MONNIER — MONSELET
vaudevilles et petits actes, souvent mêlés de gros sel et de son.
Relevons les plus célèbres : Les deux aveugles, 1855; — L'ut dièze, 1858, avec Grange : deux bouffonneries très chargées et honnêtes ; — Le canard à trois becs, 1871, pure insanité ; — Le ver ronqeur, 1870, a une farce taillée dans une incomparable platitude » ; — Les deux sourds, 1866 ; — Le bracelet, rappelle au devoir un mari qui va trahir ses engagements ; — Un conseil judiciaire, 1886, avec A. Bisson : grand succès, une femme dépensière pourvue d'un conseil par son mari ; Tavoué-conseil s'affole... et s'éprend, etc., risqué ; — Les campagnes de Boisfleury : un individu sans fortune qui pour passer lété à la campagne, se fait agréer comme prétendu dans la famille où il y a des jeunes filles à marier.
Henri Monnier (1799-1877), caricaturiste, comédien célèbre par ses travestissements, auteur de types dont le plus connu est le penseur épique M. Prudhomme.
Ses créations les plus renommées au théâtre sont : Grandeur et décadence de M. Prudhomme, 1853 ; — Le roman chez la portière, 1855, avec Gabriel, folie représentant une loge où la concierge et ses amies devisent en écoutant la lecture d'un roman ; — M. Prudhomme, chef de brigands, 1860.
Jacques Monnicr, jeune auteur dont le nom figura à deux reprises sur les colonnes Morris avec Le Jumeau, 1903, vaudeville risqué ; — et Le cœur et le reste, 1907, quiproquos autour d'un adultère.
Charles Monselet (1825-1888), a joint à ses boutades, à ses anecdotes et à de nombreuses pages licencieuses, des livrets d'opéra-comique et deux pièces : L'ilote, 1875, avec Paul Arène, un acte en vers, très leste ; — Les dindons de la farce, 1880, farce égrillarde.
MONTEPIN — MOREAU 231
Xavier de Montépin (1823-1902), l'un des auteurs les plus populaires de la littérature de métier, producteur de feuilletons et de mélodrames pour titis et portières. Ses pièces sont conçues d'après les lois classiques du genre : elles renferment souterrains, substitutions d'enfant, viols, duels, assassinats, traître, trucs, toutes ies herbes de la Saint-Jean. Elles sont dues à la collaboration de plusieurs spécialistes et surtout de Jules Dornay. En voici quelques-unes :
Les chevaliers du Lansquenet, 1850 ; — Le Moulinrouge, 1869 ; — La maison du mari, 1873, le mari, la femme, l'amant, la fille malade; — Le Béarnais, 1876 : Hfnri IV s'éprend de sa propre fille et ne la reconnaît finalement qu'à la croix de sa mère ; — La porteuse de pain, 1889, avec J. Dornay, mélodram.e célèbre : Jeanne Fortier, bien qu'innocente d'un crime commis par Jacques Garaud est envoyée au bagne. Elle a une fille travailleuse et honnête qui aime un brave garçon, le fils de la victime, que le criminel a décidé de marier à sa propre fille. Heureusement, tout se découvre, le coupable confondu est arrêté, Jeanne Fortier est réhabilitée, et sa fille épouse l'homme qu'elle aime ; — La policière, 1889 ; — Le médecin des pauvres, 1865 ; — Le médecin des folles, 1891 : — La Mendiante de Saint-Sulpice, 1895 ; — La joueuse d'orgue, 1897 ; — La marchande de fleurs, 1901 ; — etc.
Jean-Eugène Moreau (1816-1876), auteur et acteur, dont les pièces ont été attribuées par beaucoup d'encyclopédies à l'écrivain qui porte le même nom : La peau de singe, 1833 ; — Louise de Rouvray, 1839 ; — Deux couronnes, 1840 ; — Les Hirondelles, 1861 ; — Le zouave de la garde, 1863 ; — Le cabaret de la grappe dorée, 1865 ; — Les vendanges du Clos-Tavannes, 1865.
232 MOREAU — MOUEZY-EON
Eugène Moi'eau (1806-1890), de son nom Louis Lemoine, écrivain très fécond à qui l'on doit surtout Le Courrier de Lyon, 1850, avec Siraudin et Delacour, drame célèbre qui repose sur la terrible erreur judiciaire dont Lesurques fut victime en raison de la ressemblance qui existait entre lui et le coupable Dubosc.
Emile Moreau, né en 1852. A abordé tous les genres : Camille Desmoulins, 1879, panorama biographique peu intéressant ; — Un divorce, 1884, avec Georges André : bonnes intentions, montre les inconvénients du divorce par consentement mutuel ; — Gerfaut, 1886, tiré du roman de Charles de Bernard, évolution d'un amour platonique vers la sensualité ; — Peur de l'être, 1889, avec Valdagne, ignoble ; — Le drapeau, 1890, pièce militaire, à Altorf en 1799 ; — L'auberge des mariniers, 1891, drame fort hardi ; — La Montagne enchantée, 1897, féerie ; — Madame de Lavalette, 1899 ; — Quo vaàis, 1901, tiré du fameux roman, scènes empoignantes et lubriques ; — Le vert-galant, 1907 ; — Corneille et Richelieu, 1883, à-propos en vers, littéraire et convenable ; — Le •procès de Jeanne d'Arc, 1908.
Ern'est Morel a obtenu des succès avec des œuvres mouvementées :
L'orpheline de Senilhac, 1883, drame inspiré du Juif errant ; — La Pieuvre, 1885, mélodrame rempli de crimes et dhorreurs; — Pour la patrie, 1893, drame bien fait et émouvant, peu de passages à supprimer; — Pauvre Jeanne, 1896, aventures d'une fille-mère sous Louis XV ; — Le tour du monde d'un enfant de Paris, 1904, grand spectacle ; — Par le trou de la serrure; — etc., etc.
André Mouézy-Eon, né à Nantes en 1879. Œuvres principales :