‹ Les pièces de théâtreChapitre 64 sur 170 · DONNAY · texte numérisé non relu

DONNAY

pour un homme sur qui on a tiré un coup de revolver; — Georgette Lemeunier, 1898 : adultère.

Le torrent, 1899 : établit les droits souverains de l'adultère. Deux époux ne sont tenus réciproquement par aucune obligation, si l'amour ne les lie pas. Au contraire, on est marié, par le seul fait qu'on s'aime.

Education de prince, 1900 : la reine de Silistrie confie son fils à un débauché pour le dégourdir. Série de fredaines ignobles du disciple. Mots et scènes très raides.

La clairière, 1900, avec Lucien Descaves : pièce sociale et un peu socialiste... ; remaniée en 1909, succès.

La bascule, 1901 : vaut par les mots plus que par l'action. Il s'agit d'un mari qui va du foyer à l'adultère et de l'adultère au foyer. Très risqué.

L'autre danger, 1902 : sujet répugnant, puisque tout l'art de l'auteur est de faire admettre au public qu'une mère peut donner à sa fille pour époux celui avec qui elle a oublié ses devoirs... Et d"honnétes femmes ont pleuré sur le dévoûment de la mère !

Le retour de Jérusalem, 1903 ; œuvre qui fit frémir les douze tribus d'Israël. L'idée est qu'il peut y avoir contact, mais non fusion entre la race juive et la race française. Donnée très scabreuse.

L'escalade, 1904 : pièce adultère, bourrée de scènes épisodiques et de mots.

Oiseaux de Passage, 190-i, avec L. Descaves : idylle très libre, étude de mœurs sur les petites nihilistes russes, ultranerveuses.

Paraître, 1906 : définition théâtrale de ce mot, par des exemples typiques.

La vatronne, 1908 : « c'est la morale du dégoût. Trop de noce, trop d'adultère, trop de" hannetonnage. C'est la fatigue, le désenchantement, la nausée... Ce n'est vraiment pas commode à raconter ici, et cela

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suffit, je pense, à classer la pièce » (E. Trogan, Le Correspondant).

Auguste Dorchain, né à Cambrai en 1857. Un vrai poète, un poète psychologue et moraliste. Il a porté sa poésie, une poésie facile et charmante, dans quelques pièces passionnées ou sentimentales qui rappellent la manière de Musset :

Conte d'avril, 1885, 4 actes, inspirés de La Douzième nuit, de Shakespeare ; — Rose d'automne, 1895, un acte, amour et mariage d'une fille de 28 ans ; — Pour Vamour, 1901, drame en 4 actes dédié à Sully- Prudhomme : <( Je lai appelé Pour Vamour, dit-il dans sa dédicace, parce que j'ai tenté avec lui, d'apporter au théâtre autre chose que des images souillées, et même que de gracieux et légers simulacres de l'amour ; parce que j'y ai montré dans le grand amour, un principe de progrès moral, et dans ce progrès moral, le moyen d'atteindre à un degré plus haut encore de l'amour ; parce que j'y ai fait voir des amants dont la faute atténuée, mais certaine, est de n'avoir pu concilier l'amour et le devoir, et qui, plutôt que de sacrifier l'un à l'autre, en arrivent à se hausser ensemble jusqu'à la volontaire immolation de leur bonheur et d'eux-mêmes... »

Jules Dornay, (1845-1906) un routier du drame qui pendant quarante ans a alimenté l'Ambigu ou les théâtres secondaires, avec la collaboration du romancier Xavier de Montépin. Ses œuvres sont de celles dont on doit dire seulement qu'elles donnent à leur public des émotions grosses, et malsaines seulement dans la proportion qu'elles sont grosses :

Les foulards rouges, 1882 : évolutions de vauriens et de chiffonniers honnêtes ; — Le Fiacre numéro i3, 1887 ; — Gavroche, 1888 ; — Les cadets de la reine, 1892, mélodrame intéressant de cape et d'épée, et C'a-

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