BLUM — BOIS
1887, farce grosse; — Mon oncle Barbassou, 1891, avec F. Carré, d'après Mario Uchard, conte de sérail à la manière XVIII^ siècle ; — Les Chouans, 1894, avec Berton, d'après Balzàc, amours et batailles, scènes répugnantes.
Ernest Blum, (1836-1907), journaliste et dramaturge, a cultivé tous les genres : vaudevilles, féeries, drames, livrets d'opéras, seul ou en collaboration avec Flan, Clairville, Raoul Toché. Ce « vaillant adversaire du cléricalisme » — ainsi l'appelle J. Lermina, son arni — n'a guère remporté de succès de longue durée, dans sa longue carrière théâtrale. On peut noter, parmi tant d'œuvres : Rose Michel, 1875, mélodrame empoignant à la manière des Ducange et consorts ; — Aventures de M. de Crac, 1886, grande féerie autour du héros légendaire de Colin d'Harleville ; — Les Mystères de Paris, 1887, transcription dramatique du roman malsain d'Eugène Sue ; — Robinson Crusoé, 1899; avec Decourcelle, pièce d'aventures avec grande mise en scène et machinerie ; — Le parfum, 1888, très graveleux ; — L'invité, un acte risqué ; — Le salon cerise, scabreux.
Henri Bocage, né en 1835, auteur de comédies, vaudevilles et livrets d'opéra-comique. On cite de lui Le petit abbé, 1894, aventure libertine du jeune Boufflers.
Paul Bocage (1882-1884), frère du précédent, ami de Feuillet ; ses œuvres ne figurent plus dans aucun répertoire.
Jules Bois, né en 1871. Il s'occupe dans toutes ses œuvres de l'antique, de l'au-delà, du lointain et du mystérieux.
Son Hippobjte couronné, 1905, inspiré d'Euripide est « quelque chose comme du Phidias théâtral »
BOIS — EORXIER 73
(Emile Faguet). Il est plus cru, plus hardi et plus sauvage que son modèle.
La Furie, 1909, cinq actes d'incohérence.
Albert du Bois, poète dramatiste et romancier, né dans le Hainaut belge. Ses œuvres sont très hardies et très passionnées. Elles comprennent des romans antiques, une tragédie et des pièces :
Rabelais, 1904 : le curé de Meudon fait la conquête d'une jeune fille en exposant l'idée de son œuvre Pantagruel, en dépit d'un bon prêtre qui porte la jeune fille à se donner à Dieu ; c'est le triomphe du vice sur le sacrifice ; — La dernière Dulcinée, 1908 : Don Quichotte captif d'une écervelée ; — L'aristocrate, 1908 : Byron poussant une jeune filje à se tuer pour lui ; — Le triomphe d'Aphrodite, 1909.
Casimir Bonjour (1795-1856), un reflet assez pâle du pâle Casimir Delavigne, qui demeura dans les pénombres de son temps. Il y a pourtant de bons sentiments dans L'Education ou les deux cousines, 1823, apologie de l'éducation familiale ; et de l'anticléricalisme dans Le presbytère, 1833.
Henri de Bornier (1825-1901), poète et dramatiste. Il a voulu ressusciter sur notre théâtre la grande tragédie historique, telle qu'on la comprenait au XVII» siècle, en l'appropriant à des besoins et à des sentiments nouveaux, et il y a parfois bien réussi.
D'après M. Lecigne, qui a consacré au noble poète une notice éloquente, trois idées dominent son théâtre : 1° ridée du devoir ; dans Les noces d'Attila et La fille de Roland surtout, ses héros sont les croyants, les apôtres et les martyrs du devoir ; 2° le respect de la pudeur. Tandis que tant de dramaturges mettent au fronton de leur œuvre une maxime morale, et à l'intérieur des scènes très libres, Bornier amène ses conclusions de haute moralité par une intrigue pleine