L'AGE SECONDAIRE
Roches de la période secondaire. — La faune et la flore des temps moyens.
— Pierres ignées et métallifères. — Minéraux utiles. — Grès d'Alsace.
— Grottes et cavernes.
Les différentes périodes qui composent l'histoire de la terre peuvent se comparer à celles de l'histoire des sociétés. Nous venons d'assister aux événements qui ont marqué les temps primitifs; nous allons décrire ceux qui se rapportent aux terfips moyens, en quelque sorte au moyen âge de notre planète, ce que les géologues appellent la période ou l'âge secondaire. Les terrains qui se déposent dès le début de cette période ressemblent à quelques-uns de ceux qui les ont précédés, et des schistes bitumineux, des grès rougeâtres rappellent les schistes et les grès houillers. On passe comme par une transition insensible d'une époque à l'autre, et l'on est presque tenté d'appliquer en géologie l'axiome de Leibnitz et de Linné, que la nature ne procède pas par bonds, ne fait rien brusquement : Natura non facit saltum.
1 . Nous ne pouvons nous occuper ici que de la formation des roches ou pierres dont sont constitués les terrains, ainsi que des fossiles qu'on y rencontre. Ceux de nos lecteuis qui désireraient avoir sur la géologie de plus amples données peuvent consulter notre Histoire de la terre (Paris, Hetzel, 1867).
dénominations anglaises, et ont proposé à leur tour celles de terrains canadien, laurentien, taconique, etc., empruntées à des localités ou à des montagnes de l'Amérique du Nord. Il est juste de reconnaître que c'est en effet aux États-Unis que Ton peut surtout étudier les formations primaires, et qu'elles y sont développées sur une échelle à la fois plus vaste et plus complète que sur l'ancien continent. Ce que nous appelons le nouveau monde a été, en partie du moins, le premier formé.
Dans la série des classifications géologiques le nom seul de terrain carbonifère a été respecté par tous les géologues sans distinction de nationalité. Il a l'avantage de rappeler Futile produit que Ton retire de ce terrain. Quelquefois cependant le terrain carbonifère est stérile en houille, et ne présente que des assises de grès jaunâtres, de calcaires bleu sombre, de schistes noirs, qui sont aussi les compagnons fidèles de la houille quand le terrain est complet. Dans ce dernier cas, le combustible forme souvent des couches gigantesques, qui fournissent des produits de qualité supérieure.
Avant l'époque carbonifère proprement dite la houille s'est déjà montrée, ainsi dans les terrains silurien et devonien; mais une houille dure, privée de gaz, calcinée en quelque sorte par le voisinage ou le contact des roches éruptives. Au-dessus du terrain carbonifère, dans les formations secondaires et tertiaires, nous retrouverons également la houille, mais sèche, maigre, non collante, riche parfois en principes gazeux, souvent friable et dépoussière brune.
Le terrain carbonifère, sauf quelques cas exceptionnels, est par excellence le gîte du vrai combustible minéral, de la houille parfaite, noire, étincelante, grasse, bitumineuse, donnant par la distillation un coke dense, sonore, à l'éclat argentin; le terrain houiller ou carbonifère est donc dou-
LA NAISSANCE DES HEURES. kl
caires compactes, quelquefois cristallins, de marnes et d'argiles. Ces roches se sont déposées sur des espaces très— étendus, et les montagnes qu'elles forment affectent un relief particulier. Les couches ne sont plus contournées, tourmentées, comme celles de la période primaire ; elles
s'alignent en bancs inclinés qui se détachent aux flancs des coteaux comme les assises de gigantesques constructions.
Quelquefois les bancs, portés à de très-grandes hauleurs, dessinent des murailles naturelles et des remparts à de, d'où descendent des cascades écumeuses (lig. 12).
Sur le terrain jurassique s'appuie le terrain crétacé.
Celui-ci doit son nom aux bancs de craie qu'il renferme, la craie blanche, qu'en France on voit surtout apparaître en Champagne, et autour de Paris, vers Meudon. On
Vig. 14. — Oursin fossile (Ciypcwt Plotii, Klein]. Terrain jurnssi'iue, étlgl inféritur, île -Marquise, l'ns-de- Calais. Giantleur naturelle,
trouve à la base du terrain crétacé des assises de grès verts, dont presque tous les géologues se sont servis
Kig. I.-. — Oursin Ibs-ilef //cm frûl-inj cl MltflrU, Agassi*). Terrain juras-iqu #l»ge oolitliiqur moyen , de Wagno
■ ' , Gi . .
lu relie.
comme d'un horizon pour diviser ce terrain en de»s étages: l'inférieur ou celui des grès verts, le supérieur ou celui de la craie proprement dite.
Au-dessous des grès verts on rencontre aussi, dans le entre et le midi de l'Europe, des assises d'un calcaire coquillier compacte, que les géologues nomment l'étage néocomien, parce que le type en a été d'abord étudié près de Neufcbàtel en Suisse (A 'coco ni uni).
... - Groupe rt'Amniouilç; (4m>MntfM obluiui, Sowerby). Terrain jurassique. ilage liasi<[iie inférieur, cio Lime Régis, coolé île Dorset, Angleterre. Ech. J/i.
La période secondaire pendant laquelle se sont déposés les terrains permien, triasique, jurassique; et crétacé, a vu la vie se développer et revêtir des formes nouvelles et de plus en plus parfaites. Par moments les animaux les plus infimes ont été si abondants, que leurs dépouilles composent des terrains tout entiers, tels que la craie, où le microscope signale des myriades de ces petits êtres.
Les coraux ou polypiers (fig. 13) ont aussi travaillé
ans ces anciennes mers, comme ils le font encore sur
«auconp de rivages, principalement sous les tropiques, à
r patiemment, au fond des abîmes, des jetées, des ré-
■, des bancs calcaires, noyaux de futures îles et même de
futurs continents. C'est, comme l'a dit Michèle t., le travail
des imperceptibles constructeurs du globe qui ne se reposent jamais.
A coté des polypiers marchent les étoiles de mer, les oursins, qui naissaient à peine à la lin des temps primitifs, et qu'on retrouve plus nombreux dans les ères triasique, jurassique et crétacée (fig. 1 i, 15 et 16).
Les mollusques, déjà fort répaudtis vers la fin de la p
Hff, IN. — Ammonite petriflée (Àmmoitita planicotta, Sowerliv)- T'rnîn ji fMf* Imi.juc inférieur, .ie Lyiae Régi», comté de Dorset, Angleterre. Ech.
[unniqM.
IUC ju-
riode précédente, se présentent, surtout dans l'époque ju russïque, en rangs serrés.
lin première ligne viennent les ammonites , auxquelles la forme extérieure de leur coquille, rappelant la corne d'Annan, a valu le nom qu'elles portent (fig. 17, I* et 19). Ces mollusques navigateurs, pareuts des nautiles ont peuplé de leurs nombreuses familles toutes les mers jurassiques. Sans crainte d'être contredit, on pourrai*proposer le nom d'aimnouitique pour la série de terrain^
qu'ils ont semés de leurs débris. Les ammonites, nées avec la période secondaire, disparaissent entièrement après l'époque crétacée ; on ne rencontre plus alors que les nautiles, dont plusieurs espèces, par exemple les argonautes, sont encore vivantes aujourd'hui, et sillonnent l'Océan Indien eu quelque sorte la voile au vent.
Les coquilles bivalves, recouvrant de leur double tèt
Vu:, d'Orbigny).
cumtù de DorsiM, Aii^li'-
les mollusques acépbales , les venus, les bucardes, les limes (ug. 20), les huîtres, les térébratules, ont peuplé de leurs bancs pétrifiés, en concurrence avec les ammonites, k-s terrains de sédiment secondaires. Une famille entièrement éteinte, celle des rudistes, dont les bippurites . 0), les sphéruliles, les radiolites composent les types plus remarquables, s'est principalement développée us la formation crétacée et finit avec elle.
i tète des mollusques sont les poulpes, les seiches. A
d'enveloppes calcaires, dont la nature ne les a
•oint revêtues, les seiches ont laissé dans tout le ter-
lomrae l'axe
rain jurassique la partie osseuse qui forme comme ! intérieur de leur corps. Ces pétrifications ont reçu de tout temps le nom de béleniuites ou pierres pointues, emprunté à leur forme même [fig. 21 ). Les anciens les nommaient aussi pierres de tonnerre, parce qu'ils supposaient qu'elles provenaient du passage de la foudre au milieu des rochers.
Les seiches ont abandonné ans terrains secondair
non-seulement leur osselet dorsal ou interne, mais quelquefois jusqu'à ces poches d'encre qui leur serrent encore aujourd'hui à aveugler, ou tout au moins à repousser un ennemi trop importun. Lu géologue anglais, ayant trouvé dans 1m banca Musiques une de ces poches pleine de sépîa, s'empressa de délayer cette couleur pétrifiée, et de peindre BU 1 1 \ i s le fossile qu'il renaît de découvrir. 11 voulut « l.i s.'iihe antédiluvienne concourût elle-même p < il. v à lu représentation de ses traits.
LA NAISSANCE DES PIERRES. kl
Les infusoires, les rayonnes, les mollusques ne sont pas les seuls hôtes de la formation secondaire.
Les poissons, si nombreux dès la fin de la période pri-
itive, passent dans celle-ci. Les lits du terrain perraien sont remplis de leurs ossements, si bien que les schistes noirs bitumineux qui forment un des étages de ce terrain portent souvent le nom de schistes à poissons. Le bitume que ces schistes contiennent est dû probablement aux animaux eux-mêmes qui y ont été enfouis, et qui s'y sont décomposés.
Pendant l'époque jurassique, les poissons continuent de progresser (lig.
22). Les bancs calcaires de Sohlenliouen, en Allemagne, en sont pétris, et sont riches aussi en empreintes d'insectes.
Dans l'époque crétacée apparaissent les squales ou requins, dont les dents triangulaires , découpées en scie sur les bords, sont répandues dans la formation crétacée et reparaîtront plus abondantes dans l'âge suivant. Les anciens qui ne comprenaient rien aux fossiles, avaient appelé ces restes pétrifiés des glossopètres ou pierres en forme' de
gue. Ils voyaient dans toutes les péifications un jeu de la nature, un la-
,v natune, et même un scercas rlîaboli, mots latins qui rvaient à expliquer bénévolement, dans la géologie toute, tant de sujets embarrassants.
Si les mollusques et les poissons remplissent de tous leurs
ig. îl. — Béleinnile pé- Irifiéo [Rrlemniii-x ijiganteusj. Terrain juiassique, élage «.lithiejue iuftrinui', ilu Wurtemberg. Bcli. J/ï.
débris les assises des terrains secondaires, il y a il témoins silencieux de ces temps perdus dans le passé. Les reptiles, qui faisaient à peiue leur apparition à la lin de la période primitive, sont devenus de plus en plus nombreux Le terrain jurassique marque l'ère de leur plus grand développement. M. Agassiz, qui a nommé le règne «les poissons ta période précédente, appelle celle-ci, et avec raison, le règne des reptiles. C'est surtout dans cette formation que se rencontrent les restes «le ces vertébrés ram-
Yif M- - '< ■ '■'■ taMàta ;Pholidd»SoTMi Bechri, Agusii).
] j.t Ptgii, comlr ils Dorwl, Angleterre. Ézh. 1 .*
pants. et jusqu'à leurs excréments pétrifiés OO COproUfe
Au bord des mors ou à la surface des eaux jurassiques m \iiieul Le plésiosaure! voisin du lézard, le ptérodactyle, Va
ohéOpteryX) sortes de dragons ailés, gigantesques, teunul
diiMurien et do l'oiseau; l'ichthyosaure, partietpanl au
h ni r du poisson Bl du reptile. Toutefois, il ne faudrait
Hfte r \n-!.ns Buekland, ne voir là que .1rs êtres étrang
daj NpèoM de monstres antédiluviens, dans lesquels
y|l mreil préludé, et en quelque sort.- se serait timidement qu'elle a depuis revêtues. La nature
nnut conp<*,
nent fore
procède sur un plan plus rationnel. C'était alors, avonsnous dit, le règne des reptiles, et tous les types intermédiaires, qui depuis ont disparu, n'existaient peut-être pas sans motif. Nous voyons encore de nos jours et des poissons volants, et des chauves-souris, et des ornithorhynques1, que les naturalistes ne sont pas embarrassés de classer dans leur ordre distinctif. Les rêves dans lesquels aime à se bercer l'imagination quand, franchissant les âges, elle se reporte vers cette enfance de la terre, rêves dont les anciens ont tant abusé, sont désormais rendus impossibles par les révélations de la science. Mais l'histoire du globe n'est-elle point déjà assez imposante, sans y mêler une fausse poésie? La poésie est ici la vérité, et la vérité nous écrase. La nature n'a pas compté avec le temps dans ses œuvres, elle les développe lentement, patiente, parce qu'elle est éternelle; tandis que, passagers d'un jour ici-bas, nous ne formons qu'un modeste échelon de la série infinie des êtres !
Aux reptiles s'arrête pour ainsi dire le développement de la vie dans la période secondaire. On a signalé, en France, des restes d'oiseaux dans le terrain crétacé, et en Angleterre, des os pétrifiés de mammifères, de la famille des kanguroos ou des sarigues, dans l'étage liasique, mais de tels exemples ne se sont pas reproduits ailleurs, et mériteraient peut-être de plus éclatantes confirmations. C'est surtout dans l'âge suivant que les oiseaux et les vertébrés supérieurs vont réellement apparaître.
Moins brillante que la faune est la flore de la formation secondaire. Cependant, après l'époque houillère, les forêts luxuriantes qui ont donné naissance au charbon ne dispa-
1 . Mammifères dont la mâchoire, sans dents, est garnie de lames cornées qui rappellent un bec d'oiseau, comme le nom d'ornithorhynque l'indique. Ce n'est pas la seule anomalie qu'offrent ces animaux étranges, qui semblent établir le passage entre la classe des mammifères et celle des oiseaux. Les ornithorhynques pondent leurs petits et les allaitent.
50 LES I'IEHUKS.
missent pas tout à. fait. Quelques essences passent raèi d'une époque it l'autre et ménagent la transition. Les ft gères, les cycadées, leswalchias montent du terrain houiller dans le terrain permien, où les walchias, ces aïeux des conifères, et les cycadées, ancêtres des palmiers, atteign même leur plus graude croissance. Quelques espèces noi velles se montrent telles que les zamias; d'autres rappellent les espèces de la grande époque carbonifère. Enfin dans l'époque jurassique apparaissent les ancêtres d( araucarias (fig. 23).
ngLU — BOfnilM* Araucaria fossile (Amuarittt pfrtsrmus). Terrain jurassique.
tugc liasiiiuc intérieur, île Lyme Régis, comlé ie Dorsel, AriKlelcne. Êoh. f "*
Devaol l'abondance de la végétation, des lianes de hou! continuent ù s.- former dans les terrains permien, tnasique. jurassique, crétacé, niais d'une houille eu couches peu épaisses, et presque toujours maigre ou sèche, feuilletée, fibreuse, présentant la texture du huis, de façon que géologues s'obstinent à la baptiser du nom de lignite comme si elle n'était formée que de ligneux.
Dans Unie la période secondaire, les piaules d'ot inférieur, comme !<•* fucus, m- soûl pas moins abondantes que. les fougères. Les assises du terrain jurassique et cié-
etée,
eles uile,
rdre
tacé présentent de nombreuses empreintes de fucoïdes ou fucus pétrifiés. Cependant une certaine marche progressive se fait sentir dans l'échelle végétale. Les cryptogames, les monocolylédones cèdent peu à peu la place aux plantes dicotylédonées. Celles-ci régneront presque sans conteste, au moins sous nos climats, dans la période suivante; mais cette fois le progrès n'est que relatif, il ne semble pas absolu comme dans la série animale. On ne peut pas dire qu'aucune de nos forêts, même de nos forêts tropicales, égale la majesté, l'ampleur, l'étendue que devaient offrir les forêts houillères de la période primitive, tandis que dans l'échelle zoologique il y a un progrès réel : on passe graduellement des animaux inférieurs aux êlres perfectionnés; l'homme lui-même ne vient qu'à son heure, le dernier, après tous les mammifères.
La période secondaire a été non moins tourmentée par les éruptions volcaniques que la période primaire. Les granits, les porphyres ont continué à soulever les montagnes, et les ont portées de plus en plus haut à mesure que de nouvelles assises de sédiments s'ajoutaient à toutes les précédentes. Les montagnes du pays de Galles, de la Thuringe, de la Côte-d'Or, le mont Viso, la chaîne des Pyrénées et celle des Apennins sont d'âge secondaire. Le soulèvement des trois premières chaînes correspond respectivement aux époques permienne, triasique, jurassique; celui des trois dernières est d'époque crétacée.
D'autres roches d'épanchement que les granits et les porphyres, des roches de couleur verte ou noirâtre, que les géologues nomment diorites, euphotides,- serpentines, mélaphyres, se sont fait jour à travers les cratères secondaires. A peine apparaissaient- elles au déclin de la période précédente; elles font dans celle-ci continuellement éruption, et tendent peu à peu à prendre la place des granits
et des porphyres, dont les épanchements diminuent d'intensité ou cessent tout à fait. Les savants sont fort embarrassas pour classer toutes ces roches vertes qui prennent souvent tous les aspects, et passent des unes aux autres dans la même localité. Les Anglais et les Allemands ont tranché en quelque sorte le nœud gordien, en les réunissant sous les dénominations génériques de grùnstein et de ^rmvwf«imv\ qui signifient dans les deux cas roches vertes. Le nom de roches ophiolitiques ou serpentineuses y répond asso* bien en français.
Ces roches vertes et leurs aînées, les roches granitiques et porphvriques, n ont pas seulement relevé, disloqué les formations secondaires pour les aligner en hautes montagnes* elles ont aussi ouvert dans le sol, comme dans la période précédente, de nombreuses fissures et crevasses, telles qu'il s en produit encore dans les tremblements de terre, llans ces fentes ont contiuué à se déposer les substances métalliques* comme fait la suie dans les cheminées, ai bien que presque tous les filons, tels que les définit aujourd'hui la science» ne sont que des fentes remplies après coup y cartes t\ et Y\ IVs eaux, des vapeurs minéralisées, qui ont parcouru ces tissures, y out déposé les substances pierreuses et cristallines quî toujours accompagnent la partie métallique des filons, et ainsi s'est formée la gangue A eAte du minerai, Les phénomènes qui se passent sous nos >eu\ dan** les canaux naturels ou artificiels que parcourent Ion eaux thermales sent les deroiers survivants de ces phéuniuéui^ du passe, qui axaient %.;eu sur une échelle imineuie, axant detiv connue à prvsatt si restreints.
Ilau* leur xioleutc apparition. *os rxvhes vertes ont nou- («eulrmeut donne naixtaïuv à des tissures pius tard remplies par le* métaux* elles ont aussi aiuew le métal avec elles, cl celui ci > c>« alors déposa au uxu^u ou au contact de la
l'am- V
masse éruptive (carte VI). Ainsi s'est trouvé de tous points justifié le nom de roches métallifères que Ton donne quelquefois aux roches d'éruption. Enfin des gîtes métalliques ont eux-mêmes joué le rôle de roches de soulèvement, et ont apparu tout d'une pièce; tels sont les fameux gîtes ferrugineux qui bordent le rivage oriental de l'île d'Elbe, et qui, exploités sans interruption depuis trois mille ans, font encore aujourd'hui la fortune de ce petit pays.
Les roches vertes sont les roches métallifères par excellence de la période secondaire. Les fameux gîtes de platine, de cuivre, d'or, de fer, de l'Oural et de la Sibérie ; ceux de cuivre du lac Supérieur, de la Toscane, de la Californie, et selon quelques géologues, les gîtes aurifères et diamantifères du Brésil, sont d'âge secondaire, et reconnaissent les roches vertes pour cause première de leur venue au jour.
Tous les gîtes métallifères n'empruntent pas leur origine à une roche éruptive. Les célèbres schistes à poissons du Mansfeld (Prusse saxonne) sont imprégnés de cuivre sulfureux, et ces schistes classiques sont bien connus de tous les mineurs, qui les appellent volontiers avec les Allemands les schistes cuivreux, kupferschiefer. Les grès rouges de Corocoro,prèslaPaz,en Bolivie, contiennent des lamelles, des grains de cuivre et d'argent métalliques. Dans les deux cas, très-probablement le métal a été apporté par les eaux ; mais il faut invoquer le passage de courants électro-magnétiques au milieu des dissolutions, pour expliquer le dépôt du cuivre et de l'argent non alliés, comme au lac Supérieur et à Corocoro. Beaucoup d'autres gîtes reconnaissent une origine simplement chimique ou aqueuse, par exemple toutes les couches ferrugineuses si abondantes dans les terrains triasique et jurassique (carte IX). On peut en dire autant de presque tous les dépôts qui forment non plus des couches réglées, mais des amas, quels qu'en soient l'âge et la
ou secondaire *■ piiirr, ia moire ou des ini-
* » est pas sealeaeat rit ht en tut-
et 4a pétrole. Dans le lerrnin
h patata *— -ara»
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milieux et lithographiques (fig. 24), puis les pierres à chaux hydraulique et h ciment, qui ont détrôné la pouzzolane volcanique, le fameux ciment romain. Ce sont ces pierres d'âge jurassique ou crétacé qui, grâce aux études de . Vicat, ont rendu de nos jours célèbres et riches nombre de localités, celles de la Porte-de-Francc près Grenoble,
jel du SaUenberg, Bas-Rbin,
de Vassy, de Pouilly en Bourgogne, et du Tlieil dans l'Ardèche,et celle de Portland en Angleterre. La chaux hydraulique du Theil est, dit-on, celle qui résiste le mieux à l'eau e mer. C'est par son emploi que l'on a pu édifier sûrement, (qu'aux plus grandes profondeurs sous-marines, les nouelles jetées des ports de Marseille, d'Alger, de Livourne. faut signaler encore dans le terrain jurassique les
bancs d'argile, qui oui donné tant de développement il lu
rr-nHii'upu' artistique ou coiiimuiio, et permis à l'art des
constructions de réclamer des briques, des carreaux et des toiles en quelque quantité que ce Soit Chez nous, la Bourgogne est renommée pour ses magnifiques bancs d'argile A brique.
Kl», lit. — Hi«lior» *(>*r» d» gri» tuugn m somm«t (lu KUitiuberg, Biî-Hlim, d'iprij m dsttin onguul.
Dani h' terrain crétacé, nous devons rappeler surtout la
i-i. h es) !«• produit utile par exeellenee; et dan
loulc tii sorte soenudaire, du terrain permien au terrain
,1, ornlu, Im i'i'-i r.-s do teille el à moellon, que les car-
ii an m grande abondance. Les architectes
dnlvnul lui teN i Mcnodairea les meilleurs de leurs a»
COUPE DE LA MINE DE CUIVRE PRES SANTIAGO DE CUBA ■ht»»,*., LSMQMH ItqpMw i
Lefs terrains permien et triasique fournissent des grès renommés. Ces grès ont donné aux montagnes qu'ils couronnent un relief particulier, arrondi, ou rappelant quelquefois des ruines, et caractérisé par les montagnes des Vosges, de la Forêt-Noire, et les ballons d'Alsace (fig. 25 et 26).
Les plus célèbres grottes et cavernes , celles qu'on nomme les balmes ou baumes dans quelques contrées, se rencontrent aussi dans le terrain jurassique. Les colonnes naturelles qui ornent la plupart d'entre elles, les stalactites, ont été formées, atome par atome, par les infiltrations et l'évaporation lente des eaux calcaires, au toit et au sol de l'excavation, puis se sont unies et soudées ensemble. Il en est de même des incrustations qui tapissent les parois. L'origine des cavernes est moins facile à expliquer. Quelques-unes ne sont, sans doute, que d'immenses fissures résultant des dislocations du sol. Telle est la fameuse grotte de la Sainte-Baume, entre Toulon et Saint-Zacharie, dans le Var, la baume Roland, près Marseille; telle est aussi la caverne dite la Senora escondida (la Dame cachée) dans le Yucatan, dont les habitants de l'endroit mettent les sources à contribution (fig. 27).
On attribue l'origine de quelques grottes à l'érosion produite par des eaux acides; mais cette explication n'est guère acceptable.
rtO LES PIERRES.