‹ Les pièces de théâtreChapitre 26 sur 170 · BERR — BERR DE TURIQUE · texte numérisé non relu

BERR — BERR DE TURIQUE

très perverses. Voici ce que dit M. Brisson à propos de cette dernière : « A qui dans la pièce notre sympathie pourrait-elle s'accrocher ? De quelque côté qu'on se tourne, on n'y aperçoit que fange, laideur, ignominie. Passez en revue les personnages : tous gredins ou mufles, souvent les deux à la fois... Quelle étrange manie possède M. Bernstein de vouloir absolument que chacune des figures qu'il introduit sur la scène ait une tare ! On dirait qu'il ressent comme une joie satanique à étaler les stupres du monde, à les offrir en spectacle, à s'en repaître. Une odeur de pourriture éma.ne de La Griffe, comme de La Rafale... »

Et aussi des autres. Le Voleur, 1906, est une peinture de turpitudes et de bassesses, .un défilé de types ignobles que l'auteur s'efforce de rendre sympathiques. Samson, 1907, c'est la même chose. « L'auteur, dii M. Faguet, n'a mis dans sa pièce exclusivement que des personnages abjects ».

Quant à Israël, 1908, qui a pour but d'exalter la supériorité du juif dans notre société, il joint à la brutalité insolente du sujet, des blasphèmes odieux et des scènes à la fois indécentes et irréligieuses.

Georges Berf, né en 1867, dramatiste et comédien, sociétaire de la Comédie-Française. Il a réussi à faire exceptionnellement une comédie L'Irrésolu, 1903, qui n'a point l'adultère ou la débauche pour sujet principal. Toutes ses autres œuvres : La Carotte, 1902 ; — L'Escapade, 1904 ; — La Marche forcée, 1905 ; — Les Merlereau, 1905 ; — La Grimpette, 1906 ; — Le Satyre, 1907 ; — Dix minutes cVauto, 1908, avec P. Decourcelle; etc., sont scabreuses ou grivoises.

Julien Berr de Turique, né en 1869, chef du bureau des Monuments historiques aux Beaux-Arts. Quatre histoires adultères plus ou moins pimentées :

«8 BERTOL — BESNARD

Le rez-de-chaussée, 1891 ; — Madame Agnès, 1891 ; — L". supplice du silence, 1903 ; — Le Maroquin, 1904 ; et autres de même nature, avec Bisson ; — VObstacle, marivaudage risqué ; — Lettres posthumes, un acte fort leste.

Eugène Sertol-Graivil, de son vrai nom Eugène Domicent, publiciste, s'est montré au théâtre à la fois bouffon et leste : Kiki, 1894 ; — VEcole des gendres, 1897 ; — Deux orages ; — Marcel ; — Par procuration;

— Maîtres et valets, à propos en vers, pour le couronnement du buste de Molière, honnête ; — Le coup de téléphone, ignoble ; — Paragraphe III ; — etc.

Pierre Berton, né en 1842, issu dune lignée dacteurs célèbres, petit-fils de Samson, brillant acteur lui-m.ême autrefois, auteur de nombreuses œuvres fort variées, dont : Les Jurons de Cadillac, 1865, convenable ; La vertu de ma femme, 1867 ; — Didier, 1868, rivalité d"amour entre un jeune homme et un vieux savant ; — Lena, 1889 ; — le sujet de Fanny Lear, peu édifiant ; — Yvette, 1901, tirée d'une nouvelle scabreuse de Maupassant : la fille d'une aventurière, instruite par sa mère, préfère la vie honnête aux exemple? qu'on lui donne ; — La belle Marseillaise, 1905, comédie historique très intéressante, genre Sardou ;

— Zaza, 1898, avec Charles Simon, ancien directeur du Petit Nord, dédiée à Mme Réjane ; pièce de mauvaises moeurs ; — La rencontre, 1909 : deux adultères, un divorce, deux chambres, etc. On voit tout cela à la Comédie-Française aujourd'hui.

Lucien Besnard, ancien directeur de La Revue d'art dramatique. Deux méfaits à son casier :

Le domaine, 1901, <( pièce perfidement anticléricale et violemment démagogique : l'auteur a résumé l'aristocratie dans une brute et un débauché, et il a créé

BILHAUD — BISSON G9

d^ toutes pièces un curé déloyal, astucieux, canaille » (F. Veuillot).

La plus amoureuse, 1906, apologie de l'adultère, ins^ pirée de Porto-Riche.

Paul Bilhaud, né en 1854, collabore avec Carré, Hennequin : il fait gai mais leste, libre ou libertin. Exemples : Première ivresse, 1885 ; — J'attends Ernest, 1885 ; — Bigame, 1886 ; — Qui ? 1894 ; M'amour, 1901 ; — Nelly Rozier, 1901 ; — Les dragées d'Hercule, 1904, ignoble ; — Le Gant, 1905 ; — La meilleure des femmes, 1909, avec Hennequin ; — etc.

Son premier ouvrage et son dernier trari. hent sur ces gaudrioles : La première querelle, 1881, monologue sur les belles-mères ; — Vâme des héror, un acte en vers de belle frappe : Talma consentant à venir chez un vieux grognard pour déclamer du Corneille. Nous les signalons avec Les espérances, 1886, querelle entre mari et femme sur des espérances d'héritage : et Madame Rose, petit opéra-comique sentimental.

Maurice Biollay, né en 1859. Il donna principalement au théâtre Monsieur Bute, 1890, un bourreau révoqué qui devient assassin ; — L'affranchie, 1892, monstrueux libertinage ; — Les petites, 1902 : deux jeunes filles qui sont traitées par leurs parents comme si elles étaient encore enfants ; l'une d'elles se suicide ; — enfin Les angles du divorce, 1902, comédie après laquelle il s'éclipsa.

Alexandre Bîssotij né en 1848, vaudevilliste d'une grande habileté de main et d'une grande fertilité d'invention. Ses succès de fou rire sont célèbres partout. Il va sans dire qu'ils ne sont pas inoffensifs : un vaudeville en effet, n'est souvent qu'une série de variations sur les manœuvres du libertinage ou les hasards des tromperies conjugales, et il n'y a guère d'autre thème dans Bisson.

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