HARAUCOURT — HAUPTMANN
Edmond Haraucourt, né en 1857, romancier, directeur du musée de Cluny. Théâtre : Shylock, 1889, trois actes en vers, d'après Le Marchand de Venise, de Shakespeare. Opposition entre Tavarice du juif et la générosité du chrétien.
La Passion, 1890, mystère en 2 chants et 6 parties : intentions excellentes ; pour les critiques mondains, la pièce est remplie de beautés ; pour nous, elle est une profanation, parce qu'elle néglige le surnaturel et humanise Dieu.
Alienor, 1891 ; — Don Juan de Manara, 1898, frénésie et conversion du séducteur ; — La première, 1894; — Jean Bart, 1900, drame historique en prose, essai de théâtre populaire ; évocation heureuse de cette énergique figure. Pourquoi Tauteur y a-t-il mêlé l'aventure d'une jeune fille et de son fiancé condamné à moil et sauvé par l'héroïque corsaire ?
Les Oberlé, 1905, pièce en 5 actes, tirée du roman de René Bazin, d'une saisissante sobriété et d'un puissant effet scénique : tragédie domestique et tout ensemble drame patriotique.
Gerhart Hauptmann, né en 1862, poète et dramaturge allemand. Il a en lui deux hommes qui parfois collaborent et fusionnent. L'un est un réaliste qui expose les faits vulgaires, les tragédies de la vie courante ; l'autre est un rêveur qui représente des légendes, et emprunte parfois ses inspirations à la religion. On trouvera les deux manières dans les œuvres suivantes, jouées en Allemagne avec un succès immense, et adaptées par Jean Thorel à la scène française :
Les tisserands, 1893, peinture réaliste, vivante et détaillée d'une explosion de haine populaire, chez les tisserands de Silésie.