‹ Les pièces de théâtreChapitre 60 sur 170 · DEROULÈDE · texte numérisé non relu

DEROULÈDE

La poule aux œufs d'or, 1848, avec Clairville : féerie, fable stupide ; — La prière des naufragés, 1847, avec Ferdinand Dugué ; — La prise de Pékin, 1861, pièce d'occasion. Une chanson de fête ne doit durer que le temps de la fête : celle-ci est cependant reprise, malgré son peu de valeur ; — Rothomago, 1862, avec Clairville : grande féerie avec ballets lestes : — Les Sept châteaux du diable, 1864, avec Clairville, féerie : Deux jeunes filles de Bretagne, en exécution d'un vœu, font un pèlerinage avec leurs fiancés. Satan leur fait traverser sept châteaux habités par les sept péchés capitaux. Trois succombent: la fidèle prie le Bon génie qui arrache à Satan sa triple proie. Mariages.

Le tour du monde en 80 jours, 1874, avec Jules Verne ; — Le trésor des Radjahs, 1894, avec Paul Ferrier ; féerie, beau spectacle ; — Le tribut de Zamora, 1881, opéra, musique de Gounod : livret et partition très médiocres ; — Une cause célèbre, 1877, avec Cormon : drame poignant et honnête ; — Le Vieux Caporal, 1843, avec Dumanoir : mélodrame à succès : — Voyage à travers Virripossible, 1882, avec Jules Verne, pièce fantastique, sans intérêt.

Paul Déroulède, né en 1846. Un nom qui provoque la sympathie et l'admiration: un brave soldat, un soldat qui chante, un patriote, un poète, un chevalier qui se met au service de toutes les causes nobles ou désespérées. Un écrivain de race enfin. Il a de qui tenir : son grand-père était Pigault-Lebrun et son oncle Emile Augier.

Il a fait des vers et des pièces de théâtre, et récemment Les feuilles de route. Les critiques qui examineraient ses oeuvres dramatiques dans les rapports qu'elles soutiennent avec les règles de l'art, pourraient y trouver de nombreux et graves défauts : il nous paraît plus juste de nous associer aux cris

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d'enthousiasme qu'ont arrachés au public les représentations de la plupart d'entre elles.

Il donna d'abord Juan Strenner, 1869, drame de jeunesse.

Après la guerre de 1870, où le poète accomplit des actes de bravoure inouïe, il reprit la plume et en 1872, donna au Théâtre-Français Les Stances à Corneille dont la récitation par Coquelin souleva la salle :

Et toi, Corneille, père du grand courage, Redis-nous ces leçons dont tu faisais les cœurs : Le calme dons l'effort, la haine après l'outrage ; Redis-nous la patrie et refais-nous vainqueurs.

Il songea ensuite à écrire une trilogie patriotique : L'hetman, 1877, devoirs de l'homme pour la défense et la libération de la patrie. L'action en Pologne, en 1645. Immense succès ; — La Moabite, 1880, met en scène la patrie et la religion. Beautés supérieures, scènes très hardies. Non représenté : lu par l'auteur dans le salon de Mme x\dam, et édité ; — Pierre le Grand, la patrie à l'intérieur ; n'a jamais vu le jour.

Messire Duguesclin, 1895, s'inspire du même souffle patriotique.

La Mort de Hoche, 1897, biographie populaire en neuf tableaux, du général républicain.

La plus belle fille du inonde, 1897, conte dialogué, en vers libres, bleu à la façon de Musset.

Marc- Antoine Desaugiers (1772-1827). Tour à tour condamné à mort à Saint-Domingue, et à son retour en France, auteur, acteur, chef d'orchestre, directeur de troupe, il s'accommode et il rit de tout: c'est le Molière de la gaudriole, l'Anacréon grivois. Par dessus tout, il est chansonnier, mais aussi il est vaudevilliste. Il a même ajouté au personnel de la farce italienne et française, aux Jennin Dado, aux

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Jocrisse, aux Pathelin, aux Josse, aux Arlequin, aux Polichinelle, aux Pierrot, aux Scaramouche, des types nouveaux tels que M. Vautour, M. Dumollet, M. Sans-Gêne, M. Pinson, Cadet-Rousselle, Cadet- Buteux, M. et M™« Denis.

Parmi ses 107 pièces ou farces : M. Vautour ou le propriétaire sous le scellé, 1805, détails lestes ; — Le viariage extravagant, 1812, risqué ; — Monsieur Sans- Gêne, 1816, fort libre ; — Le dîner de Madelon, devenu pour nos théâtres catholiques Le dîner de Pantalon ; — l'odyssée en 3 farces successives de M. Dumollet, l'illustre bonnetier de St-Malo qui vient à Paris pour se marier ; — des parodies, des potspourris irrévérencieux.

Lucien Dascaves, né en 1861, « un petit bourgeois des lettres. N'ayant rien d'un écrivain, ni profondeur de philosophie, ni observation, ni imagination, ni finesse d'esprit, ni élégance d'âme, ni style, il fait simplement son métier. Il exprime les sentiments qui conviennent aux temps où il écrit » (Zadig, Revue Bleue).

Le temps où il écrivit ses pièces doit être détestable comme elles : La pelote, 1888, avec Bonnetain : une gouvernante qui, installée chez un veuf, cherche à faire sa pelote et exploite son maître jusqu'à la mort ; — Les Chapons, 1890 : l'égoïsme féroce de deux bourgeois de Versailles qui lors de l'invasion allemande, jettent à la porte leur servante. La pièce écœura le public du Théâtre-Libre et donna lieu à des incidents parlementaires au Sénat ; — Tiers-Etat, 1902, œuvre audacieuse et amère : situation de la femme dont on a divorcé ; — La Cage, 1898, œuvre essentiellement mauvaise et révolutionnaire : établit que le moyen de supprimer la misère c'est la révolution sociale ou le suicide ; raille la charité catholique

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