GONDINET
des analyses psychologiques, et à des séries de tirades. Si elles ont eu quelques succès, c'est moins en raison de (d'écriture artiste», qu'à cause des scènes sensuelles qu'elles contiennent, et des personnages tératologiques qu'elles représentent.
Henriette Maréchal, 1865, pièce ignoble et atroce, dont la première représentation provoqua une vraie bataille et un vacarme indesci'iptible. Le public siffla l'avènement du réalisme outrancier au théâtre, et en m.ême temps l'inexpérience des auteurs ; il leur reprocha d'être les amis de la princesse Mathilde.
Germinie Lacefteux, 1888, empruntée paf.-rJules au roman commun. Le roman était imprégné d'un naturalisme répugnant : la pièce l'est plus encore, elle est odieuse. Elle sent l'égoût et l'évier.
La patrie en danger, 1889, drame, en documents et en dialogues : séries de scènes où l'intérêt fait défaut.
A bas le progrès, 1893, bouffonnerie satirique fort médiocre, due à Edmond seul.
Manette Salomon, 1896, intrigue très sensuelle autour de laquelle les auteurs ont jeté à profusion des études d'art et de peinture, avec un épisode de sentiment, la mort d'un singe. Sujet : aveulissement d'un peintre, Coriolis, au contact de son modèle. Manette Salomon, de race juive, et d'esprit cupide.
Edmond Gondineî (1828-1888), ancien receveur de l'Enregistrement, auteur à succès. La contexture de ses pièces est très mince ; les intrigues y sont peu de chose ou sont remplacées par un pot-pourri d'anecdotes. Mais ce qui est plus en relief, ce sont les trouvailles d'observation, le comique des situations et des mots qui jaillissent com.me des étincelles, les fusées de bêtises analogues à celles de Labiche, enfin les tableaux de société... Tous ses personnages sont .d'un grotesque exubérant : le mari trompé qui se console.