une petite bête sensuelle.

Avec Halévy et d'autres, il a, selon le mot de Barbey d'Aurevilly, voyoucratisé le théâtre. Nous ne donnons ici que les principaux ouvrages qu'il a produits seul ou avec d'autres collaborateurs qu'Halévy :

Un petit-fils de Mascarille, 1859, très leste ; — La vertu de Célimène, 1861, Célimène mariée et côtoyant l'adultère ; — L'échéance, 1862, avec A. Delavigne ; — Les curieuses, 1864, avec la même : d'honnêtes femmes — qui comme beaucoup d'autres — veulent péné- I trer dans la vie des courtisanes ; œuvre de complaisance pour le vice ; — Fabienne, 1865, même sujet

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que L'autre danger ; — Suzanne et les deux vieillards, 1868 : histoire d'une ingénue qui se moque de deux riches vieux garçons et finit par épouser leur neveu;— Madame le Diable, 1882, opérette; — Janot, 1881, farce très osée ; — Phryné, 1881, « farce d'un comique facile, grossier, méprisable et vieilli » ; — Le mari à babctte, 18S1, « extrêmement médiocre, sans esprit d'aucune sorte que le sous-entendu grivois » (Barbey d'A.) ; — ManCzelle Nitouche, 1883, avec Albert Milbaud ; — Ma camarade, 1883, avec Philippe Gille ; — La ronde du commissaire, 1884, avec le même, très leste, très drôle, adultère, mal construit ;

— Gotte, 18S6, très risqué; — Les demoiselles Clochart, 1886 ; — Pepa, 1887, avec Ganderax : « du Marivaux transposé et modernisé, et pimenté » (J. Lemaître) ;

— Décoré, 1888, fantaisie hilarante, escapades d'un mari et d'une femme adultères ; — Margot, 1890, une courtisane qu'on s'efforce de ramener à la vertu ; — Ma cousine, 1890, très leste ; — Monsieur l'abbé, 1891 : deux jeunes époux simulent l'adultère pour échapper à la belle-mère ; rôle d'un abbé ahuri en présence des désordres du monde ; — Le brevet supérieur, 1892, très leste ; — Villégiature, 1894, chassé-croisé de deux ménages ; — Grosse fortune, 1896, comédie bourgeoise, adultère ; — livrets de Manon, Bip, La veuve joyeuse, etc.

MeFihas et Kalévy !... Evohé ! Evohé ! Tsing Calaboum ! Et pif, paf, pouf, tara, pa, poum ! Fuyez, gens honnêtes et sérieux ! "Voici les deux Ajax du théâtre, qui dirigent la sarabande d'un peuple en goguette :

C'est une immense bacchanale ; Et Vénus, Vénus Astarlé Anime la ronde infernale.

Tout est plaisir et volupté !

Vftrlii, devoir, honneur, morale Par le flot tout est emporté !

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Et en effet, les deux auteurs, auxquels Offenbach a fourni souvent sa musique endiablée, ont tout déconsidéré, tout bafoué, tout sali. On en jugera par les quelques mots de commentaires qui accompagnent le titre de leurs principales pièces.

I. Opérettes et opéras-bouffes. — Ils eurent à la fin de l'Empire une vogue prodigieuse, auprès de cette génération inquiète qui cherchait à s'étourdir. Ils sont dévergondés, agressifs et pimentés : ils jettent le discrédit sur l'autorité, les fêtes officielles, les généraux incapables et bravaches, la religion, la haute société frivole et corrom.pue.

La belle Hélène, 1864, opérette qui souleva un scandale littéraire : elle blague en effet les héros antiques, Agamemnon, Achille, Ajax, Calchas... Elle bafoue surtout les bonnes mœurs, la vertu « cascade » d'un bout à l'autre de la pièce. Allusions politiques.

Barbe bleue, 18G6, bouffonnerie étourdissante et grivoise, qu'on peut résumer dans le rondeau du héros :

I /amour, c'est la vie ! T-;i vie est un hd !

\'ive la folie Et le carnaval !

La vie parisienne,186G,chassé-croisé d'excentricités, satire mordante des mœurs du jour.

La grande duchesse de Gerolstein, 1867, traduit le mépris qu'éprouvait une partie de l'opinion française pour les généraux de cotillon, d'alcôve ou d'écurie. Elle blague impitoyablement les intrigants militaires, (le général Boum), les diplomates maladroits (le baron Grog), les favoris incapables... Elle réunit en son temps un parterre de rois !

La périchole, 1868 : une chanteuse de rue abandonne son am.ant pour suivre le vice-roi du Pérou.

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Les brigands, 1869, grand succès. C'est là que se trouve la mélopée souvent rappelée :

Nous sommes les carabiniers, La sécurité des foyers.

Mais, par un malheureux hasard, Au secours des particuliers, ^ous arrivons toujours trop tard.

Le Château à Tolo, 18G8 ; — La diva, 1869 ; — Pomme d'api, 1873 ; — La boulangère a des écus, 1875 ; — Le petit duc, 1878; — La petite Mademoiselle,

IL Comédies-bouffes. — Ces ouvrages sont des caricatures énormes, des cocasseries transcendantes où évoluent surtout des viveurs jeunes et vieux, des demi-mondaines et des gens de théâtre... Elle déchaînèrent des rires fous, et grisèrent les cervelles par leur parfum de haute bicherie. Citons :

Le Brésilien, 1863, portrait d'un de ces nababs qui affluèrent à Paris sous l'Empire. Le brésilien poursuit une femme à Paris, en Egypte, en Amérique, etc;

— Le photographe, 1864, vaudeville ; — Le bouquet, 1868 ; — Vhomme à la clef, 1869 ; — Tricoche et Cacolet, 1871 : deux associés d'une agence interlope qui dupent les autres et se dupent mutuellement, dans une affaire de double adultère ; — Le réveillon, 1872, très leste ; — Le roi Candaule, 1873 ; — La mi-carême, 1874 ; — Le passage de Vénus, 1875 ; — Loulou, 1876 ;

— Le Prince, 1876, duels et adultère ; — Le mari de la débutante, 1897 ; — La cigale, 1877; — La roussotte,

III. Comédies de mœurs. — Elles représente] t le vrai genre parisien ; et étudient surtout les petites misères et les froissements inévitables qui traversent la vie conjugale :

Fanny Lear, 1868, vise rintroduction de la courti-

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sane dans la famille, comme Le Mariage d'Olympe, d'Augier. Cette Fanny s'est unie à un vieillard usé par le désordre ; elle veut être reçue dans la société. Elle emploie les moyens les plus odieux pour arriver à ses fins... Elle n'y arrive pas.

Froufrou, 1869, un type de la fin de l'Empire et des temps ultérieurs. Cette Froufrou est une femme pas vicieuse ni méchante, mais inconsistante, légère, capricieuse, choyée de tous, et surtout mal élevée : on lui a épargné les difficultés, tout ce qui coûte et tout ce qui dé^^laît. En s'amusant d'elle, on l'a fait tomber et elle tombe...

La boule, 1874 : un mari impatient jette par la fenêtre la boule, alias la bouillotte de sa femme... On s'exaspère, on plaide, on se réconcilie.

La petite marquise, 1874, un des chefs-d'œuvre de ia comédie « parisienne » : adultère, passages hardis, conclusion immorale et choquante.

La petite mère, 1880 : une jeune servante se consacre à élever deux orphelins, le fils et la fille de ses maîtres ; elle s'efforce de les arracher aux séductions qu'ils rencontrent en province... et enfin elle se marie avec son protégé.

IV. Bluettes en un acte. — Elles mettent en scène les petits incidents qui viennent troubler ou égayer la vie. Ainsi :

La clef de Métella, 1862 ; — Les hreMs de Panurge, 1862 : les femmes ne s'éprennent pas d'un soupirant vulgaire, il leur faut du romanesque ; — Le train de minuit, 1863 : deux jeunes époux qui boudent et qui se raccommodent ; — Le singe de Nicolet, 1865 ; — Les méprises de Lambinet, 1865 ; — Tout pour les dames, 1868 ; — Les sonnettes, 1872 : brouille entre Monsieur €t Madame qui se répète chez les domestiques de la maison ; — Madame attend Monsieur, 1872 ; — Toto chez Tata, 1873; — Vété de la St-Uartin, 1873; — Vin-

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