‹ Les pièces de théâtreChapitre 130 sur 170 · MUSSET · texte numérisé non relu

MUSSET

lent lile de Prospéro, la forêt des Ardennes et le bois d'oliviers où Oberon courtise la reine des fées Titania. A ce point de vue, c'est un peu Shakespeare, le Shakespeare des « Arabesques ».

Musset lui-même est presque constamment en scène : ses personnages représentent un aspect de la physionomie de l'enfant du siècle, voluptueux et blasé, teinté de byronisme.

(c II est de tous les poètes, celui qui nous met le plus avant la main dans le cœur. Idéal, charmeur, éternellement jeune et frais, même sous les brûlures des passions, on dirait un bois de lilas foudroyé » (B. d'Aurevilly).

Ce qui caractérise ses comédies, c'est la façon dont il a traité les sentiments de l'amour : comme Marivaux, il excelle à montrer comment le cœur s'éveille chez des enfants naïves, Ninon et Ninette, Cécile et Carmosine. Il étudie les désastres de la coquetterie, et surtout les infortunes, le côté tragique de la passion. Il dit l'inconsciente perversité de la femme, ses charmes haïssables, son défaut de sens moral qui la fait jouer avec les ruines qu'elle cause. Il montre enfin que la débauche rend malheureux, et occasionnellement, il en étale les horreurs, comme Crébillon.

On a osé appeler Musset le poète de la jeunesse ; il est plutôt le poète de la débauche. Dans toutes ses œuvres, dans ses comédies étincelantes de grâce ou mouillées de larmes, il est dangereux, pervers, immoral, cynique, impie. Le blasphème et le libertinage ont éteint son génie et l'ont fait mourir avant l'heure. Son talent est corrupteur, comme sa vie fut corr'^mpue.

La plupart de ses œuvres dramatiques ont été écrites non pour la scène, mais pour la Revue des Deux-Mondp.s, sous le titre de Sfectacle dans un fau-

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