CUREL
hardi corrupteur. L'une de ses premières pièces L'homme à Voreille coupée, 1900, fut interdite par la censure officielle, après quelques représentations. Les suivantes devraient l'être par la censure des honnêtes gens : Qui trop embrasse, 1901 ; — La Passerelle, 1902, avec Madame Fred Grésac : vaudeville scabreux, licencieux, répugnant ; — Le Paon, 1904 : <( Le Paon est ennuyeux, ça été le jugement général » dit M. Faguet ; ce paon est un Don Juan qui séduit par bluff ; — Chérubin, 1901 : l'évolution d'un caractère allant di libertinage à l'amour ; — Le bonheur. Mesdames, 190:^ : d'après le dernier mot de la pièce, il semblerait que le bonheur est dans le ménage ; toutes les scènes sont du libertinage ; — Le tour de main, 1906 : il consiste pour les époux adultères, à savoir mentir ; le mensonge est la condition de leur bonheur ; — Paris-New-York, 1907 : gaîté et turpitudes ; — Arsène Lupin, 1908, avec Maurice Leblanc, d'après les rom.ans de ce dernier : Arsène Lupin, ayant dérobé l'état civil du duc de Charmerace, commet, grâce aux relations que ce titre lui procure, les cambriolages les plus fantastiques. Le policier Guerchard parvient à découvrir l'avatar de Lupin et entame avec lui une lutte acharnée, à l'issue de laquelle il est honteusement battu. Pas d'indécences.
François de Gurel, né à Metz en 1854. Son théâtre sort de la banalité courante, du réalisme commun, et s'attache à l'étude de l'âme, et dans cette étude aux situations et aux sentiments d'exception, il est grave et amer, mais il n'en est guère pour cela plus sain que les œuvres où sont délayés les faits-divers croustilleux de la vie quotidienne.
Venvers d'une sainte, 1892 : ce drame sombre et vigoureux, psychologique, presque tout en conversations ne renferme pas les obscénités que les habitués du Théâtre libre espéraient y trouver. C'est une