DELORME — DELPIT
soit, le sujet est toujours d'actualité et on pourrait le reprendre.
Le conseilleur rapporteur, 1841, pièce affligeante, immorale et licencieuse. Le fond est la maxime d© Robert Macaire, expliquant ses crimes en disant : « J'ai eu bien des malheurs ».
Charles VI, 1842, avec Germain Delavigne, opéra, musique d'Halévy : presque rien à reprendre, en dehors des ballets.
Hugues Delorme, poète. Deux polissonneries : La Marchande de pommes, 1902; et Mes oncles s'amusent, 1906. Une pochade gaie, Zénaïde ou les Caprices du Destin, 1907, avec Francis Galley : une cuisinière choyée ou rudoyée par ses maîtres, selon qu'ils apprennent qu'elle a gagné ou non le gros lot. Une comédie de salon mondain : Le chemin de traverse.
Albert Deipit (1249-1893), fils d'un riche fabricant de tabac de la Louisiane ; se voua malgré sa famille, à la littérature, c'est-à-dire à la poésie, au roman et au théâtre.
Il a un tempérament dramatique, mais il est lourd, brutal, et scabreux. Huit pièces en tout : Robert Pradel, 1873 ; et Jean Nu-pieds, 1875, pas de succès ; — Les chevaliers de la Patrie, 1876 : en Amérique, durant la guerre de Sécession, un jeune officier français apprend que des scélérats ont tué son père et enlevé sa sœur ; il se venge ; — Le fils de Coralie, 1880 : le fils dune courtisane devenu officier brillant volt son mariage contrarié, parce que, malgré toutes les précautions prises, l'ancienne profession de sa mère est dévoilée : grand succès ; — Les Maucroix, 1883 : conflit entre deux frères aimant la même femme ; — Le père de Martial, 1883, drame plein de vie, autour du mariage d'un fils adultérin ; — Mademoiselle de Bressier, 1887, drame violent sous
la Comîiiime ; — Passionnément, 1891, pièce adultère, tirée d'un roman, comme plusieurs autres parmi les précédentes.
Adolphe Dennery ou d'Ennery par décret de 1858 (1811-1899). Un grand dramaturge populaire : il a excellé à régler la mise en scène, les entrées et les sorties, à ménager et préparer les effets dramatiques de manière à produire sur le public le maximum d'émotion. Ses pièces sont, selon l'expression consacrée, construites : tous les mouvements, toutes les péripéties de l'action sont justifiés, amenés, expliqués, logiques, et par conséquent captivent l'attention au plus haut point.
En outre, l'action est toujours pathétique : elle a pour cadre des crimes qualifiés et pour personnages principaux le traître, le scélérat, la femme innocente, et pour dénoûment la récompense de la vertu.
Qu'on n'aille pas conclure de ceci que les deux cents pièces de Dennery constituent une morale en action qu'on peut mettre indistinctement entre toutes les mains. L'énoncé de ses principaux succès montrera suffisamment aux lecteurs avertis qu'il n'en est rien.
L'aïeule, 1863, avec Charles Edmond : combinaison très habile, scènes terrifiantes. Une fausse paralytique qui a joué l'infirmité pour empoisonner une jeune fille et conserver à sa petite fille une alliance qui doit lui apporter des millions. Détails libres.
Aladin ou la Lampe merveilleuse, 1863, avec H. Crémieux, féerie à grand spectacle peu décente ; — L'aveugle, 1859, avec Bourgeois, grand drame ; — La bergère des Alpes, 1852, avec Charles Desnoyer ; drame fort risqué ; — Les Bohémiens de Paris, 1842, avec Grange : les mystères des couchées de vagabonds sous les arches des ponts. Affabulation : le forçat hon-
nête condamné pour un autre et le forçat coupable qui se pavane en costume de dandy.
La bonne aventure, 1854, avec Paul Foucher : les forfaits sans nombre du secrétaire dambassade Anatole Ducormier ; — Cartouche, 1858, avec Ferdinand Dugué : mise en scène du célèbre assassin sympathique exécuté en 1721, tour à tour filou, escroc, meurtrier, mouchard, galant ; — La case de Voncle Tom, 1853, avec Dumanoir, drarr.e inspiré par la vogue du fameux rom.an de Beecher-Stowe. Grand et poignant spectacle : l'Ohio charriant des glaçons ; un site sauvage avec bruit de cascades, la chasse aux nègres, un marché d'esclaves où se lamentent deux époux vendus à deux marchands et séparés de leurs enfants, etc.
Le centenaire, 1873, avec Ed. Plouvier : drame peu intéressant autour d'un centenaire Jacques Fauvel qui est remis en possession d'une somme d'argent ; — La chatte mer veilleuse, 1862 ,avec Dumanoir, opéracomique de Grisar ; — Changement d'uniforme, comédie très leste ; — Les chevaliers du brouillard, 1857, avec E. Bourget, grand drame malsain et enchevêtré ; — Le Ciâ, 1885, opéra, musique de Massenet ; — La citerne d'Albi, 1841, avec Lemoine, drame d'amour, très noir ; quelques passages inconvenants seulement ; — La comtesse de Lérins, 1876, avec Louis Dawl : pièce odieuse qui rappelle par son sujet Le roi s'amuse, la Lucrèce, de Ponsard, et VOiitrage, de Barrière.
La dame de Saint Trope-, 1845, avec Anicet Bourgeois : dut son su^'^ès à un procès récent et au jeu de Frederick Lemaitre ; — Les deux orphelines, 1874, avec Cormon, un chef-d'œuvre du genre, le dernier mot de l'engrenage dramatique. C'est l'histoire de deux jeunes filles dont l'une est enlevée par un débauché et l'autre tombe aux mains d'une hideuse mégère. Immense succès, un succès gros de larmes com.me une nuée d'orage l'est de pluie, disait Paul de St-'Victor...
Pas pour la jeunesse ; — Diana, 1880, avec Jules Brésil : action basée sur le vol d'une pièce compromettante par un homme en état de somnambulisme. Peu de succès.
Don César de Bazan, 1844, avec Dumanoir : le bohème grand d'Espagne est condamné à être fusillé, mais il faut qu'il se marie, afin que cette veuve de grand d'Espagne devienne la maîtresse du roi... Don César n'est pas fusillé... il est vivant et... marié... Le drame a été transformé en opéra-comique, en 1872, musique de Massenet.
Les dfames du cabaret, 1864 : tout le drame repose sur la passion de l'ivrognerie : les ouvrier ^ s'y laissent entraîner, Baudry en tête, et conduisent leurs enfants à la misère et au vice ; les hommes de la haute font de même et dans leurs accès tuent, se ruinent, enlèvent... A la fin, tous réparent ou expient.
Les enfants du capitaine Grant, 1878, avec Jules Verne : drame à grand spectacle, très intéressant ; — La fille du paysan, 1862, avec Anicet Bourgeois : absolument ignoble ; — Gastibelza ou le fou de Tolède, 1847, opéra-comique (musique de Maillart) inspiré de la fameuse ballade de Victor Hugo : Gastibelza, Vhomme à la carabine... (musique de Monpou).
La grâce de Dieu, 1841, drame mêlé de chant, avec Gustave Lemoine ; une pauvre fille vient chercher fortune à Paris... elle est séduite par le fils d'un grand seigneur, elle devient folle et ne retrouve la raison qu'en entendant une chanson de son pays natal « A la grâce de Dieu ». Grand succès. Pas pour jeunes filles.
Le juif errant, 1849, d'après le roman d'Eugène Sue, contre les jésuites ; — La Marchesa ou la courtisane de Borne, drame noir et scabreux ; — Les mariages d'autrefois, 1877, comédie scabreuse. Sous Louis XV. Erreurs substantielles commises par deux jeunes
filles mariées très jeunes et ensuite replacées au couvent ; — Marie-Jeanne ou la femme du -peuple, 1845, avec Mallian : une femme réduite à la misère par l'inconduite de son mari qui vole pour aller boire... L'enfant est porté aux Enfants trouvés, et puis placé dans une grande famille qui en a besoin pour une substitution. C'est là que la mère le retrouve par hasard, etc.
Martyre, 1886, avec Edmond Tarbé. Grand succès de pompe .à larmes. Une honnête femme, par dévouement filial, se laisse injustement accuser d'adultère et divorcer, par suite, d'avec son mari, afin d'innocenter sa propre mère qui est la vraie coupable ; — Le médecin des enfants, 1855, avec Anicet Bourgeois, autour d'un enfant adultérin ; — La mère de famille, 1846, vaudeville libre, un acte.
Michel Strogoff, 1880, avec Jules Verne : drame à grand spectacle, 5 actes et 16 tableaux, à représenter : Le gouverneur de Moscou, apprenant qu'un soulèvement tartare vient de se déclarer et menace de cerner le grand-duc dans Irkoutsk, charge un courrier du tsar, Michel Strogoff, de porter au grand-duc une dépêche lui annonçant l'envoi d'une armée de secours. Michel, qui doit traverser les lignes ennemies, est dénoncé par le traître Ivan Ogareff : les Tartares s'emparent du courrier et lui brûlent les yeux. Mais l3 fer rouge n'ayant pu sécher les larmes que versait Strogoff, celui-ci conserve la vue et arrive à temps pour sauver la ville d'Irkoustk.
Les oiseaux de proie, 1854 : quatre coquins exploitent les terreurs d'une duchesse en la menaçant de faire savoir à son mari l'existence d'une fille naturelle qu'elle a eue avant son mariage ; — Paillasse, 1850, histoire d'un bateleur dont la femme est l'enfant abandonnée d'un noble : grand succès.
Parlez au portier, 1845, vaudeville très risqué ; —