GRESSET
lestes ou semées de saillies risquées. Il n'est pas un corrupteur licencieux, il est un amuseur fort suspect.
Aux yeux des amateurs de gaudrioles très lestes, son principal titre de gloire est Trois feinmes pour un mari, 188-i, 1500 représentations, scènes scabreuses, mots égrillards.
On peut citer ensuite : Rival pour rire, 1881, acte agréable pour salons ; — Les noces de Mlle Loriquet, 1882, médiocre ; — La banque de VUnivers, 1886, insuccès ; — Les jnariés de Mongiron, 1888, aventures banales ; — Trop aimé, 1889, comédie bouffe, renouvelée des Femmes collantes ; — La revanche du mari, 1890, scabreux ; — Vahbé Vincent, 1891, un curé a une jolie filleule : peu édifiant ; — Norah la dompteuse, 1891, avec George Bertal, folie-vaudeville ; — Ceux qu'on trompe, 1900, un acte de complaisance pour l'adultère ; — Le fils surnaturel, 1901, avec Vaucaire, quiproquos très lestes ; — Les gaîtés du veuvage, 1903 ; — L'assassinée, 1904, d'après la nouvelle de Gaston Bergeret, honnête ; — L'agrafe, 1905, proverbe très léger; — Les tribulations d'un gendre, 1908, avec Eugène Héros : apothéose de la belle-mère, mibouffon, mi-convenable ; — etc.
Je-wj-B.^tiste Gresset (1709-1777), l'auteur de Ver-, Vert, dont la publication, 1734, fut un événement littéraire, du Carême impromptu, du Lutrin vivant ; c( l'homme qui a jeté le plus de mots devenus proverbes dans le courant des conversations et des écritures françaises : on en trouve dans Le Méchant, à chaque demi-page » (J. Lemaitre).
Le Méchant, 1747, est « certainement la meilleure comédie en vers que nous ait léguée le XVIIP siècle » (Brunetière). Ce méchant est le représentant de la blague parisienne qui essaie de répandre son venin corrosif dans un milieu honnête et bourgeois.
GUGENHEIM — GUINON 171
Eugène Gugenheïm, né en 1857, journaliste. Au théâtre, il s'est spécialisé dans les drames d'Ambigu. Après une comédie-bouffe de mauvaises mœurs Les deux nids, 1889, il a fait successivement représenter avec Georges Le Faure : Sainte Russie, 1891, drame à grand spectacle, avec l'intrigue ordinaire ; — Le Moineau franc, 1900 ; — Jean la Cocarde, 1902, patriotique, militaire, assaissonnements, roucoulades, succès ; — L'épave, 1903, conspiration en 1820, succès ; — La belle milliardaire, 1907, vengeances d'une femme milliardaire contre son vilain mari.
Gustave Guiches, né en 1860, ancien disciple de Zola, romancier et chroniqueur. Il débuta au théâtre avec Snob, 1897, pièce médiocre, adultère ; et donna Le Nuage, 1901, conflit conjugal sur le passé des deux époux.
Il se révéla en 1901 grand malfaiteur avec Le Ménage moderne. « C'est l'incohérence et l'invraisemblance poussées au suprême degré, dit Stoullig. Quelles moeurs, messeigneurs !... Ménage «moderne», si vous voulez ; mais à quelle époque plus dépravée encore que la nôtre, et dans quel monde — celui des mufles — s'exprimant en une langue de goujats, le place l'effarant auteur de cette triste et pénible bouffonnerie ? »
Chacun sa vie, 1907, avec P. B. Gheusi, remporte, hélas ! un plus grand succès, tout en étant plus malsain, puisqu'on essaie d'y prouver que le divorce peut être un devoir.
Lauzun, 1909, avec François de Nion : les amours de Lauzun avec la grande Mademoiselle.
Albert Guinon, né en 1863. Théâtre très audacieux: J'épouse ma femme, j885, avec Maurice Denier, répugnant ; — Cinq mille quatre, 1890, avec Ambroise Janvier, farce grossière ; — Les Jobards, 1891, avec