‹ Les pierres magiquesChapitre 11 sur 59 · S ur une fourmi renfermée dans un morceau d’ambre · texte numérisé non relu

S ur une fourmi renfermée dans un morceau d’ambre

Pendant, qu'une fourmi s’égare à l’ombre de l’arbre de Phaéton, une goutte de succin enveloppe l’insecte imperceptible. Pendant sa vie,tout-

(1) Horace, Epigrammes, livre IV, épig, XXXII.

(2) Horace, livre IV, épig. LIX.

AMBRE JAUNE

à-l’heure encore, il n’éprouvait que le dédain de chacun ; maintenant, son tombeau vient d’en faire un objet précieux (i).

Horace.

37. — Les paysannes de la Transpadane portent des colliers de succin ( ambre jaune), le plus souvent comme ornement, quelquefois aussi comme remède; car il est bon, dit-on, contre les gonflements des amygdales et les goitres qui résultent de la mauvaise qualité des eaux, si fatales à la gorge et aux parties voisines.

On polit le succin en le faisant cuire dans de la graisse de cochon de lait. Les fourmis, moucherons, lézards, et autres objets que la transparence du succin laisse paraître, prouvent sa liquidité primitive; caron sait qu’ils n’ont été retenus là que par la viscosité du liquide, qui bientôt, durcissant, a formé autour d’eux une prison.

Ajoutons que le succin n’est pas sans utilité en médecine ; mais ce n’est pas là ce qui le rend précieux aux yeux des femmes. On l’attache comme amulette

(i) Horace, livre IV, épig. XV.

AMBRE JAUNE

au cou des enfants. Selon Callistrate, il est utile à tout âge contre les affections de la lymphe et la strangurie, soit qu’on le porte simplement sur soi, soit qu’on boive l’eau où il a bouilli. C’est aussi de Callistrate que vient le nom de Chryselecirurn, donné à l’espèce qui offre une couleur d’or charmante le matin, et qui, avide de flamme, s’allume avec rapidité si on l’approche du feu.

Attaché au cou, le chryselectrum guérit la fièvre et les maladies; broyé avec du miel rosat, il dissipe les maux d’oreilles; broyé avec le miel attique, il éclaircit la vue ; réduit en poudre, il remédie aux douleurs d’estomac, soit seul, soit pris dans l’eau avec du mastic.

Pline.

38. — le ne m’amuseray pas à toutes les superstitions par le moyen desquelles on pourrait exagérer les proprietez de l’ambre, parce que ie deviendrois peutestre ennuyeux dans le récit que i’ en ferois; comme celle-cy des habitans de la Prusse, queparmy la grande quantité que la mer leur iette à bord, ils en ontd’vne sorte, blanc comme du crystal, par le moyen duquel ils esprennent la virginité d’une fille, quand elle est

AMBRE JAUNE

accusée de s’estre mal conduite ; et dit-on qu’ils ne font autre chose, sinon de luy en faire boire à jeûn dans du vin ; parce que si elle a esté déflorée, elle ne peut s’cmpescher d’vriner sur le-champ.

Mais mettons ce compte et cet ambre blanc comme du Crystal au nombre des fables, et ce que l’on dit que sa limaille, mise dans une lampe, rend une plus grande lumière et dure plus longtemps que de l’huisle de lin ; et disons, sans toutes fois rien asseurer, que :

les colliers d’ambre, outre qu’ils servent d’amulettes pour préserver les enfants de tout enchantement et frayeurs nocturnes, gardent aussi ceux qui les portent, selon Callistrate, du trouble de l’esprit causé par une frayeur soudaine,

Pris en breuvage ou porté au cou, il sert contre les rétentions d’vrine,fait sortir les eaux des hydropicques et ascétiques, en provoquant l’vrine. Sa poudre remédie aux foiblesses du cueur, à la peste, aux venins et aux maladies contagieuses. Elle remédie aussi à l’apoplexie et aux catarrhes qui tombent sur la poitrine; guérit l’épilepsie désespérée ; sert aux inflammations dégorgé, aux fleures, et vniversellement à toutes les autres maladies.

Robert de Berquen.

AMÉTHYSTE 5g

39. — L’ambre est amy du cœur, et empesche le vertige du cerveau. Il provoque les mois retenus. — Voyez Lyncurium, §21®.

L’Anonyme.

40. — Améthyste. — Il y en a cinq espèces. Ces belles pierres sont nommées par les uns pederos ou anteros ; par les autres, pierrerie de Vénus ; leur beauté, leur couleur, les rendent dignes de ce nom.

A en croire le charlatanisme des mages, elles préservent de l’ivresse ; de là est venu leur nom (h). Y grave-t-on le nom du soleil ou de la Lune, et les suspend-on au cou avec des poils de cynocéphale ou des plumes d’hirondelles ? Elles repoussent tous les poisons, ouvrent l’entrée du palais des rois, détournent la grêle et les sauterelles ; toutefois, il faut en même temps réciter une prière que ces charlatans vous apprennent.

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