DONNAY
ratée ; situations répugnantes, scènes de vaudeville grivois.
Maurice Donnay, né en 1862. Il récita d'abord au Chat noir des vers libertins et d'énormes cocasseries. « Parodier, amuser, décrire la vie, sans la moindre préoccupation de l'idée morale, ce fut la première manière de Donnay. » (C. Lecigne).
Ce que l'on trouve dans les œuvres de seconde manière, ce sont tout d'abord des ((mots» étincelants, rosses ou raides; ensuite l'étalage et la glorification implicite de la vie des sens, le droit au bonheur, l'apologie du divorce (par exemple, dans Le Torrent), et de tous les désordres moraux, l'universelle miséricorde, et encore de l'esprit, de l'esprit... On verra immédiatement à quoi cet esprit sert de façade et de paravent :
Ailleurs, 1892 : comédie qui couvre de sarcasmes le parlementarisme et le sémitisme, et qui salue au dénouement l'avènement du socialisme, forme idéale du monde nouveau.
Lysistrata, 1893, comé die empruntée au polisson d'Aristophane dont Rabelais a écrit qu'il était le <( charme de la canaille ». (( Lysistrata est d'une constante et entière obscénité dans les mots et dans les gestes. Et il est étrange de penser que des milliers d'hommes assistaient publiquement à ce spectacle...» (J. Lemaître).
Folle entreprise, 1894 ; — Pension de fainille, 1894 : dans une ménagerie cosmopolite de Nice... chiennerie générale, adultères, piments, mufleries, mots ; — Complices, 1895 ; — Amants, 1895, pièce abjecte qui conduisit l'auteur à la gloire.
La douloureuse, 1897 : théorie de l'expiation des fautes. Haute rosserie dans le monde de la finance et de la noblesse industrielle ; — L'affranchie, 1898 : une femme divorcée qui trompe son amant par caprice