‹ Les pièces de théâtreChapitre 131 sur 170 · MUSSET · texte numérisé non relu

MUSSET

teuil et Comédies et proverbes. Nous les passons toutes en revue :

La nuit vénitienne ou les noces de Laurette, 1830, échec ; — Les marrons du feu, 1829, pétris dans la pâte byronienne, scènes d'alcôve,^ un abbé libertin, action violente et sceptique ; — A quoi rêvent les jeunes filles, 1832, saynète qui rappelle la comédie galante espagnole ; — La coupe et les lèvres, matérialisme byronien, débauches, séduction, vengeance.

Caprice, 1847, grand succès, amour passionné ; — Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, 1848, très capiteux ; — Il ne faut jurer de rien, 1848, id.

Le chandelier, 1848, intrigue de Jacqueline avec le dragon Clavaroche, et Fortunio posé en chandelier pour détourner les soupçons ; immoral ; — André del Sarto, 1848, drame adultérin, portrait fantaisiste du peintre florentin ; — Louison, 1849.

On ne saurait penser à fout, 1849, sans intérêt ; — Les caprices de Marianne, 1851, psychologie sentimentale ; aimer, n'être pas aimée, poursuivre toujours un rêve sans l'atteindre, c'est le sort de beaucoup ; — Bettine, 1851.

Fantasio, rêverie poétique et maladive où Musset s'étudie lui-même et dit : ses dégoûts, ses sarcasmes, ses rancœurs, son orgueil ; — On ne badine pas avec Vamour, fantaisie tout en bleu, fond pénible, rôle du curé Bridaine, ses réflexions égrillardes et sa goinfrerie, propos contre la vie des couvents ; — Barberine, 3 actes en prose ; en Hongrie, des Lovelaces veulent séduire la Lucrèce de Bohême et sont enfermés dans le château, etc. ; — Carmosine, l'amour d'une jeune bourgeoise pour un roi ; — La nuit d'octobre, fantaisie, le poète consolé par la muse.

236 NAJAC — NICCODEyy

Emile de Najac (1828-1889), amuseur du Palais- Royal, collaborateur de About, Decourcelle, Grange, Delacour, Martin, Sardou, etc.

On a de lui, entre autres œuvres: Bébé, 1877, avec Alfred Hennequin, un jeune homme de vingt-deux ans qu'on croit innocent et qui est débauché, grand succès; — Les provinciales à Paris, 1878, avec Pol Moreau : une nuée de provinciaux des deux sexes, qui faute de place dans les hôtels, arrivent chez leurs cousins et amis ; mots drôles, saillies égrillardes ; — NounoU: 1879, avec A. Hennequin, aventures galantes dans une maison où Ton s'est réuni, à l'occasion d'une naissance ; — Betiré des affaires, avec About : un commerçant malade et insupportable depuis qu'il a quitté les affaires, guérit et se corrige, grâce à son neveu qui monte un magasin ; — Au pied du mur, petit acte galant et léger ; — Le chant du coq, acte très leste ; — La dernière poupée, acte scabreux et très choquant.

Nancey, directeur du théâtre des Nouveautés a signé avec Armont quelques vaudevilles adultères et très libres :

Le truc du brésilien, 1904 ; — Le Trèfle à Quatre, 1906 ; — Théodore et Cie, 1909.

Dario Niccodemi, originaire de la République Argentine, a profité des leçons de son professeur de français en même temps que de celles de nos dramatistes immoraux.

La Suzeraine, 1907, histoire d'une suzeraine de San Paolo qui conquiert habilement le cœur de son beau cousin et l'amène à l'épouser.

NIGOND — NORMAND 237

Le refuge, 1909, œuvre répugnante : une épouse qui ramène une maîtresse de son mari, par peur que «elui-ci ne se tue.

Gabriel Nigond, conte en vers des histoires d'amour: Le cœur de Sylvie, 1906 ; — Le dieu Terme, 1907 ; — Kerubinos, 1909, anecdote grecque sentimentale.

Edouard Noël, né à Arras en 1848, avocat, critique dramatique, dirigea pendant 15 ans les Annales du théâtre et de la musique, collaborateur du Gaulois ; il a composé un assez grand nombre de pièces, actes en vers, prologues, etc. : Le roman d'un jeune homme chauve, 1885, les déboires d'un célibataire ; — David Téniers, 1886, exploite le trait historique de Téniers se faisant passer pour mort, afin de mieux vendre ses tableaux ; adultère ; — Le comte Roger, 1900, drame, donnée scabreuse ; — Les vacances d'Antoinette, 1904; un acte émouvant : le sort de l'enfant dans le divorce;

— Comédie à Compièg?ie, opérette très croustilleuse;

— Tragédie et Comédie, à-propos en vers, très beau;

— La betterave, très gros et très égrillard ; — Mains liées, un galant adultère humilié par le mari et la femme ; — etc.

Jacques Normand, né en 1848, avocat et archiviste paléographe, poète. Il a surtout porté au théâtre des fantaisies historiques, des souvenirs ou des études en vers ou dans une langue littéraire et poétique: Le troisième larron, 1875, conte sentimental sous la féodalité ; — L'amiral, 1880, ou la tulipomanie, sentimental ; — L'auréole, 1882, une jeune provincial, avant de convoler, recherche une actrice dont l'auréole a saisi son imagination : l'actrice se fait vulgaire et guérit ainsi le jeune homme de ce genre d'escapade ;

— Musotte, 1891, empruntée à VEnfant, de Maupassant : adoption d'un bâtard du mari par les deux

238 NOUSSANNE — NOZIERE

époux ; — Les vieux amis, 1892, bluette sans portée, style Louis XV ; — La douceur de croire, 1899, semble conclure que la foi est une chimère, mais que cette chimère est douce au cœur humain et qu'il ne faut pas la briser ; intention excellente, mais réalité qui répond mal au dessein de l'auteur (F. Veuillot) ; — M. et Mme Dugazon, 1901, démêlés conjugaux de la célèbre actrice ; — 07i n'oublie pas, 1903, l'obstination d'un père relativement au mariage de sa fille.

Henri de Noussanne s'est spécialisé dans les petits actes de salons. Voici ses œuvres : Au dessus des frontières, drame : l'amour ne connaît ni race ni religion : un jeune officier allemand épousera une française catholique, malgré tous les obstacles ; — Le camélia bleu, scène de jalousie conjugale en rentrant du bal ; — Le signal d'alarme, scabreux ; — La dame, de pique, un jeune ménage corrige la belle-mère ; — Les perles, une tante terrible mystifiée, honnête ; — Trois cœurs pris, quiproquos sur fiancés ; — Bertrande, 1894, un curé qui se résigne enfin à laisser marier sa nièce ; — Chez le ministre, les enfants font le courrier et disposent des places, satirique et sentimental ; — Voué au blanc, expédient plaisant de trois jeunes filles que leur mère ne consent pas à marier, honnête ; — Cher Maître, un avocat que ses parents forcent à plaider devant eux et devant une jeune fille... qu'il épouse ; très comique.

Nozière, nom de plume qu'a emprunté à un roman d'Anatole Prance le juif Fernand Weyl, collaborateur du Temps et du Gil Blas, critique dramatique au Matin où il signe Guy Launay.

Il a puisé dans les collections libertines du XVITI* siècle : Les hasards du coin du feu, 1907, d'après Crébillon fils, « comédie de psychologie galante dans la

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