GUIRAUD — GUITRY
Denier, moins cru que les autres : — Seul, 1892, adultère, pièce poncive, pessimiste, ignoble ; — Le partage, 1896, roman d'amour d'une suprême hardiesse; — Le joug, 1902, avec Jeanne Marni, exceptionnellement scabreux et bas ; — Décadence, 1904 : cette pièce devait être selon les intentions de l'auteur une étude sur les deux races et les caractères de ces deux races : la Noblesse catholique et la Finance Israélite... Ce n'est pas une étude, pour la raison très simple, que tous les personnages sont des êtres d'exception, caricatures ridicules ou malpropres, dénuées de vérité, ramassées dans la boue » (Edmond Stoullig) ; — Son père, 1907, avec Alfred Bouchinet. « Cette comédie rosse est doublement rosse, dit Emile Faguet, parce qu'elle se moque cruellement de la platitude des personnages qu'elle met en scène et parce qu'elle se moque aussi du public. Les auteurs ont joué ce jeu : en couvrant de quelques phrases sentimentales et pleurnicheuses des sentiments parfaitement abjects, nous ferons applaudir comme vertueux des personnages méprisables, et comme pièce optimiste, la pièce la plus pessimiste du monde... Ils ont gagné ; et la moitié au moins du public a applaudi leur oeuvre avec attendrissement... ».
Edmond Guiraud a été applaudi dans Le Cœur d'Angélique, 1906, bouffonnerie adultère en un acte et surtout dans Anna Karénine, 1907, pièce empruntée au roman de Tolstoï : cette Anna est « le vivant symbole de l'épouse parjure et de la mère oublieuse de ses devoirs, de la femme qui expie cruellement son oubli et son parjure ». En 1909, Le Poussin, histoire scabreuse d'un grand jeune homme couvé par sa mère, a obtenu un vrai succès.
Sacha Guitry, né en 1885, fils de Lucien Guitry, le «directeur du Théâtre de la Renaissance. Toutes ses