SAND
enfants d'un siècle qui a vu naître Werther, Manfred et René : ils rêvent, ils souffrent, ils souffrent d'amour surtout. Car l'amour joue un rôle capital dans le théâtre de George Sand comme dans ses romans : l'amour y est la grande misère, et le . rand remède.
Un deuxième caractère qui affecte ces ouvrages, c'est l'observation de la vie domestique, et l'idéalisation des mille détails qui la remplissent.
Tant de talents n'ont réussi à sauver de la défaveur du public que deux ou trois pièces, parmi celles-ci :
Cosima, 1840, fut son premier essai. C'est un système mis en action, un drame oratoire et philosophique dont l'adultère forme le fond et qui a pour but de combattre l'institution du mariage.
Le roi attend, 1848, simple prologue de circonstance, défend la même thèse : c'est Molière victime de l'amour conjugal.
A partir de 1849, George Sand trouva une nouvelle source d'inspiration dramatique dans le genre pastoral et rustique : François le Champi, 1849, l'amour d'un enfant trouvé pour la meunière qui l'a recueilli, scabreux ; — Claudie, 1851, « églogue au foin vert » : une fille qui a fauté, qui se résigne et qu'un autre épouse par amour ; apothéose de la fille-mère, oratoire, poétique, pathétique, capiteux.
Après le village, la société bourgeoise avec Le Mariage de Victorine, 1851 : amour discret de Victoriae, fille d'un employé, pour le fils de la maison ; stoïcisme du vieux serviteur Antoine s'efforçant de chasser cette passloix du cœur de sa iîlle ; imité de Sedaine ; étude fouillée.
Elle donna ensuite Le démon du foyer, 1852 ; — Molière, 1853, son mariage et sa mort ; — Mauprat, 1853, métamorphose par l'amour d'une nature née