‹ Les pièces de théâtreChapitre 68 sur 170 · DUMERSAN · texte numérisé non relu

DUMERSAN

vin de tuer ou d'absoudre : une femme a-t-elle le droit de punir l'infidélité de son mari par la mort ? Oui, semble dire l'auteur, puisqu'elle ne trouve aucune garantie dans le code ou la société... « Cette pièce nous donne, élevées à la plus haute puissance, son (à Dumas) absence absolue d'idéal, son immoralité de moraliste sceptique et brutal, sa sécheresse qu'on prend pour de la force,... et enfin la méconnaissance, par cet observateur de coulisses et de demi-monde, de la bonne compagnie qu'il veut peindre, et dans laquelle il introduit des personnages qui évidemment n'en sont pas » (Barbey d'Aurevilly).

La question d'argent, 1857, a pour but de flétrir les hommes de bourse, et pour effet de rendre les coquins intéressants. Pièce très faible, la plus faible de l'auteur : banalités, dissertations, calculs. Il en reste cette maxime légendaire : « Les affaires, c'est l'argent des autres ».

Le supplice d'une femme, 1865, avec M. de Girardin, drame plein de larmes, tout en faits, en mouvement et en fièvre. Ce supplice consiste pour Mathilde à supporter les assiduités d'un amant qu'elle n'aime pas et dont elle a eu une fille, afin de tâcher de sauver sa réputation aux yeux de son mari commandité par l'amant. Tout est dévoilé : le mari rend l'argent, chasse Mathilde et garde l'enfant. Conclusion : à défaut de loi, l'outragé a droit de justice.

Un père prodigue, 1859 : une des pièces les moins heureuses de l'auteur : portrait embelli de Dumas père, inanité et ridicule de l'autorité paternelle dans certains cas.

La visite de noces, 1871, un acte scabreux et égrillard ; « une niaiserie pédante et même une vilenie » (Barbey d'Aurevilly).

Dumersan (1780-1849), de son premier nom Théophile Marion, numismate et vaudevilliste illustre. Les

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238 pièces qu'il a composées en collaboration avec l'élite des auteurs gais de l'époque, sont passées comme les actualités qu'elles représentaient ou satirisaient. On se souvient encore de quelques-unes d'entre-elles :

Le soldat laboureur, 1821, avec Brazier et Francis : le type pieusement gardé autrefois dans les tableaux des salons et des chaumières, a été relégué dans les enseignes de certains magasins ; et les couplets patriotiques qui firent les délices de nos aïeux sont encore fredonnés dans les campagnes.

Les sallim.banques, 1831, avec Varin, farce burlesque longtemps célèbre : le type principal de la pièce est le directeur de la troupe, hâbleur et philosophe, sentencieux et rusé, Bilboquet dont les traits sont souvent rappelés. Exemple : Cette malle est-elle à nous ? — Elle doit être à nous, répond-il. Ou encore: Sauvons la caisse.

Madame Gibou et Madame Pochet ou le ifié chez hi ravaudeiise, 1832 : bouffonnerie célèbre, grivoise et désopilante : le thé de Madame Gibou est resté légendaire et sert encore à désigner une préparation culinaire détestable.

Les anglaises pour rire, 1814, fort leste, mais pas licencieux ; — Bifibi le mazourkisie, 1845, grivois ; — Le porteur des Halles, 1835, tableau populaire, vulgaire et leste.

Charles Dupeuty (1798-18G5), collabora pendant 40 ans avec tous les auteurs en vogue, à des parodies de Victor Hugo {Cornaro, tyran pas doux ; etc) ;

A des drames, vaudevilles, mélodrames : Le hussard de Felsheim ; — La poissarde ; — Fualdès ; — Le pauvre idiot ; — Victorine ou la nuit porte conseil ;

Et à de petits actes : Le ménage du savetier ou la fichesse du pauvre, 1827, honnête ; — La famille improvisée, 1831, intéressantes scènes épisodiques, libre;

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