COURTELINE
sique; il les montre en état d'ivresse le plus souvent; bref, il déforme ses sujets, pour en faire des caricatures grossières qui sont quand même la vérité, mais la vérité grossie et chargée.
A Taide de ces procédés, il compose de petits spectacles pittoresques!, des farces réelles mais monstrueuses, traversées d'une gaité bouffonne, brutale et sans nuances, qui plaisent aux bourgeois et deviennent populaires, parce qu'ils sont faciles à comprendre, produisent un rire tout physique et qu'en somme ils sont de la vie vécue.
Ces jeux burlesques sont-ils dangereux, quand ils ne sont pas licencieux ? On ne peut pas l'affirmer. Car ils sont tellement contraires à la vérité — tout en s'inspirant d'elle — que l'esprit le moins averti loin d'accorder son adhésion à des vérités qui n'en sont pas, se raccroche à la vérité que ces tableaux défigurent sans la blesser. Le Clieiit sérieux, par exemple, montre des magistrats et des avocats dépourvus de conscience ; mais les arguments employés sont tellement accusés qu'ils raniment plutôt la confiance aux magistrats, ils ne prouvent rien parce qu'ils prouvent trop.
Nous nous bornons à nommer ses œuvres principales. Nos lecteurs concluront deux-mêmes que certaines d'entre elles sont malséantes :
Les gaîtés de V escadron, 1886, revue militaire en 9 tableaux, scènes brutales et très gaies ; — Le 51^ chasseurs, 1887 ; — Le train de S heures 47, 1888 : — Lidoire, 1891 ; — Boubouroche, 1893, histoire burlesque d'un mari trompé ; — Le droit aux étrennes, 1896;
— TJn client sérieux, 1897, passages inconvenants ; — Hortense, couche-toi. 1897, hilarant, mais scabreux ;
— Monsieur Badin, 1897, propre; — La voiture versée, 1898, risqué ; — Les Boulingrin, 1898, un invité au milieu d'une discussion de ménage, passages inconvenants ; — Gros chagrin, 1898, une femme trom-