‹ Les pièces de théâtreChapitre 145 sur 170 · REGNARD · texte numérisé non relu

REGNARD

mousse et pétille comme du Champagne. C'est la joie de vivre, la joie d'aimer, la joie de chanter.

Tellement qu'il a le diable au corps, un diable qui n'a pas de griffes, mais qui, comme Momus, agite indécemment ses grelots. Les personnages qu'il nous présente avec une indulgence sceptique sont peu recommandables. Bien que Regnard, à l'opposé de Molière, n'ait jamais pris parti contre la vertu et que ses dénouements soient toujours avouables, il ne saurait être classé parmi les moralistes ; il fait rire, et c'est tout. Si Piron a pu dire : « J'ai ri, me voilà désarmé » les délicats, qui sont malheureux, dit le poète, doivent se défendre un peu de ce rire de Plaute et de Rabelais.

Ses principales œuvres sont très souvent reprises. Ce sont Le joueur, 1696 : un jeune homme de bonne famille aime les cartes et sa fiancée ; quand il gagne au jeu, il oublie son Angélique ; quand il a perdu, il lui revient. Caractère bien tracé ; amuse peu le gros public.

Les -folies amoureuses, 1704, éternelle mésaventure d'un tuteur qui, malgré les verrous et les grilles, se voit ravir sa pupille Agathe par un beau cavalier.

Les Ménechmes ou les jumeaux, 1705, série de quiproquos amenés par la ressemblance de deux frères jumeaux. Vers très gracieux. Le mot resté célèbre ; «Que feriez-vous, Monsieur, du nez d'un marguillier». Quant à la pièce elle-même, « elle est si vilaine de fond et de mœurs, si parfaitement cynique, qu'elle risque de faire horreur » (Francisque Sarcey).

Le légataire universel, 1708, « un chef-d'œuvre d'indécence, d'impertinence et d'impudence. Le sujet est d'une im.moralité profonde ; il s'agit d'un faux, digne des galères, il s'agit d'un testament dicté par un valet, Crispin, au profit de son maître, pendant la léihargie d'un oncle qu'on croît mort, mais qui se ré-

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