L'AGE TERTIAIRE
Roches, la une et flore tertiaires. — Volcans éteints. Pierres
utiles.
Los temps modernes de l'histoire de la terre comprennent eo que les géologues nomment la période tertiaire. Otto période est elle-même divisée en trois époques, l'inférieure, la moyenne et la supérieure. Des roches analogues aux précédentes, mais d'une texture moins cristalline, oontiuuout à se déposer. Les calcaires sont moins compactes, les gros sont d'un grain moins serré. Seuls les conglomérats, les poudingues, les brèches forment souvent, surtout à la hase ou à la partie supérieure des terrains, dos assises d'une puissance énorme, et jusqu'ici rarement atteinte. On voit de ces formidables dépots de poudingues v\\ Suisse, en Italie, on Espagne (6g. 28). Il semble que d'immenses déluges ont labouré le sol, et que ce ne sont plus les orage*, mais les soulèvements eux-mêmes de trèshautes montagnes qui ont précipité les eaux le long des coteaux et dans les vallées.
Ues grès, dos calcaires, dos argiles, des couches de pierre à plâtre, dos bancs ou des amas de sel et de soufre, leU >onl les principaux sédiments que Ton rencontre dans les formations tertiaires. Hes couches de houille presque lou|onrsMvhe. grasse par exooption. existent dans beaucoup d'otages ainsi que des minorais de fer. Aucune époque géologique n'a oto déshéritée des produits minéraux
qui devaient être un jour si utiles à l'homme. Quant au fer, qui donne aux roches qui le contiennent une couleur caractéristique, il est tellement répandu dans toutes les formations terrestres, qu'on Ta nommé le peintre de la nature. Le minéralogiste Haûy disait : « Quand la nature prend le pinceau, c'est très-souvent le fer oxydé qui est sur la palette. »
Au milieu des formations tertiaires, l'essor de la vie est encore plus rapide que dans les époques précédentes. Les mollusques, les poissons continuent à être abondants; les insectes apparaissent en nombreuses familles ; les oiseaux sont partout. Comme le progrès se poursuit sans relâche dans la série animale, les mammifères naissent et prennent tout à coup un incroyable développement, si bien qu'on peut appeler cette période le règne des grands quadrupèdes. Bien des genres depuis éteints, les paléothères, les deinothères, les anthracothères, qui ont aujourd'hui leurs analogues dans les hippopotames et les sangliers ; les mastodontes, aïeux des éléphants, remplissent de leurs ossements pétrifiés les différents dépôts tertiaires. En certains
endroits, dans les plâtrières de Montmartre et toutes celles qui environnent Paris ; dans les terrains argileux du Vald'Arno, entre Florence et Arezzo ; dans les gîtes carbonifères de Monte-Bamboli, au milieu de la Maremme Toscane; sur la colline de Sansau, dans le Gers; enfin dans les terrains calcaires de Pikermi, dans l'Attique, non loin d'Athènes, on a rencontré de véritables nécropoles de ces êtres disparus. On dirait que tous à la fois se sont enfuis devant un ennemi commun, devant quelque grande révolution géologique, qui les a tous atteints, enveloppés et fixés sur place. On ne peut nier ces immenses bouleversements. La faune fossile de l'Attique rappelle en partie celle qui vit aujourd'hui en Afrique; très-probablement la Grèce
était alors unie au continent Africain, et participait à son climat. Il est curieux que la mythologie hellénique ait comme deviné ces faits si tard révélés par la science, et que la fable du lion de Némée trouve des fondements dans le passé même de l'Attique.
Quelques-uns de ces êtres éteints forment le passage entre des genres qui sont aujourd'hui séparés par des lacunes. C'est ainsi, d'après M. A. Gaudry, que les hipparions relient les pachydermes aux solipèdes, les éléphants aux chevaux, et que les semnopithèques ont été les précurseurs des singes. Ces faits et mille autres analogues semblent donner raison à M. Darwin et à ses disciples, qui admettent la transformation et non la fixité des espèces. Cette théorie n'est pas nouvelle; elle flatte même l'imagination par sa simplicité. On aime à se représenter tous les êtres comme sortis du même atome, du même germe, et se développant peu à peu, chacun suivant ses habitudes et son milieu; mais il y a loin du rêve à la réalité, de la théorie à la pratique, et bien que Buffon, Lamarck, les Geoffroy Saint-Hilaire et Goethe aient successivement attaché leur nom à la défense des idées que reprend aujourd'hui M. Darwin, il est peut-être plus rationnel de s'en tenir à la fixité des espèces, sauf certaines modifications, certains passages que Ton ne peut nier, et de suivre en cela les errements de Linné, de Cuvier et du plus grand des naturalistes modernes, Agassiz.
Le nom de Cuvier vient nous rappeler à propos que c'est à lui que Ton doit la première étude sérieuse des mammifères fossiles que renferment les terrains tertiaires. Avant Cuvier, quelques savants s'étaient en vain occupés de jeter la lumière sur ces restes d'animaux éteints. Les uns n'y avaient vu que des monstres engloutis dans quelque grand cataclysme, les débris de ces dragons, de ces
sphinx, dont l'antiquité, par une sorte de prescience, avait peuplé sa mythologie. Les autres croyaient y reconnaître des restes humains, ceux du géant Teutobochus, le roi des Cimbres, défait par Marius, ou mieux ceux de Phomme témoin du déluge, homo diluvii testis, comme les savants rappelaient dans la langue savante d'alors; et ainsi se trouvait de tous points confirmé le récit mosaïque. Quelquesuns, moins ignorants de l'anatoinie, mais non moins naïfs, voyaient dans la plupart de ces fossiles les os des éléphants d'Annibal, et prouvaient, l'histoire à la main, qu'ils ne se trompaient pas. A cette époque, si rapprochée cependant de nous, la géologie positive n'était pas née. Les empreintes de coquilles et de poissons n'étaient pas moins embarrassantes pour les naturalistes. Arguer du déluge de la Bible ne suffisait pas. Aussi Voltaire avait-il beau jeu pour intervenir dans la discussion par ses amères plaisanteries. Il prétendait que £es débris de poissons ou de coquilles, trouvés sur les plus hautes montagnes, provenaient du déjeuner d'un passant ou du collier de quelque pèlerin de retour des croisades, et que ces ossements de quadrupèdes n'étaient que le rebut de la collection de quelque naturaliste voyageur.
Enfin Cuvier parut, et le premier créa la paléontologie, après avoir fondé l'anatomie comparée. Rapprochant les uns des autres ces divers ossements pétrifiés, étudiant la forme et la disposition des dents presque toujours si bien conservées, grâce à l'émail qui les recouvre, comptant les vertèbres, mesurant les fémurs, comparant les os du bassin, de la jambe ou du pied, il rétablit peu à peu dans leur véritable forme tous les squelettes épars, qui pour la première fois apparurent reconstitués devant le tribunal de la science.
La vie animale ne s'est pas seule développée plus grande
et plus forte dans la période tertiaire, la vie végétale y a subi des transformations non moins étonnantes. La flore de cette période (litière de celle des précédentes; peu à peu les végétaux dicotylédoués ont pris le dessus. A cette famille appartiennent tous les grands arbres qui s'élèvent encore aujourd'hui dans nos pays, arbres fruitiers ou forestiers. au tronc fibreux et plein, marqué de couches concentriques qui se forment vers l'extérieur, et nombrent la croissance
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iimitietle. Le cèdre, le sapiu, le chêue, le châtaignier, hilrs, l« peuplier, le poirier, la vigne, le laurier appa* rajatenl avec l'Age tertiaire, el la Qore va de plus en plus ,. iplétanl Les charbons incomplets, les vrais lignite», il nombreux dans tout le système tertiaire, présentenJ i nombreuses empreintes de végétaux dicotylédones i . ■ ■ - végétaux oui même des avant-cou-
i.i. s la formation crétacée. Cependant les grands
monoeolylédonos M disparaissent pas encore de nos ler- .,.11.. \iiim lui palmiers ont laissé ça et là leurs eni-
preintes sur les feuillets des calcaires, des grès et des orgîlcs tertiaires. On dirait qu'un climat sinon tropical, tout au moins méditerranéen, régnait alors sur toute l'Europe, C'est au milieu de ces forêts que se sont déposées les couches de charbon fossile, de lignite, de bois pétrifié de l'âge tertiaire. C'est à travers ces épais feuillages qu'ont gazouillé les premiers oiseaux, qu'ont voltigé les insectes, libellules ou papillons, dont ou retrouve les débris ou les
Fig. 30. — Échantillon de lignite (la Bas-Hhin avec Mnprrintes de feuilles do végéiam dicotylédones. Grandeur naturelle. Revers ila l'échantillon Jii la ligure Î9.
délicates empreintes sur quantité de couches marneuses. Au pied de ces mêmes forêts s'étendaient des lacs ou des marécages, au milieu desquels naissaient des poissons d'eau douce, et nageaient de nombreux batraciens. Les énormes tortues tertiaires, les triouyx, vivaient également non loin de ces parages, et le moude semblait s'animer, se parer, se charger de vie comme pour faire accueil à l'homme qui allait bientôt venir.
Et cependant, ce fut par des bouleversements terribles, par des éruptions volcaniques comme le monde n'en avait
pas encore m, que fut préparée L'apparition Je l'homme Les roches éruptives des périodes précédentes, les granits, l>s porphyres, cessent de s'épancher dès l'aurore tertiaire) la soulèvement des roches vertes elles-mêmes diminue de plus en plus d'intensité et finit à son tour; mais alors i»tervienuent les roches volcaniques proprement dites, le
vit» J* n>«*l t>on, r*)-J*-0***, r*pr*s R*»t«d.
init In lot. |os basaltes, don) les éruptions se duit eni li iilu i\ retlc heure dans loua les volcans allumés.
Inès de montagnes, dont quelques-unes sont parmi lei plu* hautes, les chaînes de la Corse et . Ion \ip les Andes, s'élèvent successivement,
m mil t ou il« commotions immenses et de déluges gran- ,h,> ,■■■ iVul être l'homme primitif fut-il àla fois spectateur
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et victime du dernier de ces effrayants cataclysmes, ce qui expliquerait ces traditions persistantes quêtons les peuples
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