‹ Les pièces de théâtreChapitre 156 sur 170 · SANDEAU — SARDOU · texte numérisé non relu

SANDEAU — SARDOU

sauvage, épisodes mélodramatiques ; — Le pressoir, 1853 ; — Flaminio, 1854, amour d'une grande dame et d'un bohème ; — Maître Favilla ; — Lucie, 1856 ; — Comme il vous plaira, 1856 ; — Françoise, 1856 ; — Les beaux Messieurs de Bois-doré, 1862 ; — Le pavé, 1862 ; — Le Marquis de Villemer, 1864 : une institutrice qui décourage un amour aristocratique ; chefd'œuvre de romanesque. «(Un très beau mensonge» dit Jules Lemaître. C'est là le danger: ces gens qui jouent avec l'amour et ne tombent sont une contradiction ou au moins une exception ; — Le Drac, 1864 ; — Les Don Juan de village, 1866 ; — Le lis du Japon, 1866 ; — Cadio, 1868 ; — L'autre, 1870 : « malgré les formes bénignes et berquines de son drame qu^' tout d'abord n'a l'air que niais, jamais l'adultère, dans aucun des livres de George Sand, n'avait paru aussi dégoûtant que dans son drame d'aujourd'hui » (Barbey d'Aurevilly).

Jules Sandeau (1811-1883), romancier analyste. Au théâtre, il est surtout connu par sa collaboration avec Emile Augier dans Pierre de touche, Le gendre de M. Poirier, Ceinture dorée, Jean de Thommeray.

Il a fait représenter seul deux pièces dont la première restei^a au répertoire : Mademoiselle de la Seiglière, 1851, empruntée au roman : un marquis revient de l'émigration ; son fermier lui rend son château ; amour candide de la jeune marquise pour Bernard, le fils du généreux serviteur ; leur mariage; sentiments élevés, grand succès ; — La maison de Pénarvan, 1863, peu réussi, intérêt dispersé.

ViCTOBiEN Sardou (1831-1908), a touché à tous les genres de la littérature dramatique et dans chaque genre, il a laissé des œuvres qui resteront. On peut lui appliquer le vers de Voltaire :

Tous les goûts à la fois sont entrés dans mon âme

Laborieux et obstiné, avide de gloire, curieux d'histoire, doccultisme, d'observation sociale, doué d'un vrai talent, il a remporté des triomphes littéraires et des triomphes d'argent.

Trois traits le caractérisent : le métier, le flair de l'actualité et l'abondance. Il a su construire un scénario, agencer des intrigues et camper des personnages mieux que Scribe lui-même ; ses pièces sè distinguent par le mouvement endiablé, les émotions brusques, le tourbillonnement des acteurs, le pathétique pénétrant, par la vie et l'effet. C'est par là qu'elles ont réussi. C'est à cause de cela qu'elles passeront : le fond y est trop pauvre et la psychologie aussi.

D'autant que certaines d'entre elles n'ont dû leur succès qu'à l'actualité : Sardou a toujours su, avec une rare subtilité, deviner les courants qui se forment dans la foule, distinguer les travers du moment, les exigences de l'heure présente, et servir au public le plat du jour.

Il a employé à ce travail une fécondité étonnante : par sa puissance de production, par sa prodigalité dramatique, il rivalise avec Dumas et les auteurs espagnols de l'époque classique.

On trouve dans son théâtre des vaudevilles à couplets écrits pour la Déjazet, des vaudevilles d'intrigue (Les pattes de mouche, etc.) ; des comédies dramatiques {Nos infimes, Séraphine, Maison neuve, etc.) ; des comédies satiriques {La famille Benoiton, Rahagas, Nos bons villageois) ; — des tragédies historiques accommodées au goût de la légende populaire, {Patrie, La Haine, Thermidor) ; des comédies historiques (Madame Sans-Gêne) ; des féeries {Crocodile, Le roi Carotte): des farces gauloises {Divorçons); de terrifiants mélodrames {Le diable noir, La Tosca); des fresques décoratives pour Sarah Bemhardt.

Il a su faire rire, il a su mieux encore exprimer la tristesse et la terreur : autant ses comédies sont gaies, alertes, étincelantes, autant ses drames ruissellent de sang, se voilent de ténèbres tragiques, retentissent de clameurs et de passion lyrique. Ses comédies d'observation surtout sont de bonne veine et seront de longtemps préférées aux autres.

Au point de vue de la bienfaisance morale, Sardou a raillé les snobs, les dandys, les petits crevés, les fantoches, les inutiles ; s'il a été souvent hardi et ; libre, il a été rarement libertin et indécent.

De la religion qui a consolé sa dernière heure, il n'a guère connu durant sa vie que certains aspects vulgaires et déformés : il l'a faite atroce, fanatique, parfois ridicule.

Dans la nomenclature de ses œuvres, nous ne donnons quelques détails que sur les principales :

L'affaire des poisons, 1907, scènes horribles et pittoresques, éblouissante figuration. Peu d'intrigue amoureuse. Dans la coulisse, cérémonie sacrilège et obscène de la messe noire pour laquelle se prête Madame de Montespan.

Bataille d'amour, 1863, opéra-comique ; — Les barbares, 1901, drame lyrique, froid et incolore ; — Belle-maman, 1889, très leste ; — Les bourgeois de Pont-Arcy, 1878, satire des mœurs provinciales ; — Candide, 1855, nauséabond ; — Le capitaine Henriot, 1864, opéra-comique, galant ; — Cléopâtre, 1890, fresque décorative pour Sarah, long duo d'amour ; — Le crocodile, 1886, féerie sans valeur ; — Daniel Bûchât, 1880, le type du jacobin moderne ; pose et résout en chrétien la question du mariage civil et religieux ; — Les diables noirs, 1863, immoral ; — Le dégel, 1865, vaudeville.

Divorçons, 1880 : un mari et une femme s'estiment insupportables l'un à l'autre et réclament le divorce.

Ils le regrettent. Le but paraît être la condamnation du divorce, si faible que soit l'argument ; mais l'ensemble est cynique et polisson. C'est de la pornographie pure, a dit Sarcey.

Don Quichotte, 1864 ; — Dora, 1877, vengeance dramatique d'une évincée ; — La famille Benoiton, 1865, chef-d'œuvre de comédie satirique. En scène, tous les types de la vie sociale : une mère toujours sortie, un père vaniteux, fier de son coquin de fils, une jeune fille qui tient des propos de poissarde. Idée générale : la dissolution de la famille sous l'influence de l'égo'isme, de la passion du jeu, et de la soif des plaisirs.

Fédor'a, 1882, un des triomphes de Sarah : horribles scènes ; — Les femmes fortes, 1861, caricature spirituelle de la femme qui oublie son sexe et de l'homme qui subit devant elle sa déchéance ; — Fernande, 1870, vengeance d'une femme délaissée ; — Ferréol, 1875 ; — La fille de Tabarin, 1901, comédie lyrique ; — Les ganaches, 1862 ; — Les gens nerveux, 1863 ; — Georgette, 1885, le mariage d'une fille de courtisane.

Gismonda, 1894, grand drame pour Sarah. La veuve de Nério II, duc d'Athènes, déclare qu'elle donnera sa main au plus vaillant. Soudain, des cris se font entendre : c'est Francesco, le fils de Gismonda qui est tombé dans une fosse où l'on garde un tigre. Un citoyen courageux se dévoue et parvient à sauver le prince : c'est un simple fauconnier. Il demande à la reine de tenir sa promesse. Celle-ci refuse. Cependant, le sauveur accomplit dans la suite tant d'exploits qu'il conquiert le cœur de la reine.

La Haine, 1874, grand drame, épisode de la guerre des Guelfes et des Gibelins ; atrocités, corruptions, superstitions, belles scènes.

Madame Sans-Gêne, 1893 : histoire de la blanchis-

seuse qu'épousa le sergent Lefebvre et qui, par suite de la gratitude de Napoléon, fut promue maréchale de France, et conserva à la cour ses manières communes.

Le magot, 1873, comédie-poursuite ; — Maison neuve, 1867, exhibitions audacieuses, scènes immorales ; — Marquise, 1889, sujet scabreux, scènes très risquées ; — Les Merveilleuses, 1873, comédie anecdotique ; — Monsieur Garât, 1860, bluette à couplets ; — Les noces de Fernande, 1878, opéra-comique.

Nos bons villageois, 1866, roman d'amour adultère, étude de la jalousie ; — Nos intimes, 1861, défilé de prétendus amis de différentes sortes : les uns exploitent, les autres médisent, d'autres conspirent, d'autres prennent les femmes ; scènes sensuelles ; — Odette, 1880, très hardi ; — L'oncle Sam, 1873, charge grossière, scènes risquées ; — Papillonne, 1862, malsain.

Patrie, 1869, drame puissant dont l'acte se passe en Hollande à la fin du XVI^ siècle, insurrection des Flamands contre la domination espagnole : Rysoor, patriote calviniste sacrifie son amour et sa vengeance à la patrie.

Les pattes de m,ouche, 1860, une lettre compromettante pour une femme mariée, court de main en main et soulève les incidents les plus drôles.

La perle noire, 1862 ; — Piccolino, 1861, conte galant ; — La piste, 1903, une femme divorcée soupçonnée par son remari, etc.; — Les pommes du voisin, 1864, scabreux ; — Les premières armes de Figaro, 1859 ; — Les prés Saint-Gervais, 1862.

Rabagas, 1872, histoire d'une révolution, satire de Gambetta. Le prince de Monaco est en lutte avec son peuple, mené et perverti par Rabagas. Il fait appel à Rabagas et celui-ci fait volte-face, devient gouvernemental et fait fusiller ses anciens partisans. L'ordre est rétabli : Rabagas est congédié.

2T6 SCRISE

Robespierre, 1889, flétrissure de la Révolution ; interdit à Paris; — Le roi Carotte, 1872, opéra-bouffe;

— Séraphine, 1869, odieuse caricature d'une dévote ;

— Spiritisme, 1897, sans valeur ; — La sorcière, 1903, spectacle éblouissant, rôle odieux du cardinal Ximénès, fond anticatholique; — La taverne des étudiants, 1854, la première œuvre de l'auteur, sifflée.

Théodora, 1884, vaste fresque, succès énorme. Situations très réalistes et trivialités voulues ; — Thermidor, 1891, amours de Martial Hugon et de Fabienne Lecoulteux : celle-ci, ancienne religieuse, serat-elle, oui ou non, envoyée à la guillotine ? C'est le sujet de l'ouvrage. La pièce, interdite par la censure, donna lieu à une interpellation à la Chambre : Clemenceau y prononça le mot «bloc» qui depuis a fait fortune.

La Tosca, 1887, drame horrible et violent ; — Les vieux garçons, 1865.

Eugène Scribe f 1791-1861), le grand accapareur de la scène française pendant trente ans, le prince des vaudevillistes, le Molière, le Quinault, le Marivaux bourgeois du XIX<^ siècle, le favori de la fortune et du public : sa renommée et ses 400 pièces ont ravi le monde entier, et il est aujourd'hui dédaigné ou dénigré.

Il a possédé au suprême degré le don de l'invention dramatique et du mécanisme théâtral : il a su donner à ses pièces une combinaison de moyens et d'effets qu'on ne connaissait pas jusque-là. Il a enseiiné l'art de tenir le public en haleine, avec toute Th tiileté d'un prestidigitateur de la haute école.

r^tte entente de la scène nest pas le seul moyen de séduction dont il se soit servi pour dominer les ma '^-es. Il a su en effet comprendre les mœurs de son époque et en profiter. La Restauration succédait à l'Entpire ; la société était encombrée de vieux soldats et de jeunes colonels ; l'aristocratie d'argent, avec

ses qualités et ses défauts, avec son manque d'idéal et ses goûts communs y occupait une place prédominante, Scribe se constitua le poète dramatique et le caricaturiste élégant de ce monde spécial. Il se mit en communion avec lui, il lui montra ce qu'il pouvait comprendre et ce qu'il aimait : des situations dramatiques en apparence inextricables, mais toujours merveilleusement résolues, des scènes d'amour et des mariages ; il lui débita des mots spirituels, des pointes, dek^concetti, des coqs à l'âne et des propos saugrenus qui sont devenus légendaires.

Avec cette multiplicité de ressources. Scribe fonda un royaume, la Scribie, c'est-à-dire a un pays où tous les hommes naissent colonels et agents de change, où les arbres portent des fruits d'or et des écorces tressées en billets de banque, où les petites filles du monde parlent le langage des grisettes, où la richesse et le bonheur matériel chassent bien loin toute aspiration vers l'idéal et la poésie ».

Il a eu des côtés faibles, et même les critiques contemporains les ont signalés avec violence. D'abord, il a manqué de style : il eut le don de l'incorrection et le génie de l'impropriété, il n'a Jamais fléchi les genoux devant la grammaire.

Au point de vue philosophique, il a ignoré le cœur de l'homme : « c'est un peintre de bonbonnières qui fit croire aux bourgeois de son temps que ses petits dessus de boîtes étaient des tableaux de mœurs ». Il est incapable de toute conception élevée : toute sa théorie consiste dans les petites causes produisant de grands effets. C'est d'après cette théorie qu'il juge l'histoire et la vie.

Au point de vue moral. Scribe est essentiellement un écrivain bourgeois ; bourgeois non seulement par la naissance, mais par l'esprit, les mœurs, l'économie, le placement utile de ses capitaux, de son temps

et de son talent. Dans toutes ses œuvres, il est resté terre à terre. Il a méconnu tous les sentiments généreux, il a raillé sciemment l'amour, l'amitié, la jeunesse, la poésie, l'idéal ; il a pindarisé l'égoïsme et vanté sans vergogne l'argent et les délices qu'il procure. Théophile Gautier, l'ennemi déclaré des philistins et du vaudeville, a résumé ainsi cette morale sans cœur : « Eviter les mariages d'inclination. Il est bon de faire fructifier son argent. On doit toujours penser à soi. L'enthousiasme est ridicule. Ne trompez pas votre femme, parce que cela est incommode. Ne vous livrez pas à la galanterie, parce que c'est un engrenage et ça peut nuire plus tard à votre position ». Le spectateur vulgaire s'accommode de ces maximes : elles l'avilissent.

Il y a autre chose encore : « Côtoyer le vice moderne, mais ne pas y entrer, dit Barbey d'Aurevilly, sauver de la vilaine tâche noire sa bottine de satin rose, mais l'approcher le plus qu'on peut de ce qui fait la tâche, donner à l'innocence qui est dans la salle (quand elle y est) le frisson du danger qui en est la friandise, c'est ce qui fait la force et tous les avantages du théâtre de Scribe, le Séraphin et non le Shakespeare des ombres chinoises ».

..-^^'^^'ous avons tenu à dégager la personnalité de cet auteur, parce que ses œuvres sont encore beaucoup lues et qu'elles obtiennent trop facilement les suffrages de gens déjà trop entachés de scribie. 'Voici lee principales dans l'ordre alphabétique :

Vamhitieux, 1834, vise une manie du temps, la chasse aux portefeuilles. Le ministre dont il s'agit est Robert Walpole, le célèbre homme d'état anglais qui se vantait de connaître le tarif de chaque conscience. Peu de succès.

L'artiste, 1821, vaudeville ; il faut qu'un artiste soit un malheureux bohème pour être agréé comme gendre.

Avant, pendant et après, 1828, pièce politique représentant les trois dates de 1789, 1793 et 1825, glorification de la noblesse et de la bourgeoisie.

Babiole et Joblot, 1845, mariage contrarié, deux actes décents.

Bertrand et Raton ou Vart de conspirer, 1833, comédie politique ; s'attaque à l'émeute des rues préparée par les habiles et tournant contre le populaire qu'ils ont poussé devant eux. Toujours d'actualité, situations intéressantes.

La calomnie, 1840 ; montre la calomnie bête s'attaquant à un ministre honnête homme et à une Jeune fille. Passages risqués.

La camaraderie ou la courte échelle, 1837, consortium invraisemblable de gens qui s'associent pour arriver au succès : leurs maladresses réparées par une femme ; feu roulant d'épigrammes, situations risquées.

Caroline, 1819, une jeune fille considérée comme bébête et qui remet en place de jeunes Impertinents; leste.

La Chanoinesse, 1822, donnée scabreuse, double intrigue d'amour ; — La charge à payer, 1825, tripotages matrimoniaux.

Clermont ou une femme d'artiste, 1838 : un grand peintre devenu aveugle, soupçonne sa femme, alors qu'en réalité elle se dévoue pour lui.

Le coiffeur et le perruquier, avec Mazères : Poudret accorde au coiffeur Alcibiade la main de sa nièce Justine et une dot de 20.000 francs «gagnée à la sueur de tant de fronts ».

Le colonel, 1822, avec G. Delavigne : Mlle Fleuret déguisée en colonel est acceptée sérieusement comme le vrai colonel par les officiers du régiment; elle s'évanouit devant un pistolet. Assez honnête.

Le combat des montagnes, 1817, avec Dupin, revue

satirique dont le point capital est la concurrence des montagnes (dégringolade des montagnes russes alors toutes nouvelles). Elle attaque dans M. Calicot, les commis qui se donnent l'allure d'officiers et portent la moustache interdite sous lEmpire aux pékins. Tumulte effroyable : les calicots cependant ne parvinrent pas... à faire baisser la toile.

Le comte Ory, 1816, vaudeville qui devint opéra de Rossini ; — Le confident, 1827, marivaudage ; — Coraly, ou la sœur et le frère, 1824, avec Mélesville, risqué.

La demoiselle à marier ou la première entrevue, 1826, avec Mélesville : un jeune homme riche voit sa fiancée ; mais elle a fait grande toilette et ses parents aussi. Il se dédit, et ces gens retrouvent leur simplicité, etc.

La demoiselle et la dame, 1824, duel grotesque de Draguignard avec le cuirassier Belenfant, cousin d'Adélaïde, future du dit Draguignard.

Les deux maris ou M. Rigaud, 1819, avec Varner : deux personnes qui se sont mariées très jeunes, sans se connaître. Scabreux.

Les deux précepteurs, 1817, avec Mélesville : M. Cinglant, le maître d'école rigide et un valet déguisé en savant .Assez honnête.

Le diplomate, 1827, avec G. Delavigne ; — L'écarté, l'822, avec Mélesville et Saint-Georges : physionomie d'une salle jouante et dansante sous Louis XVIÎT ; sentimental, risqué.

Estelle ou le père et la fille, 1834, un père anxieux qui s'imagine un moment qu'Estelle n'est pas sa fille.

VétiLdiant et la grande dame, 1837, avec Mélesville : la grande dame dont l'afTection pour l'étudiant inspirait la jalousie à sa fiancée était la mère même du jeune homme.

La famille Biquebourg ou le mariage mal assorti.

1831 : une femme dont le mari est un parvenu trivial, s'éprend du neveu qui... s'exile.

Le fils (Vun agent de change, 1836, avec Dupin : un amoureux d'une femme de chambre qui se travestit en nourrice pour se rapprocher de sa prétendue.

Le fou de Pérohne, 1819, avec Dupin : un fiancé qui veut une dot et qui est joué.

Le gardieit, 1833, avec Bayard : un commis surveille la femme de son patron et l'empêche de fuir avec un séducteur.

Le gasiionome sujis argent, 1821, avec Brulay, pochade; — La haine d'une femme, 1824, marivaudage ; — Lliéritière, 1824, avec G. Delavigne, marivaudage honnête et intéressant.

L'image, 1845, avec Sauvage : un peintre épris d'une uTarquise qu'on croit morte. Un de ses amis, pour le consoler, fait venir une paysanne qui lui ressemble étonnamment : c'était la marquise elle-même; mariage.

L'intérieur d'un bureau, 1823, avec Ymbert et Varner : l'expéditionnaire Bellemain copie, sans la lire, une chanson diffamatoire dirigée contre son chef.

Louise ou la ré-paration, 1829, avec Bayard et Mélesville : une fîlle-mère épouse son séducteur d'abord ■ contraint, puis attaché.

La lune de miel, 1826, avec Mélesville et Carmouche : comment un mari corrige sa femme impérieuse; risqué ; — Les malheurs d'un amant heureux, 1838, très risqué ; — Malvina ou un mariage d'inclination, 1815, un mariage secret qui donne lieu à des més'aventures poignantes et scabreuses.

La Manie des Places ou la folie du siècle, 1828, satire des politiciens affamés de pouvoir et des quémandeurs.

La mansarde des artistes, 1824, sentimental et risqué ; — Le mariage d'argent, 1827. Poligni, le héros,

se décide par intérêt à épouser une fille qu'il n'aime ni n'estime.

Le mariage de raison, 1826, avec Varner, un fiancé évincé qui finit par entendre raison ; triomphe éclatant, scabreux. Métier d'auteur, métier d'oseur, disait Beaumarchais.

La man'aine, 1827, avec Lockroy : elle est veuve et aimée de son filleul ; cet amour est contrecarré par un agent d'affaires qui n'arrive pas à ses fins.

Les viémoires d'un colonel de hussards, 1822, avec Mélesville : Gontier fait l'éducation d'un jeune officier et le résultat de ses leçons est de ménager, sans le savoir, une entrevue de sa femme avec son élève.

Le menteur véridique, 1823, avec Mélesville ; — Michel et Christine, 1821, avec Dupin ; — Oscar, 1842, avec Dupeyrier, « le fait initial qui donne naissance à la pièce est si abominable que j'éprouve quelque embarras à l'exposer » (F. Sarcey).

L'ours et le pacha, 1820, avec Saintine, bouffonnerie amusante et honnête, universellement connue.

La passion secrète, 1834 : « aujourd'hui, dit Dulistel, colonel devenu boursier, qu'est-ce que la noblesse ? qui en veut ? Personne. De l'argent, c'est différent, tout le monde en demande ».

Le plus beau jour de la vie, 1825, avec Varner : un receveur général éprouve, le jour de son mariage, des mésaventures désagréables et pas indécentes.

Les premières amours ou les souvenirs d'enfance, 1825 : l'ami d'enfance qu'Emmeline aimait a dévoyé ; Emmeline en épousera un autre qu'elle avait d'abord refusé.

Le puff ou mensonge et vérité, 1848, satire violente de la société bourgeoise, du trafic de la conscience, etc.

La seconde année ou A qui la faute, 1830, avec Mélesville : la faute en est au mari, si sa fwnme était prête à le tromper.

Le secrétaire et le cuisinier, 1821, le cuisinier Soufflé pris pour un secrétaire d'ambassadeur ; intrigue d'amour, honnête.

Le solliciteur, 1817, avec Dupin : Félix Lespérance sollicite un bureau de tabac ; il s'introduit au Ministère des finances par les ruses les plus incroyables : « Audacieux et fluet, et l'on arrive à tout, » dit-il.

La somnambule, 1818, avec G. Delavigne, très risqué.

Une chaîne, 1841 : M. Emeric, se couvrant du ^-oile de la morale, rompt, sans crier gare, une chaîne d'amour que lui a passée au cou Mme de Saint-Géran. Vif succès, scabreux.

Une chaumière et son cœur, 1835, avec Alphonse : une jeune fille adoptée par un lord très riche, veut retrouver le fermier qui l'aimait dans son enfance... Elle s'enfuit et retrouve dans une taverne le fermier devenu cupide et grossier ; elle retourne près du lord qui l'épouse.

Une faute, 1830, drame conjugal ; — Une nuit de la garde nationale, 1815, avec Poirson, mise en scène de types de l'époque : M. Pigeon, le garde national biset n'ayant pas encore l'uniforme, la mère Brise-Miche, etc. ; intrigue grosse.

Une visite à Bedlam, 1818, avec Poirson, sentimental ; — Valérie, 1822, une aveugle guérie par son prétendu ; — Vatel ou le fils d'un grand homme, 1825, avec Mazêres, tripotages matrimoniaux.

Le veau d'or, 1841, avec Dupin : un usurier découvre qu'une de ses voisines est sa fille.

Le verre d'eau ou les effets et les causes, 1840. C'est le développement de la théorie du hasard, chère à Scribe : il explique la chute d'un ministère par celle d'un verre d'eau. Situations scabreuses, immense succès.

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