‹ Les pierres de ParisChapitre 35 sur 61 · THÉRÉSA EN · texte numérisé non relu

THÉRÉSA EN

peut sortir : les agents

signée Ouvrard. Mais avant de s'expatrier, il voulut revoir une dernière fois sa jeune femme et son fils. Il prit la diligence de Riom, arriva à Paris le 2 août à dix heures du soir et se fit conduire 5, rue du faubourg Poissonnière, chez Mmc de Fontry, amie de la comtesse de Labédoyère. Une heure après, des agents vinrent l'arrêter sur la dénonciation de deux misérables, des officiers dit-

escaladent les fenêtres et se saisissent du général, qui est traduit devant le Conseil de guerre. Rien ne peut sauver ce héros de vingt-neuf ans de la peine de mort réclamée par M. Violti, capitaine rapporteur, ennemi personnel de « monsieur Buonaparte ».

Labédoyère mourut héroïquement le 15 août, fusillé plaine de Grenelle.

Au numéro 18, une maison de commerce remplace l'Alcazar, un café-concert où à la fin du second Empire la grande artiste Thérésa fit courir tout Paris. Avant 1870 on riait aux excentricités de Mien n'est sacré pour un sapeur I de C'est dans le nez qu'ça m1 chatouille ; plus tard on pleura aux douloureuses chansons du Bon Gîte, de l'Hôtesse, de la Cocarde, évoquant les souffrances de l'Année terrible. On cite encore le mot de Got, doyen de la Comédie-Française, professeur au Conservatoire, disant à ses élèves : « Si vous voulez savoir de quelle âme Rachel disait la Marseillaise, allez en face, à l'Alcazar, et écoutez Thérésa! »

Un peu plus haut, au numéro 19, voici, voisine du Conservatoire, une petite maison d'aspect modeste. Un fer à cheval doré encadre l'enseigne, « Maréchal erie ». Dans la cour vitrée six chevaux à l'attache, au fond une

on, qui avaient voyagé avec lui. On mena rondement les choses. Dès le 14 août, Labédoyère comparut devant le premier conseil de guerre et fut, en une seule séance, condamné à mort à l'unanimité. Son pourvoi rejeté par. le conseil de revision le 15 août, il fut fusillé le même* jour. — Henry Hùussaye. 484b, La Terreur blanche, p. 508.

LE FAUBOURG POISSONNIÈRE

forge où de solides gaillards en tablier de cuir ferrent étalons et juments.

A gauche, sous la voûte, une salle de visite où un

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